« Bien alors assis-toi et écoutes, je ne sais pas trop comment te dire ça mais bon… tu sais que j’adorais ton père mais là je n’ai pas trop le choix, je ne peux pas te laisser à la place où il t’avait mis avec la situation financière de l’entreprise. T’es pas vraiment à ta place en plus, et je pense que te mettre à un poste de commercial serait plus approprié, t’as un bon contact avec les gens et… » c’est en ces mots mêlés de gêne et de crainte que Raymond Ganfenier s’adresse au fils de son meilleur amis et défunt associé : Harold.
Harold est un jeune homme de 28 ans, ni beau, ni moche, le type de personne qui passe inaperçue dans la foule, du moins tant qu’on ne croise pas son regard. Car Harold a un regard surprenant, si vous interrogiez les personnes qui l’ont rencontrées elle vous diraient toutes la même chose : Son regard est dérangeant, il insuffle chez les gens une sensation glaciale et inexplicable. Oh, bien entendu, Harold n’y fait guère attention, légèrement égocentrique, fils adopté de Gérald Monson, propriétaire de 38% des logements de la ville de Metz, il a été élevé dans un luxe que bien des enfants jalouseraient. Mais ce qui fut une entreprise florissante commence à décliner, en grande partie de la faute de Raymond qui, une fois son associé parti pour de meilleurs cieux, n’a pas su faire les choix les plus stratégiques pour l’entreprise. Harold avait été placé à un poste à responsabilités par son père qui voyait en lui des qualités que son pauvre enfant n’avait décidément pas. Cet état de fait plongeait son fils dans une contemplation végétative de son travail, on ne peut pas dire qu’il ne faisait rien, mais le manque d’entrain flagrant dont il faisait preuve en énervait plus d’un, surtout aux vues de son salaire indécemment élevé.
Mais aujourd’hui, Raymond avait cédé aux multiples plaintes des jaloux et envieux de la situation du jeune homme. Harold devait donc intégrer l’équipe des commerciaux et prospecteurs qu’il avait lui-même dirigé fut un temps.
Sans dire un mot, il se lève, se retourne et se dirige vers la porte en marchant lentement, puis il fait volte-face et, fixant Raymond dans les yeux, lui dit d’une voix monocorde « Je suppose que je n’ai pas le choix. » et prend la porte.
« Putain, ce gosse me fout les chtouilles… » s’entend penser le sexagénaire.

Le lendemain, Harold est encore sous le coup de la colère, il n’en veut pas à Raymond car il sait que l’ancêtre n’a pas « les couilles » suffisante pour assumer pleinement un poste de directeur, non, il en veut à son père qui a cru bon de mourir avant d’assurer sa place au sein de l’entreprise et lui éviter l’affront qu’il subit actuellement. Mais il va leur montrer ce qu’il vaut, il veut leur prouver qu’il n’est pas un usurpateur, et quoi de mieux que de prendre une dossier que son paternel n’avait pas pu boucler en son temps ? Entrant en trombe, sans frapper, dans le bureau de Raymond, il lui assène « C’est quoi déjà le dossier sur lequel Gérald avait merdé ? »
Raymond, surpris, ne sait que répliquer les premières secondes puis, sentant le regard insistant du jeune homme, il s’empresse de répondre « La maison qu’il avait repéré avec ta mère ? C’est pas qu’il avait merdé mon petit, t’avais 4 ans, il t’a adopté en même temps qu’il a flashé pour cette barraque mais la même année ta mère est partie, alors tu sais, acheter une maison qu’il avait visité avec elle, où il a même séjourné un week-end, c’était trop pour lui ! »
« T’es entrain de me dire que le beau-père était un sentimental ? Tu pédale dans la semoule Raymond… » lui rétorque Harold du tac-au-tac.
« Oui, je sais que ça ne ressemble pas au personnage mais il aimait ta mère et ça a du vraiment l’affecter, puis il se retrouvait seul avec un moutard du jour au lendemain, ça a du aussi jouer et… bon, écoute, vas voir Annie, demandes lui les dossier datant de 24 ans, dans le village de Remorance, je m’en souviens encore tu vois ! Mais je ne sais pas ce que tu veux prouver mon ptit… » fanfaronne Raymond.
Harold fonce voir Annie, cette dernière, organisée et efficace, lui remet en un clin d’oeil le dossier.
Grande et belle maison d’architecte, joli terrain, base solide, cette bâtisse a tout pour plaire, et tout de suite, il comprend ce que son père a du ressentir lorsqu’il vit la maison pour la première fois. « Je vais t’avoir, le vieux t’a pas eu mais moi je t’aurai ! » déclare-t-il tout haut en passant en revue les différents documents.
Il trouve dans les vieux papiers de son père un petit texte qui l’intrigue

