J’ai enfin le budget sous les yeux.

Le moment de commencer par la base: les chiffres.

Mais avant ça, je vais replacer le budget dans le contexte.

Une mairie a pour mission de faire vivre des services publics locaux. Là, je ne dis rien de transcendant.

Pour faire vivre ces services publics, elle collecte des impôts.

Selon les impôts qu’elle collecte, certains services publics sont rendus, d’autres pas.

Savoir quels services publics seront rendus et lesquels ne sont pas rendus, ça s’appelle un choix politique.

Notons aussi que la mairie peut décider de choisir de rendre peu de services publics, et donc de prélever peu d’impôts ( choix des libéraux comme le parisien libéral) ou de prélever beaucoup d’impôts et de rendre un nombre important de services publics (choix de la gauche, notamment de la gauche décomplexé).

Notons que si la collectivité rend un service public, à tort ou à raison, elle peut aussi essayer de le rendre à moindre coût pour les usagers, en organisant au mieux le service pour qu’il soit rendu de façon efficace. C’est la vision centriste.

Je souhaite aussi rappeler ce que disait mon parrain, qui était conseillé municipal à Porcheville.

Porcheville, c’est une ville riche car il y a une centrale thermique. Mon parrain me disait que la ville de Porcheville n’a fait aucun choix politique, elle a tout fait (piscine, terrain de tir à l’arc, HLM, …).

C’est quand une commune a des moyens limités qu’elle fait des choix politiques.

Là aussi, un choix politique intelligent pourrait être de se mettre dans une situation où l’on n’ait pas à faire de choix politiques.

Tout ça pour dire qu’au final, une commune a pour rôle de gérer des services à la population, et on paye des impôts pour ça.

La population elle-même choisit les services qu’elle veut voir rendu ou pas. Elle élit l’équipe municipale. Ça s’appelle la démocratie.

La façon dont la commune collecte et dépense son argent lors d’une année se fait sur trois étapes: le DOB (débat d’orientation budgétaire), le budget et le CA (compte administratif).

Lors du débat d’orientation budgétaire, on va débattre entre élus pour savoir quels sont les meilleures options économiques pour la ville. C’est sans vote.

Lors du budget, on prévoit les recettes et les dépenses. C’est un document prévisionnel.

Le compte administratif est un document qui note comment le budget a été exécuté. C’est au fond le document le plus important, car il permet de connaître la santé financière de la ville.

Les deux derniers documents sont soumis au vote du conseil municipal.

Pour l’année 2013, le DOB était à l’ordre du jour du conseil municipal du 12/12/2012.

Le budget était voté lors du conseil municipal du 12/02/2013.

Comment est construit un budget?

Il est d’abord à noter qu’un budget municipal est construit par section.

Chaque section a des recettes et des dépenses.

Nous avons  d’abord la section de fonctionnement. Il s’agit de la section correspondant à la gestion courante.

Dans les recettes, on a les impôts, les taxes mais également les diverses dotations (versées par le département, la région ou l’état).

Dans les dépenses, on a la charge de personnels, les dépenses d’entretiens, de fourniture et les frais de fonctionnement divers liés aux compétences de la commune.

On a également les intérêts de la dette.

Après, nous avons la section d’investissement. Elle correspond aux infrastructures que la collectivité va bâtir pour la population.

Dans les recettes, on a principalement les subventions.

Dans les dépenses, on a principalement le remboursement de la dette ainsi que les dépenses directes d’investissements.

Notons que le budget doit être en équilibre (recette = dépense). Il doit être en équilibre dans chaque section. Dans chaque section, recettes = dépenses. C’est la loi.

Notons que dans le compte administratif, notamment dans la section de fonctionnement, ce n’est forcément pas le cas. En général, on a recettes > dépenses, sauf en 2008 en ce qui concerne Malakoff.

Pour le cru 2013, la section de fonctionnement est de 46 496 448€ en recette et en dépense. En 2012, c’était de 43 400 408€.

Pour la section d’investissement, on a un total de 13 967 645€ contre 14 137 148€ en 2012.

On arrive à un total de 60 464 093€ en 2013 contre 57 537 556€ en 2012.

La part de la section de fonctionnement est de 76% en 2013 contre 75% en 2012.

En valeur absolue, on a une légère augmentation des dépenses (et recettes) d’investissement.

Néanmoins, la part des dépenses de fonctionnement ainsi que la valeur absolue de celle-ci augmente.

Néanmoins, comme je l’expliquerais lors du prochain billet, comparer le budget 2013 au budget 2012 a une portée limitée.

Rappel: les interventions de l’opposition sur le budget 2012:

Jean Emmanuel Paillon(Divers centre):

Thierry Guilmart (UMP):