Je me nomme Arthur Antessi, fils d’immigrés italiens et citoyen de Grande Bretagne, je suis née dans la région de Devon où je suis resté toute ma vie et où, selon toute vraisemblance, je mourrai puisque ceci est mon épitaphe.
Vous qui tenez ces quelques feuilles, vous mon lecteur, je vous en conjure : lisez ces écrits jusqu’au point final car si vous êtes allez assez loin dans cette ville maudite pour trouver ce parchemin, ceci est, peut être, votre ultime chance de survie.

Tout a commencé lorsque ma femme, Marie, à laquelle j’étais marié depuis douze années, a disparu. Ne la voyant pas rentrer au soir de sa journée de travail, je suis allé contacter les autorités afin qu’ils diligentent une enquête. Ces derniers se sont montrés fort réticents, et sont même allés jusqu’à me soupçonner du pire. Marie et moi étions tombés amoureux dès le premier jour où nous nous étions rencontrés. Marie était conviée à un mariage en tant que demoiselle d’honneur et ,moi, j’officiais en tant que cuisinier du banquet. Elle était venue me demander la recette de mes macarons de saumon que je lui offrais de découvrir si elle acceptait un rendez vous galant le jour suivant. Rouge du culot j’avais du montré alors, mois qui était de nature plus que timide, j’attendais sa réponse tout en sachant mes chances bien maigres. Je n’ai jamais su ce qu’il avait décidé car Marie était une femme avec la tête sur les épaules qui ne laissait jamais sa chance au hasard, mais elle accepta le rendez vous et me combla de bonheur à partir de ce jour. Notre vie était plutôt agréable, nous avions une belle maison, mon travail me permettait d’être présent régulièrement et Marie n’a jamais cessé de me prouver son amour tant dans les moments difficiles que dans les moments heureux.
Elle travaillait dans un bureau immobilier en tant que prospectrice immobilière sur l’ensemble du conté et son professionnalisme ainsi que son aptitude à trouver et flairer les bonnes affaires n’étaient plus à prouver.

Constatant l’inefficacité des forces de police du conté, j’ai donc commencé mes propres recherches.
J’allai donc enquêter du côté de ses collègues qui ne m’apprirent malheureusement rien que je ne sache déjà. Cependant, l’un d’entre eux me permis de rencontrer son patron, Gérard Kentit, un dandy filiforme d’une élégance rare qui dégageait un je ne sais quoi imposant le respect. Cet homme aux manières très précieuses fouilla dans ses papiers, rapports et notes et parvint à me retrouver ce que ma femme avait fait le jour de sa disparition. Elle devait rechercher des bâtisses du côté de la petite ville de Plympton, où semblait il, des occasions en terme,d’achat de maison se faisaient connaître récemment.
Grattant un sourcil par trop épais, Gérard se rappela que ce jour là, Marie l’avait appelé pour lui dire qu’elle avait déniché une bourgade où des demeures étaient à vendre. Elle semblait, selon lui, excitée et inquiète en même temps, car le bourg était perdu au bord de la falaise et caché par une forêt de conifères très dense, isolé des routes traditionnelles et chose importante et peut être rédhibitoire pour une vente : aucun réseau cellulaire à capter à cet endroit, ce pourquoi elle avait du retourner à Plympton afin de l’y appeler.

Fort de ces révélations, je pris ma voiture, une vieille Triump TR6, et parti en direction de Plympton au petit matin.
Les autochtones du coin me regardaient avec l’air hagard et perdu des gens trop longtemps isolés de la civilisation présente dans nos villes, et, en bon citadin, je m’amusais à répondre à leur silencieuses interrogations sur ma présence dans leur trou a rat, par un hochement de tête voir un sourire esquissé par ma pipe. Si Marie était passée par ici, sa classe naturelle et son allure fière qui jurait avec la faune présente, elle n’aurait pas manquée de se faire remarquer. Le chef de la police locale, un petit barbu chauve, rouquin et ventru à la chemise mal repassée et tachée de multiples éclats de sauce que l’on devinait anciennes, me toisa longuement avant de m’avouer n’avoir aucune information à me donner si ce n’est que Marie avait du prendre la route en direction de la forêt: « mais vous ne trouverez rien là bas, y’a qu’une route boueuse et merdique qui s’enfonce dans les bois et se perd dans les champs, y’a rien d’autre mon brave monsieur » éructa t il avant de manquer de s’étouffer avec son paquet de chips qui, selon ce que j’eu pu en déduire en le regardant, devait représenter sa seule source de nourriture.