Dans cet au-delà de cendres,
Antre-monde où nulle illumination ne sait fendre,
L’obscurité omniprésente de celui,
Qui existe par delà mort et vie,
Se trouve endormi un grand ancien,
Dont le réveil sonnera l’avènement du dessin,
Ses longs appendices parcourront notre monde,
Entourant de ténèbres cette morne ronde,
Faisant de tout être vivant le pantin,
Des monstrueux enfants de ce Dieu assassin,
N’est pas mort qui peut reposer éternellement,
Et par des puissances inconnues même la mort peut mourir,
Ainsi s’ouvre le portail du conscient,
Que Seule l’extinction d’une race peut ternir.

Harold lit le texte plusieurs fois en se demandant pourquoi son paternel adoptif a gardé ce « tas de conneries » dans les papiers de la maison.

Cette nuit là, Harold fait un rêve, il est petit, il tient son père et sa mère par la main, ses parents adoptifs semblent préoccupés, il entend leur voix mais ne comprend pas leurs paroles, tout est flou, leur visage et même les sons et tout est sombre, comme dans un tunnel. Son père montre le ciel et Harold comprend pourquoi il fait si noir, ils sont dans une grotte, mais on dirait qu’ils sont sous l’eau, le ciel est comme la surface d’une piscine vu d’en dessous, des ombres dansent au-dessus de leurs têtes mais Harold n’a pas peur. Soudain, son père le prend dans ses bras et se met à courir, sa mère court derrière lui et tous deux se retournent de temps à autres, et accélèrent la cadence, son père hurle quelque chose à sa mère, le sol est glissant, sa mère tombe et fait signe a son père de continuer. Ils arrivent au pied d’un grand disque lumineux, sur le coté de l’incandescente forme ovoïde, il pousse une sorte de champignon bleu phosphorescent que son père empoigne à pleine main, il en donne au garçon. C’est plus proche du cristal que du champignon en fait, l’enfant s’amuse avec un petit morceau mais son père le tire soudainement violemment et … Harold se réveille en sueur « Mais quel rêve de merde… » grommelle-t-il.

Ainsi réveillé, il décide de partir pour le petit village tôt ce matin. Arrivé devant la maison, il la contemple longuement, inspectant intérieurement chaque détail de cette dernière « Le terrain est en friche mais la maison fait encore neuve, ils ont du la retaper pour qu’elle soit vendable, c’est bien, ça va me faciliter la tache ». Il met la clef dans la serrure, tourne celle-ci, un clac sec et métallique se fait entendre puis la porte s’ouvre dans un grincement macabre. A tâtons, il cherche l’interrupteur, ne le trouvant pas, il avance lentement. La maison est vide mais il sent comme une présence, il cherche dans sa poche de blouson et trouve sa lampe torche, il la brandit et trouve enfin ce maudit interrupteur. « Clic », « clic » rien. Les plombs ont du sauter. « Bon, on verra ça plus tard… », il se retourne pour refermer la porte et remarque qu’à l’entrée de la vieille barrière se tient cinq individus, droits comme des I. Il fixent Harold sans bouger, le soleil tardant à se lever, il n’arrive pas a distinguer leur visage en contrejour du réverbère.
« Que voulez vous ? » leur hele-t-il. Aucune réponse. Les ignorant, il referme a clef la porte puis leur fait face a nouveau. Les individus ont disparu. Harold sent un frisson lui parcourir l’échine. Hésitant, il retourne dans son véhicule non sans avoir inspecté au préalable les environs. Aucune trace. « Bande de tordus va… » s’agace-t-il. Il conduit jusqu’à l’hôtel qu’il a aperçu il y a quelques kilomètres de cela et prend une chambre.
Il se repose quelques heures, repense à la maison et se projette déjà comme son locataire temporaire et vendeur attitré, « le vieux en aurait fait une maladie ! ».

