Huit ans après la révolution, la Tunisie fait encore face à un taux d’inflation, certes en baisse, alarmant de 6,7%. En cette période d’instabilité socio économique, les tunisiens ne cessent de voir leur pouvoir d achat. Les disparités sociales se creusent et plantent en ce petit bout d’Afrique des anticipations pessimistes à profusion.
Entre une hausse des prix continue, un taux d’endettement élevé, la non indexation des prix aux salaires, le pouvoir d’achat continue de souffrir des politiques économiques frêles mises en place.

Pour mieux comprendre la notion de pouvoir d’achat, une vidéo explicative nous remettra un peu d’ordres dans les idées.

 

 

Hausse des prix: 

Selon l’Institut Nationale de la Statistique (INS), les prix de l’alimentation ont augmenté de 7,3% sur un an. Le principal moteur de ce ratio est l’augmentation des prix des légumes de 10,1%, des fromages et des œufs de 9,1%, des viandes de 8,6%, des fruits de 7,8% et des boissons et jus de 7,6%.  La hausse des prix du tabac de 6,3% ainsi que des produit de l’enseignement de 4% explique également ce taux.

C’est avec cette saga d’augmentation des prix des biens du quotidien que le citoyen tunisien doit survivre avec un salaire moyen de 283,77 euros, soit 893,52 dinars.

Pour avoir une petite idée du montant d’un petit panier de courses hebdomadaire sans fruits ni légumes, le site Founa peut nous éclairer. Voici une simulation d’un panier de courses pour une famille de quatre personnes.Capture 1Capture 2.PNG

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Ainsi, faire les courses pour un mois sans acheter de fruits ni de légumes reviendrait à 262,72 dinars. Néanmoins, il faut tenir compte de la maigreur de ce panier. A cela s’ajoute le loyer, aux alentours de 842 dinars, les charges et les dettes.

Endettement: 

Les prévisions de la Banque Mondiale (BM) annoncent un taux d’endettement avoisinant les 89%, hors entreprises publiques et groupes privés, en 2020. En d’autres termes, le citoyen tunisien supportera 8,000 dinars de la dette publique contre 7,400 dinars en 2019. En effet, le remboursement de 538 millions de dollars au titre du crédit du Fonds Monétaire International (FMI), 400 millions d’euros au titre du crédit contracté sur le marché financier international, 250 millions de dollars au titre de l’emprunt qatari, des bons de trésor de l’ordre de 2,166 milliards de dinars et 248 millions d’euros au titre du crédit contracté en devises auprès des banques tunisiennes.

Les dépenses engendrées par une dette extérieure de 56,3% du Produit Intérieur Brut (PIB) seront de 11,6 milliards de dinars, toujours selon le FMI.

Et c’est ainsi que les chaînes de la paupérisation serrent encore plus les tunisiens.

Qu’en est-il des politiques économiques mises en oeuvre? 

Les politiques économiques appliquées en Tunisie sont élaborées sur le court terme, c’est à dire sur une période de 3 à 5 ans. Rien ne peut se faire en aussi peu de temps surtout en période post-révolutionnaire.

La politique monétaire est subtilement, ou pas, imposée par les institutions de Bretton Woods contraint la Tunisie à piocher dans le panier du tunisiens.

Avec une digitalisation victime du climat méditerranéen, la Tunisie peine à prendre la marche d’une nouvelle concurrence, d’un nouveau marché, et de gain de temps.