Je reviens enfin vers vous.

Vous avez peut-être pu suivre les dernières informations (que peu de médias français relayent). Bangui, la capitale de la République Centrafricaine, vit des heures sombres et morbides.

Les rebelles, qui ont pris le pouvoir le 24 décembre dernier, continuent leurs pillages, leurs meurtres, leurs viols. La population est en danger.

Mes dernières nouvelles remontent à ce soir 20h où un ami centrafricain habitant le quartier Ouango à Bangui (proche de l’ambassade de France) m’a précisé que les tirs avaient cessé aujourd’hui. Hier, il a fui avec sa famille, mettant sa femme et ses deux filles en protection dans la brousse. Ce soir ils étaient rentrés. Il semble que les militaires de la Fomac (forces armées des pays centrafricains) et les français sont venus protéger la population et sécuriser le quartier. Des renforts arrivent aussi côté Fomac.

Les hôpitaux sont remplis de blessés (au moins 500) et le nombre de morts, enfants, femmes, hommes, tous des civils, augmentent de jour en jour.

Sœur Agnès et les enfants

A l’orphelinat de sœur Agnès l’inquiétude et la peur sont là. Hier au téléphone, sa voix était stressée, même si derrière elle les enfants jouaient en riant. Heureusement m’a-t-elle dit qu’ils gardent une part d’insouciance, même si le bruit des tirs les effrayent évidemment. Dans le « quartier des combattants » où se trouve l’orphelinat, il y a eu des morts et des blessés mercredi et jeudi dernier. Depuis, la situation est plutôt calme et les habitants des quartiers attaqués et pillés viennent s’y réfugier.

Tous les enfants vont bien, mais ce qui inquiète Agnès c’est bien sûr la nourriture. Les nounous Béatrice, Marina et Brunelle sortent le moins possible à juste titre, mais il faut quand même tenter de s’approvisionner. Pour les petits, les stocks de lait, d’eau avaient été faits et en partie acheminés. Mais pour les plus grands, et pour les adultes il faut absolument sortir et à tout moment risquer une balle perdue ou une agression pour quelques légumes et fruits.

Voilà l’état de la capitale et de sa population près d’un mois après le coup d’état.

Je suis partie de Bangui le 28 mars dernier, déjà dans ce climat de terreur… je n’ose même pas imaginer dans quel état se trouve le peuple.

C’est une véritable catastrophe humanitaire qui se déroule à 6000 kilomètres de la France… personne n’en parle, personne ne sait… tout se passe dans l’indifférence.

Alors faites-le savoir et si vous le souhaitez, signez cette pétition.

http://www.petitions24.net/urgence_centrafrique_-_non_assistance_a_personnes_en_danger

Vous pouvez également trouvez des informations sur le Journal de Bangui en ligne, la page Facebook de Bangos Life et RFI rubrique Afrique.

Merci à tous ceux qui déjà se sont mobilisés. Nous avons reçu de nombreux dons pour l’urgence. Sœur Agnès préfère que nous attendions de voir comment la situation évolue avant de lui virer cet argent sur son compte. Elle vous remercie de tout cœur et sait que vous êtes à ses côtés.

Singuila, merci

Isabelle Forboteaux