Le deuxième jour, alors que nous nous étions remis du voyage de plus de cinq heures, nous sommes partis en bateau pour l’une des dix plus belles plages du monde, la plage de Lopes Mendes. Pour cela, nous avons navigué plus d’une heure, à grande vitesse, et c’était magique. La plupart des îles étaient inhabitées, et l’on voyait de temps en temps quelques oiseaux voler d’arbres en arbres. Je m’étais installée bien à l’avant du bateau, pour avoir un maximum de sensations, et c’était réussi ! À chaque fois que nous croisions la route d’un autre bateau, nous volions sur les vagues, avant de ré attérir plutôt brutalement. Mais ca compensait le fait d’avoir un peu mal aux fesses en fin de journée ! Nous sommes aussi passés à proximité de plusieurs forages de pétrole, et j’ai appris à cette occasion que plus de 90% du pétrole brésilien se trouve dans la mer. Ce qui est extrêment dommage lorsque l’on voit la beauté des lieux gâchée par des dizaines d’immenses pétroliers venus de tous les coins du monde, attendant patiemment de refaire les stocks. Lucas, mon père d’accueil, et son frère me racontaient le paysage, et presque à chacune des îles, il y avait une anecdote à raconter. Je ne vous les rapporterai pas ici, car il faut que vous fassiez le voyage pour vous rendre compte de la très riche histoire de toutes ces îles. 

Vers 11h00, nous nous sommes arrêtés à une petite plage tranquille, de la grande baie d’Angra. Nous avons rejoint la rive à la nage, tandis que le marin qui nous accompagnait prenait les serviettes et appareils photos dans un petit bateau à moteur. Des dizaines de bateau remplis de touristes débarquaient aussi sur la plage, mais aucun ne s’arrêtait pour contempler le paysage, ce qui m’a un peu étonnée. Tous s’enfonçaient dans la forêt qui bordait la plage, sans même un regard en arrière. C’est au moment à nous avons commencé à les suivre que j’ai compris que nous n’étions pas encore arrivés à destination. Après m’être renseignée, j’ai su que l’on ne pouvait pas atteindre la plage de Lopes Mendes en bateau, car les vagues étaient trop fortes et dangereuses. Il fallait donc traverser l’île, monter et descendre à travers la forêt touffue, vestige de la Forêt Atlantique, présente sur toute la côte brésilienne et dévastée il y a plusieurs années au profit de la culture du café et de l’urbanisation intensive. Nous y avons vu quelques singes et oiseaux, et nous avons bien failli tomber plusieurs fois dans la boue fraîche de quelques heures à peine. Puis nous sommes arrivés à la plage proprement dite. Le sable crissait sous nos pieds, et les habitants du coin disent qu’il « rit » car on le chatouille en marchant dessus. C’était très agréable, car il était fin et blanc. Puis nous sommes entrés dans la mer, et nous nous sommes émerveillés de la transparence de l’eau. Même avec plus d’un mètre de profondeur, nous pouvions encore voir nos pieds distinctement ! Mon père d’accueil nous a expliqué qu’en hiver, lorsqu’il ne pleut pas, on peut voir à plusieurs mètres de profondeur sans problèmes, mais les pluies d’été troublent l’eau. Nous avons quand même bien profité des vagues, en surfant sur des petites planches, ou en faisant le crocodile et en se laissant porter jusqu’au bord de l’eau. Le seul problème, c’est qu’il avait beaucoup de touristes, et nous n’y étions déjà plus habitués, car après Bahia et ses plages désertes, une centaine de personnes représentait une grande invasion pour nous. 

Nous avons ensuite pris le chemin inverse, la faim commençant à se faire sentir. Nous nous sommes arrêtés à une autre île, au restaurant « le Cocotier vert ». En attendant le poisson (il est totalement déconseillé de commander de la viande sur la côte; premièrement parce que c’est un peu bête quand la mer est si proche, mais aussi parce que la viande coûte très cher, et est conservée dans des conditions pour le moins mauvaises qui font que c’est risqué d’en manger), nous nous sommes baignés dans la piscine du restaurant. Quelques clients atterrissaient en hélicoptères, parce que maintenant que le niveau de vie général augmente au Brésil, tout le monde a un bateau, et il n’y plus de place sur la mer …

Le repas était délicieux, le cadre magnifique, et la chaleur acceptable. Vraiment, que pouvait-on demander de plus ?!