Galvanisé par le fait que cet agent de police m’ait confirmé les dires du patron de ma femme, je conduisis à vive allure sur la petite route ornée de multiples gravas, anciens vestiges d’un renforcement qui avait depuis longtemps luté et perdu contre le temps et les intempéries trop souvent abondantes en Angleterre. Cette sinueuse route bordant la côte par une falaise à pic, m’amena droit à la forêt de conifères. Âpres quelques minutes de recherche, je parvins à localiser un sentier s’enfonçant dans les bois sombres et lugubres. Si c’était ça qu’ils appelaient une route, je convins tout à fait que les termes « boueux » et « merdique » étaient parfaitement justifiés !
Je m’enfonçai alors dans cet amas de branches et épines, maintenant certain que j’allais retrouver Marie. Mais au bout de dix minutes d’âpres et continuelles luttes pour faire avancer ma voiture dans cette terre marécageuse, je devais me faire une raison : je n’allais pas pouvoir continuer, ma voiture s’embourbant de plus en plus.
Dépité et rageur, je sortis du véhicule lorsque je vis au loin, quasiment imperceptible mais transperçant quelquefois les branches des sapins environnant, une petite lumière apparaissait et disparaissait par intermittence.
Peut être était ce LE village recherché ! Le cœur battant à s’en rompre, je couru en direction de cette dernière. L’orée du bois débouchait sur une clairière de coquelicots rouges pourpres tachée d’une petite bicoque en bois vieux et sale que j’aurais douté être habitée si je n’avais vu de la fumée sortir de sa cheminée en pierre rouge. Je frappai à la frêle porte qui lentement, s’ouvrit dans un grincement très désagréable.
L’intérieur ne dénotait pas avec l’extérieur, tout y était crasseux, vétuste et en de position avancé, si fait que si j’avais du y croiser un cadavre, cela ne m’aurait pas étonné le moins du monde.
Un rocking-chair dont le bois semblait provenir des matériaux utilisés pour la construction de la demeure, présentait une oscillation mélancolique et bruyante. Mais cette danse sinistre s’interrompit d’un seul coup et la tête rabougrie d’un petit vieux hirsute qui aurait déjà du depuis longtemps passé à trépas, apparue et me sourit.
Le premier choc visuel passé, je le questionnai et tout sourire il m’informa qu’en continuant tout droit dans le champ de coquelicot, je devais passer la forêt pour entrer dans le petit village d’Accaron. « Mais yen a pour au moins une heure, et habillé comme vous l’êtes, vous allez choper une saloperie, il paraît qu’il pleut la-bas ! Allez venez manger un bout avec moi, je suis tout seul généralement et voir quelqu’un serait un grand bonheur, vous voulez bien ? » me demanda le petit vieuxen grimaçant.
Qu’aurais je pu dire ? Les bonnes manières qu’on m’avaient inculqué et la faim me tenaillant depuis au moins une heure me poussèrent à accepter. Il apporta un gros morceau de pain tout en prenant soin de préciser que tout ce qu’il mange c’est lui qui le fait « faut pas faire confiance aux étrangers, sans vouloir vous insulter ».
Un peu vexé, je rompis le pain avec lui et étalai le pâté artisanal aux couleurs douteuses sur la tartine. Bien que l’odeur m’eut fortement incommodée au départ, je du reconnaître avec étonnement que le goût était exquis. Je demandai avec quoi était fait ce pâté mais ne reçu qu’un grognement « ..pignon ..bonchoz..zvoar » en guise de réponse. Le repas finit, je le remerciai longuement puis pris absence de ce petit être décharné afin de suivre la piste indiquée.

Au bout d’une dizaine de minutes, je trouvai enfin un sentier perdu entre deux petites montagnes, je l’empruntai et du haut de ce point de vue, pu voir le village en contrebas, perdu dans les éthers d’une brume épaisse et inamicale.
Je descendis le chemin abrupte et caillouteux, failli me briser la cheville mais réussi à me rattraper et atteignis le petit panneau portant le nom de la ville.
Il devait être midi lorsque je pénétrai dans ce fief du malheur mais le ciel était gris de brume et le soleil ne parvenait pas a percer on aurait dit qu’une pluie de suie s’était abattue sur elle car où que je regarde, les bâtiments étaient froids, ternes et noirs.
Je déambulai dans la ruelle principale sans relever la moindre activité, la moindre âme vivante.
Les bâtiments étaient pour la plupart dans un état de salubrité pitoyable et menaçaient de s’effondrer, pourquoi Marie avait elle donc été intéressée par une configuration pareille ? Même avec des travaux, le village était hostile, mélancolique à la limite du glauque. Cependant, près que la place principale, je pus voir une petite église aux fenêtres éclairées. J’entrepris d’aller voir si cette dernière était occupée et si on pouvait le donner des nid es su où trouver mon épouse. J’étais à une vingtaines de minutes de l’église lorsque la cloche de celle-ci retenti. Je n’avais jamais entendu pareil son, a l’accoutumée, lorsqu’une cloche résonne, son Son est métallique voir doré alors qu’à l’instant le son que je venais d’entendre était étouffée et cristallin.
J’avançai encore et entendu un bruit de froissement, comme,lorsque l’on frotte un ballon à gonfler derrière un petit muret. Je vis un petit garçon, de dos, aux habits usés et gris qui semblait s’amuser avec un de ses jouets.
« Bonjour petit, dis je doucement pour ne pas l’effrayer, sais tu où je peux trouver les adultes ? » Le garçonnet ne daigna pas me répondre et continua son jeu. J’insistai une deuxième fois et il commença à se retourner.
Voyant son visage, je ne pu réprimer un cri strident, ses yeux et son nez semblaient littéralement couler le long de ses joues et sa bouche étaient obstruée par des peaux mortes coagulées entre ses lèvres, les cris qu’il parvenait à émettre étaient des gargouillis immondes provenant de sa gorge et passant par les interstices faits de monceaux de membranes baveuses d’un liquide jaunâtre pigmenté de sang. Mais le pire était que son jouet, qu’il continuait de malaxer et de lancer d’une main a l’autre, était un œil humain. Je sais maintenant que la peur peux jouer des tours, mais j’aurais juré avoir vu l’œil se tourner dans la,main du garçon pour me dévisager.
Je tombai par terre sur mon fondement, et reculai vivement alors que la créature de cauchemar se rapprochait de moi, les mains tendues en direction de mon visage.
Maintenant en contact avec le sol, je pu voir que ce dernier était maculé de sang dans lequel les paumes trempaient tout en glissant. D’un bon, je le relevai, je reculai encore un peu jusqu’à être en contact avec le muret que je venais de passer, la chose s’était cependant rapprochée, et sans crier gare, une ombre passa derrière lui, quelque chose percuta sa tête qui explosa en ne bouillie orangée qui éclaboussa le visage et les vêtements. L’horreur indescriptible qui me saisit n’avait d’égal que le goût âpre et métallique de cette mixture qui était entrée en contact avec les lèvres et que je tentais de ne pas ingérer. Par réflexe et aussi par dégoût, je vomis mais tout aussi surprenant que cela puisse paraître je ne perçu alors qu’à ce moment précis l’odeur nauséabonde qui s’échappait du corps décapité.
Un second son de cloche retentit et mon corps vibra sous les vibrations comme si j’avais été exposé directement aux ondes de cette sonnerie macabre. Ébranlé dans tous les os, affaibli par le fait d’avoir vu et vomit ces choses innommables, je pris appui sur les pierres mousseuses du muret afin de ne pas défaillir. Je sentis un liquide huileux et collant me couvrir les mains et constatai que les pierres suintaient à présent du sang. Une main me tira promptement et cela eut pour effet de me sortir de ma torpeur.
« Viens vite, cours jusqu’à l’église vite ! » Hurlait la créature squelettique qui venait d’exploser la tête de l’enfant, si je peux encore appeler cela un enfant.
Je la suivis sans hésiter, je ne savais pas pourquoi mais je sentais alors que le danger était à les trousse et pas avec ce qui ressemblait à une vieille femme aux bras décharnés. Nous arrivâmes devant l’église, elle frappa violemment sur la large porte massive en hurlant des prénoms que je ne connaissais pas et la porte s’ouvrit.
Elle me poussa à l’intérieur et la porte se referma.
Voulant savoir ce qui se passait à l’extérieur, je regardai par la petite fenêtre qui me faisait plus penser à une meurtrière, et je le vis dans toute son horreur pour la première fois. « Le démembreur ! » Hurla un homme d’une voix de fou proche du rire. Dehors, il se mis à pleuvoir, j’aurais juré voir une pluie de sang mais la couleur ne semblait pas rougir les pavés comme si ces derniers buvaient la pluie diluvienne alors même qu’elle frappait le sol. Au loin, je vis cette ombre que je ne pourrais plus jamais oublier : haute de plus de deux mètres, ce qui ressemblait à un homme incroyablement massif avançait dans la pluie battante, son bras gauche faisait des moulinets désordonnés comme mue par une force démente, à l’arrière on pouvait percevoir de petites étincelles et ce n’est que lorsqu’il se rapprocha assez que je compris que ces dernières étaient engendrées par les frottements d’une énorme hache au métal rouillé sur les pavés humides. L’ombre se faisait plus nette et je vis une horreur que même un esprit malade ne pourrait engendrer dans ses plus vils délires, le corps du géant était criblés de visages torturés qui hurlaient à chaque pas, leurs yeux mis-clos et gonflés de pu pleuraient des larmes de sang et leur bouche suait un liquide noir et huileux qui dégoulinait sur les cuisses de leur hôte infernal. Les visages pleuraient j’en suis certain !
Une main me saisit soudainement et me retourna vivement. Marie se tenait devant moi dans la pénombre de la pièce faiblement illuminée par des cierges trop peu nombreux. Je reconnu alors en elle la personne qui m’avait sauvé de l’enfant infernal, mais elle semblait tellement vieille, et mon esprit ne pu raisonner davantage, tremblant de tout mon corps, maintenant fiévreux et terriblement affaibli, je m’évanouis subitement.

