Une notification m’informe d’un souvenir à revoir d’il y a neuf ans.
Neuf ans.
Intriguée, je clique afin de me remémorer où je pouvais bien être il y a presque une décennie.

L’album s’affiche, je fais défiler les photos, fascinée par tous les flashs que cela fait remonter en moi, et soudain l’émotion m’envahit.

Les Saintes, le Fort Napoléon
La plage du Pain de Sucre
La Pointe des Châteaux
Notre randonnée « Le Chameau » au lever du soleil avec une vue à couper le souffle sur Grand Anse
Basse Terre et son Kannaval la
Marie-Galante
Pointe à Pitre
La plage Caravelle à Sainte Anne
Saint Claude
Le volcan de La Soufrière
L’îlet du Gosier
Le moulin à vent de Bezard à Capesterre
La plage et le sentier de Vieux Fort à Saint Louis…
La Guadeloupe bien-sûr !

C’est avec mon binôme Ianis, aka ‘mon Ianou’, compagnon de fac, de galère et de fêtes – et suite à ce voyage, de route – que ce beau projet avait pris forme : passer la fin d’année et commencer 2010 en découvrant son île. Un mois de rêve.

Quelle chance de pouvoir m’y rendre avec lui. Non seulement enchantée par sa compagnie, j’ai été accueillie comme une princesse par sa famille et ses proches, ce qui a rendu mes visites plus intenses les unes que les autres, car découvrir de nouveaux endroits en étant accompagnée de locaux est inestimable et incomparable avec un simple guide touristique, aussi qualitatif soit-il. Je leur en suis aujourd’hui encore particulièrement reconnaissante, et si vous me lisez, Roseline, Jean-Claude, Laurine, Stella, Coralie, Cathy, Naëlle, Loïc, Yann, Noah, Davy et tous ceux qui ont contribué à rendre mon séjour inégalable, je garde votre hospitalité et la joie de vivre qui vous caractérise dans mon coeur.

En regardant les photos, je m’arrête sur celle ornée du tag « Pwofitasyon », et je m’aperçois que ce mouvement à l’initiative du LKP (collectif contre l’exploitation outrancière) pourrait être considéré comme l’ancêtre des gilets jaunes à l’antillaise. Ce mot devenu symbole de la grève contre la vie chère, notamment l’essence, a marqué les guadeloupéens en 2009.

Mais ce sont surtout les petits détails qui me reviennent, les plaisirs simples qui ont rendu mon séjour inoubliable :
Les petits déjeuners sur le balcon au soleil avec vue sur la mer en plein « hiver »
La visite de la résidence Anchorage, où se trouve l’ancienne plus grande piscine des Caraïbes
La source d’eau chaude de Bouillante donnant sur un bassin naturel
L’hôtel Plantation
Le cocktail dégusté au Toubana on the Beach
Le remake de Titanic sur un bateau abandonné
La balade en scooter
Les séances photos sur la plage
Mon premier saut dans une cascade
Le style et l’histoire des cases créoles
La visite de la maison du Cacao (Pointe Noire)
Le lac du Château Murat et son ancienne habitation sucrière (Grand bourg)
La visite du stade Terre de Haut en robe blanche et talons hauts
Les soirées au Chacha, Coconuts Bar, People
La rencontre avec Kim, Zoukeuse
La simplicité des guadeloupéens (anecdote des gendarmes qui laissent sécher leurs chemisettes au soleil)
Les séances d’aquagym dans la mer ouvertes à tous
La présence de panneaux « Attention aux chutes de coco » qui peuvent faire sourire mais qui s’avèrent être un réel danger considérant la hauteur et la vitesse.

Je ne peux pas partager cette expérience de voyage sans évoquer ses spécialités culinaires, gourmande oblige !
Ce qui m’a marqué est la découverte de nouveaux fruits, moi qui ai le bec sucré et qui pensais tous les connaître, en voici quelques-uns qui m’ont cloué le bec, j’ai nommé corosol, carambole, mini-banane-pomme, goyave, papaye, pomme-cythère, et bien-sûr noix de coco !

Dans l’obligation de respecter la tradition, je me suis pliée au cérémonial rendez-vous du punch, matin, midi et soir, et suis devenue depuis ce jour une alcoolique adepte inconditionnelle du rhum.

Les amateurs de salé ne sont pas en reste, je me suis régalée autour de plats tous plus généreux, comprenant cabri, lambi, méchoui de mouton, bokits, daurade, sans oublier d’inspecter les nombreux épices – comme le colombo – qui rendent les plats si uniques.

Lorsque j’y repense, je n’ai qu’une envie, c’est d’y retourner. Je me souviens avoir regardé le prix des maisons en rêvant du jour où je viendrai m’y installer. Cette île représentait ma vision du bonheur : des personnes accueillantes, non stressées, du rhum, de la musique et de la danse, de la nourriture riche, du rhum, du soleil, des plages idylliques, du rhum. Ce ne sont pas les curieux animaux croisés (mangoustes, iguanes, oursins) qui auraient pu me faire changer d’avis. J’ai même déposé un CV au ministère de la communication en me disant qu’on ne sait jamais (j’ai reçu une réponse 2 ans plus tard, ce qui a confirmé mon idée sur l’absence de stress des habitants – véridique !). La Guadeloupe a beaucoup influencé mes futures envies de voyages et de découvertes, je lance une bouteille à la mer pour faire un remake dix ans après… Mon Ianou, si tu me lis, on y retourne l’année prochaine ?

Pour terminer, je vous avoue (c’était il y a neuf ans, il y a prescription) mon moment de solitude lorsque, prise d’une petite faim, je me rends dans la cuisine et tombe nez à nez avec cette belle banane qui me fait de l’oeil. Elle est si appétissante que je commence à la dévorer, sauf que je m’aperçois très vite que quelque chose ne va pas… elle n’a pas du tout le goût de banane en fait. Je réalise que c’est une banane PLANTAIN et que, contrairement à sa soeur que l’on déguste en dessert, celle-ci est délicieuse seulement après avoir été cuite. Toute la famille est là et je veux garder la face, je continue donc d’ingérer cette « banane » qui me semble interminablement longue, jusqu’à ce que l’oeil expert du Guadeloupéen me surprenne à avoir un haut-le-coeur et me sauve (ou m’enfonce ; tout dépend du point de vue) en me demandant « Qu’est-ce qui te prend de manger une banane plantain crue ? »

Je jurai, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus.