Le CA (compte administratif) 2012 a été voté le 17 Avril 2013. C’est au bout d’une semaine et 4 jours que j’en parle enfin.

Le CA est un document plus important que le budget. Effectivement, il permet d’estimer la santé financière de la ville.

Je ne suis pas comptable de base. J’ai juste suivi une formation pour les élus avec l’IFED lors d’une université d’été à Giens.

Néanmoins, cette formation m’a été utile, car elle me permet  de suivre au mieux les questions budgétaires de la ville, et de faire également la renommée de mon blog.

 

Néanmoins, le CA 2012 m’a amené à me poser beaucoup de questions, souvent très techniques (trop technique d’ailleurs). J’ai dû beaucoup consulter, comme les élus de la majorité, ceux de l’opposition, un ami qui est banquier et qui a une double formation en économie/comptabilité, le service financier de mon entreprise et j’ai également demandé des précisions à la mairie directement.

 

Effectivement, certains points sont sensibles.

 

Après réflexions, après avoir réfléchi à la meilleure façon de présenter les choses, je peux donc décortiquer le CA 2012.

 

Je vais insister sur le premier point : je pense que comparé au CA 2011, le CA 2012 représente une légère dégradation des finances de notre ville.

Bien entendu, nous ne sommes pas Levallois-Perret, Châtillon ou Bagneux, mais si on reste seulement sur Malakoff, je pense que l’année 2012 est moins bonne que l’année 2011.

 

Il y a une façon simple de le comprendre sans faire un calcul détaillé.

En 2011, les recettes de fonctionnement étaient de 43 328 744,24€. Elles sont de 44 177 086,31€ en 2012. On a une augmentation de 1,9%.

En 2011, les dépenses de fonctionnement étaient de 40 123 623,45€. En 2012, elles sont de 42 009 982,8€. On a une augmentation de 4,7%.

La commune se désendette, ça c’est un fait avéré. Mais les dépenses de fonctionnement augmentent plus vite que les recettes de fonctionnement.

Au final, comme elle ne se désendette pas assez vite, la possibilité de mettre du bénéfice net (même si il faut rappeler que le but d’une municipalité n’est pas de faire des bénéfices, ça va de soi) dans le remboursement de la dette (ça s’appelle un remboursement par anticipation, même si dans la pratique c’est difficile à mettre en œuvre) s’est réduit, car on fait moins de bénéfices nets.

 

Il y a des points positifs, comme le fait qu’il y ait 5 668 062,99€ de transfert de la section de fonctionnement à la session d’investissement.
Il est à noter que si la commune avait remboursé plus de dette, les choses seraient différentes.

 

Bon, passons au calcul.

Soit R, D les recettes de la section de fonctionnement et les dépenses de la section de fonctionnement.

Soit CAF ce que l’on appellera la capacité d’autofinancement brut. On rediscutera prochainement de la définition, mais elle est définie ici (au moins pour regarder l’évolution des finances) par CAF = RD.

Soit Dt l’encours de la dette.

Soit E le taux d’endettement (exprimé en année).

On a E = Dt / CAF.

E représente le nombre d’année qu’il faudrait à la ville pour rembourser la dette si elle y mettait tout son autofinancement brut (son bénéfice net).

 

En réalité, on fait une prospection. On essaye de dégager une tendance. On retraite donc  de tout ce qui est exceptionnel.

Soit Re, Rc, De, Dc les recettes exceptionnelles, les recettes corrigées, les dépenses exceptionnelles et les recettes corrigées.

On a les relations mathématiques suivantes : Dc = DDe et Rc = RRe.

De même, on définit CAFc, la capacité d’autofinancement brut, par CAFc = RcDc.

Enfin, on définit Ec, le taux d’endettement corrigé, par Ec = Dt / CAFc.

Avec les différents comptes administratif et Excel, on arrive à :

Année 2010 2011 2012
R 43 846 715 43 328 744,24 44 177 086,31
D 41 358 060,28 40 123 623,45 42 009 982,80
CAF 2488655,03 3205120,79 2167103,51
Re 1 269 351 917 954,20 369 591,19
De 99 074,30 192 016,32 132 960,99
Rc 42577364,01 42410790,04 43807495,12
Dc 41 258 985,98 39931607,13 41877021,81
CAFc 1318378,03 2479182,91 1930473,31
Dt 45 904 259,12 42 898 357,63 39 881 858,29
E 18,44540869 13,38431855 18,40330104
Ec 34,81873793 17,30342584 20,65910887

 

Entre 2010 et 2011, on remarque une réelle amélioration. Le taux d’endettement passe de 34,81 ans à 17,3 ans. Néanmoins, ce n’est pas  le cas entre 2011 et 2012.

Le taux d’endettement passe de 17,3 ans à 20.65 ans.

Ceci ce comprend car l’autofinancement brut (tel qu’il est définit ici) diminue. Et même si la dette diminue, la possibilité de remboursement rapide diminue aussi.

Dans le prochain article, je reviendrai sur la définition et les conventions utilisées pour l’autofinancement brut.

R_D_non_corrige

R_D_corrige

Notons que la différence ou la distance entre la courbe bleue et la courbe rouge représente l’autofinancement brut tel qu’il est définit ici.

Plus la distance entre la courbe bleue et rouge est élevée, mieux c’est.

taux_endettement_2012