Revenant à l’hôtel maintenant qu’il fait jour, il pénètre à nouveau dans la maison et décide d’aller à la cave pour y changer les fusibles.
Il descend les escaliers en bois, il sent un bourdonnement dans ses oreilles, c’est tout d’abord assez dérangeant mais ça devient vite désagréable au fur et à mesure qu’il poursuit sa descente de l’escalier. Il continue sa progression, doit en arriver à se tenir les oreille pour éviter cette nuisance auditive « Mais qu’est ce qui provoque ça bordel ? J’ai l’impression de faire de l’apnée ! ». Au première étage il entend alors un bris de verre, il remonte immédiatement et trouve la fenêtre principale fracassée. Au sol, la pierre qui causa l’explosion de la vitre repose au milieu des bris de verre, elle est entourée d’une feuille de papier liée au projectile par un fil. Harold la ramasse et lit le message : « Partez ! ».
Le jeune homme court à la fenêtre mais il n’y a déjà plus personne.
« Hum, apparemment on ne veut pas que je vienne m’installer dans le village… » en rogne, il court jusqu’à sa voiture, bien décidé à porter plainte.
Arrivé au poste de police, il doit se retenir d’hurler sa rage devant les incompétents locaux qui semblent ignorer jusqu’à sa présence malgré ses raclements de gorge à répétition. Quand enfin, il réussit à parler à l’un des trois gros agents présents au poste, celui-ci le regarde à peine étonné et lui annonce d’un ton las « bon, on va déjà aller voir les dégâts pis après je prendrai votre déposition… ».
Ils arrivent à la demeure, Harold pointe la vitre mais celle-ci est intacte.
« Qu’est ce que c’est que ce délire ? » pense il tout haut.
Le policier lui adresse un regard de biais, puis grommelle quelques insultes inaudibles et repart dans son véhicule laissant Harold comme un rond de flan. Ce dernier décide de rentrer dans la bâtisse et se met à visiter chaque pièce du haut. Ce qui le frappe c’est qu’il n’a aucune réminiscence de cet endroit, il se serait attendu a recouvrer quelques bribes de souvenir de moments passés ici mais, déçu, il doit se rendre à l’évidence que rien n’a persisté dans sa petite tête.
Alors qu’il traverse une dernière pièce de cet étage supérieur, il ressent le même malaise qu’hier soir, une démangeaison au niveau des oreilles puis la sensation d’être épié. Il s’arrête promptement devant l’une des fenêtres, et, à moitié caché, observe la petite foule qui se tient devant le portail de la maison. La silencieuse assemblée ne fait rien d’autre que d’observer avec des regards blafards tantôt inquiets, tantôt furieux. Harold descend les escaliers, et s’approche furtivement de la porte. Il l’ouvre violemment tout en hurlant « Si vous avez quelque chose à me dire, alors… » mais il n’y a personne, juste une brise froide qui lui frôle l’échine et lui font dresser les poils du dos. Il reste cinq bonnes minutes sur le perron, se demandant s’il a halluciné ou si on lui fait une mauvaise blague. Il s’apprête à rentrer lorsqu’il aperçoit à ses pieds une petite boite cartonnée.
Avec prudence, il soulève doucement le couvercle, laissant apparaitre une feuille de papier brunie où est inscrit en lettres pourpres « Partez, vous n’avez rien à faire ici ». Sous la lettre, un papier fin recouvre quelque chose. il desserre lentement la fine couverture et découvre un chat éventré apparemment mort depuis plusieurs jours. De dégout, il jette la boite au loin, se met à courir dans la rue à la recherche des auteurs de cette blague douteuse mais doit revenir bredouille à la maison. « Cette fois-ci, j’ai une preuve à montrer aux flics ! » se console-t-il.
Fouillant dans sa poche, il décide de relire le message, peut être que les auteurs de ce canular ont laissé une quelconque trace. Rien. Le papier est désespérément vide. Plus aucun message d’inscrit sur ce dernier. « C’est une blague ? » s’inquiète-t-il.
Harold est une personne très superstitieuse, sans doute a-t-il été influencé très jeune par son père adoptif qui collectionnait grigri et autres babioles de fête foraine censées protéger du mauvais sort.
Il décide de se rendre au centre du village afin d’y faire quelques recherches. Fouillant dans les archives de la petite ville, il ne trouve rien d’autre que les dossiers d’inscription et registres des naissances. Il tombe néanmoins sur le nom de son père inscrit en bas d’un document, c’est le compte rendu d’un document d’adoption, son adoption. Harold est dubitatif, il a toujours cru qu’il avait été adopté dans la ville où son père avait finalement emménagé après que sa mère soit partie. Il trouve aussi un document de revente de la maison à la ville. En comparant les deux textes, il comprend qu’ils furent l’un comme l’autre rédigés le même jour par son père. Il passe le reste de la journée à fouiller les registres mais ne trouve plus rien d’intéressant à son gout.

