Nommé au gouvernement le 3 septembre dernier, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a décidé de percevoir à nouveau des pensions liées à ses anciennes fonctions, auxquelles il avait un temps renoncé.

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Charité bien ordonnée commence par soi-même… Tout juste nommé au gouvernement, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a choisi de recommencer à percevoir sa retraite du régime général ainsi que celle d’ancien élu local – il a notamment été maire de Bapaume (Pas-de-Calais) – issue de ses cotisations auprès de sa caisse de retraite complémentaire, l’Ircantec. Il avait pourtant renoncé à percevoir ces sommes lorsqu’il exerçait sa mission de haut-commissaire en dehors de l’exécutif. Depuis sa nomination au gouvernement le 3 septembre dernier, il additionne donc son salaire avec ces pensions de retraite. Cette information, révélée par La Lettre A, a été confirmée à Capital par le cabinet de Jean-Paul Delevoye.

Seule exception à ce cumul : les montants auxquels il a théoriquement droit en tant qu’ancien parlementaire. Les pensions liées aux mandats de sénateur et député qu’a exercés Jean-Paul Delevoye entre 1986 et 2002 sont suspendues, le temps de son passage au gouvernement. Et ce, en vertu des règlements des deux assemblées qui interdisent de les additionner avec un salaire de ministre.

Le revirement de Jean-Paul Delevoye peut surprendre. Élevé au rang de ministre délégué auprès de la ministre de la Santé Agnès Buzyn au début du mois de septembre, le “M. Retraites” du gouvernement bénéficie de la confortable rémunération des principaux ministres, soit 10.135 euros brut mensuels. Son nouveau statut lui a même permis d’augmenter ses émoluments – pour la même mission -, de l’aveu de son entourage. En tant que membre du gouvernement, rien n’empêche Jean-Paul Delevoye de cumuler salaire et pensions de retraite. Comme le précise La Lettre A, cette double rémunération n’est pas encadrée par la loi. Pas plus que sa perception par les ministres n’est soumise à un quelconque plafond. En optant pour ce cumul, le haut-commissaire a donc exercé donc son droit le plus strict. Mais avait-t-il vraiment besoin d’ajouter des sommes qu’il avait un temps cessé de percevoir, à son généreux salaire de ministre délégué ?

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