23 avril 2013, le soir, à Dacca, Bangladesh.

Certains ouvriers se promènent dans l’immeuble Rana Plaza et, au fil de leur inspection de ce bâtiment dont les normes de constructions n’ont pas été respectées, découvrent des fissures plus ou moins, voire plus que plus suspectes. Paniqués, ils s’en vont aviser leurs chefs dans une prompte bousculade qui fait les premiers blessés de cette usine textile de la mort. Leurs supérieurs, y voyant là une combine pour aller se boire un café au frais de la princesse, renvoient les travailleurs à leurs postes et ce, fissa fissa, même sifa fissure!

24 avril, 9h00 heure locale soit 5h00 en Suisse, le Rana Plaza de huit étages, sensé abriter les ateliers du textile, s’effondre sur les quelques 3’000 d’ouvriers-ères qui bossent pour des peanuts. Car nulLE ne doit oublier que le Bangladesh est le deuxième fournisseur de textiles pour les marques occidentales et ce, juste après la Chine.

Parmi les noms de ces ateliers de confection, deux noms: New Wave Style et New Wave Bottoms qui fabriquent notamment des vêtements pour les groupes: espagnol Mango, italien Benetton et le très britsh Primark vendu par Carrefour.

Bangladesh:ruines

Si 2’300 personnes sont sorties vivantes des décombres, le dernier bilan fait état de 325 morts et peut-être entre 300 et 400 victimes sous un fatras de béton, de ferrailles, de machines à coudre et de vêtements. De quoi faire tourner les rotatives des médias du monde, d’autant que les Bangladais sont très en colère parce que ce n’est pas la première fois que des ouvriers-ères du textile meurent dans des conditions quasi analogues. Non que tous les bâtiments bangladais s’effondrent sans réplique sismique, mais une usine textile prend feu en novembre 2012, toujours dans la périphérie de Dacca: bilan 111 morts, puis une autre en 2005 qui s’écroule elle aussi et fait 70 morts.

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manif des Bangladais-ES contre les usines de la mort

Ce qui commence à faire monter le curry aux nez des BangladaisES qui commencent à manifester violemment, non pas contre le «mariage pour tous», mais pour fermer ces usines de la mort.

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manif des Français-ES contre le mariage pour tous (juste comme ça!)

Ironie du sort, le 25 avril 2013 à 20h45, France 2 diffuse l’émission: «Des paroles et des actes» lors de laquelle un député UMP fait la démonstration ôh combien pédagogique puisqu’il prit l’exemple d’un stylo qu’il avait sous la main. Et de montrer que cet outil (bientôt en voie de disparition) coûte quatre fois moins cher en Chine qu’en France. Puis d’appeler les Françaises et les Français de comprendre pourquoi les industries délocalisent.

On pourrait dès lors rappeler ce député effronté et de lui demander de nous expliquer comment un stylo pourrait être quatre fois moins cher, (sans toucher au maigre salaire des ouvriers-ères) si seules les normes de sécurité en construction et celles du travail étaient respectées dans ces pays de cette partie du Monde.

Sans doute se dégonflerait-il comme une vieille pétuffe…d’autant qu’il se vêt certainement d’un sweet Benetton (sanguinolent) pour aller jouer au golf avec la famille Pine-le-très-Haut!