Lorsque je me réveillai, mon premier réflexe fut de bondir hors de mon lit et prostré dans le coin de la pièce, j’essayais de deviner les objets présents dans la pénombre de la chambre quand la porte s’ouvrit et je la vis, ma Marie, plus belle que jamais dans une grande robe brodée blanche. Je n’y croyais pas mes yeux, perdant toute prudence, je m’élançai vers elle et l’attrapant a bout de bras, je la serrai fort contre ma poitrine. Je sentais sa peau douce et fraîche, ses seins collés à mon poitrail était le lus doux des réveils, et je me pris a espérer que nous étions seuls. Deux autres personnes entrèrent dans la chambre, une petite grosse joufflue appelée Cathy et un grand bonhomme tout sec portant un monocle qui se prénommait Albert. Les présentations faites, Albert m’expliqua qu’il officiait en tant que médecin, la pulpeuse et ronde Cathy étant son infirmière, et qu’ils avaient du veiller à mon chevet toute une heure.
Soudain, la vison d’horreur du géant aux visages déchirés de douleur apparu dans mon esprit et je me mis a questionner tout ce monde sur ce que j’avais vu. L’explication était bien simple, le pâté du petit vieux contenait a priori des champignons hallucinogènes et étant déjà malade et très fatigué par mes moules recherchés, j’avais tout simplement inventé un délire dans lequel j’avais vu des choses impensables.
Quand à Marie j’appris qu’elle était tombée elle aussi malade et qu’elle avait du attendre de guérir avant de enfer à partir. Le village n’ayant aucun moyens e communication avec le reste du monde, elle n’avait pu m’avertir de son état.
Heureux d’un tel dénouement je voulu partir mais elle me regarda et me dit  » tu es venu ici exprès pour moi ? » En souriant, je lui répondis un oui franc et voulu l’embrassai sur la bouche mais elle esquiva mon baiser « j’ai peur d’être encore contagieuse » me dit elle. Je lui proposai alors de partir dès maintenant pour regagner la côte et aller voir un docteur mais elle refusa net cette proposition ce qui m’intrigua quelque peu. Elle m’avoua que les villageois avaient préparé une fête en notre honneur et qu’il aurait été de mauvais ton de ne pas assister a celle-ci !
J’acquiesçai et nous en restâmes là. Le médecin insista pour que je reste au lit afin de refaire mes forces. Me sentant bien malgré moi séquestré car alité alors que je venais de retrouver ma femme, je grommelais à qui veut bien l’entendre mais le docteur, l’infirmière et Marie se relayant firent taire mes remontrances et ma mauvaise humeur. Le soleil commença a disparaître derrière la forêt de conifères que je pouvais voir depuis ma chambre. Et je ‘me mis a rêver d’être une vraie famille avec Marie.

Et soudain retentit la cloche comme un cauchemar récurrent s’invite dans les plus beaux rêves. Je regardai par la fenêtre et vis les gens fuir vers l’église.
Paniqué, perdu, je cherchais Marie sans la trouver, je me mêlai alors à la foule en délire qui tentait de rejoindre l’église alors qu’en pluie de sang s’abattait sur nos têtes. L’obscurité envahit le village et je le vis, entre moi et l’église, le géant se tenait debout, dressé pour la curie et il commença a frapper de sa hache tous ceux qui croisaient son chemin, son autre bras brisant les os des chanceux qui avaient pu échapper à sa lame. Une main squelettique se posa sur mon épaule, j’hurlai tout en me retournant et compris avec effrois que Marie était redevenue la vieille chose décharnée, reflet malade et décrépi de celle que j’aimais depuis toujours.
« Je suis désolée Arthur, mais lorsqu’ils nous blessent nous perdons de notre vie et de notre santé mentale, je ne pouvais plus l’endurer » pleura-t-elle amèrement, puis elle se retourna et s’enfuit vers la forêt de conifères. Je la poursuivis mais le brouillard se faisait dense et je la perdis de vue. Alors se je tentais de la localiser, je vis sortir du sol des enfants aux yeux sortant de leur orbites, certains avaient des moignons a la place des bras et des os griffus sortaient de leur membres torturés, tous suintaient ce liquide tantôt noir, tantôt couleur pu et ils s’élancèrent à ma poursuite. Je dus donc revenir vers le village mais constatai épouvanté que d’autres enfants déformés par cette demande maléfique et sadique, étaient sortis du sol. J’étais encerclé, mon cœur s’affolait, je commençai à suffoquer, paralysé par la panique a la vue des ces êtres qui venaient à ma rencontre en dressant leurs appendices monstrueux en direction de mon visage, prêts à l’arracher pour en confectionner un quelconque masque maudit.
Je m’agenouillai alors pour prier qu’on me sauve de cette folie, que Dieu balaye cette hérésie de la nature, cette Gomorre de notre époque et en guise de réponse divine, deux têtes explosèrent et je me retrouvai baigné du mélange de sang et chair en putréfaction que j’avais eu la désagréable expérience de goûter auparavant.
Deux hommes me tendirent la main « viens vite, on ne pourra bientôt plus leur échapper. » Mu par une indicible envie de survivre, quitte à plonger dans la folie, je m’exécutai et me retrouvai quelques minutes lus tard dans l’église, le seul lieu capable de maintenir les immondes créatures de l’enfer hors de notre portée.
On m’expliqua alors que cette ville est maudite, qu’elle retient toujours le même nombre d’hôtes dans ses remparts mystiques et que le seul moyen d’en réchapper est que quelqu’un reste prendre notre place. A chacun de faire en sorte que la lumière est présente dans le village, tout redevient normal jusqu’à midi où le soleil disparaît et les horreurs réapparaissent ainsi que les malédictions de chacun. J’écoutai ceux qui devinrent les amis et ma famille, ma malédiction, m’expliquer qu’on a pas le droit d’intervenir dans une relation entre un étranger et sa « victime » sous peine d’être livré à la vindicte du démembreur le soir même.

Voilà toute mon histoire cher lecteur, comme je te l’ai dit, si tu lis ceci, c’est que tu as déjà du passer quelques heures dans ce village.
Je dois maintenant t’avouer que je t’ai menti, ces écris ne sont pas mon épitaphe mais la tienne, ce texte n’est pas ton salut mais le mien car pendant que tu prenais connaissance de ces quelques pages, j’ai pu m’échapper de ce village maudit en te laissant me remplacer. Je suis désolé de m’être ainsi joué de toi mais tu ferais mieux de courir rejoindre l’église car le son de la cloche ne saurait tarder à retentir.

Et au loin la cloche se mis à sonner…