Pensif, il songe à sa récente découverte, il se prend même à penser que ses vrais parents se trouvent peut-être dans ce village mais n’arrive pas à comprendre l’attitude belliqueuse de ses habitants.
Il arrive à la maison et décide de visiter la cave à présent. Il descend, comme l’autre soir, les marches en bois de l’escalier et ressent de nouveau cette sensation de pression dans ses oreilles, il poursuit la descente en s’arrêtant à chaque marche afin de « se faire » à cette sensation et aussi, il peut se l’avouer, parce qu’il s’attend à entendre une autre de ses fenêtres éclater. Cette fois-ci, son aventure n’est pas interrompue et lentement il suit les escaliers. Ces derniers ne sont plus en bois mais sont sculptés à même la roche noircie. il prend toute ses précautions car cette dernière semble humide, et en chaussure de ville, il pourrait glisser et faire une belle cascade. Le fait que cet escalier semble s’enfoncer dans les entrailles de la terre ne le taraude qu’une fois la sensation de malaise disparue. Il ressent encore un vague bourdonnement sourd dans ses oreilles mais trouve ça largement supportable.

Il arrive enfin au bout des escaliers et suit un long couloir à même la roche, cette dernière luit d’un halo verdâtre mais à y regarder de plus près, il comprend que ce qu’il avait tout d’abord prit pour des décorations, des dessins, sont en fait des runes gravées dans le roc.
Intrigué, il avance en touchant ces runes luisant, puis perçoit une lueur bleutée au bout du couloir. Ce dernier aboutit dans une pièce de forme ronde éclairée par des petites particules de lumière et par des torches faites d’un cristal bleu luisant comme les runes. Il se retourne pour se mettre face au couloir qu’il vient de traverser et contemple que ciselé dans la roche, une visage monstrueux ouvrant une gueule immense en constitue l’entrée. Les yeux squelettiques et enfoncés luisent de la même intensité que les torches. Le visage n’a pas de nez et les rides qui le parcourt le rendent infiniment inquiétant. Des même rides suinte un liquide verdâtre qui s’écoule dans de petites alvéoles surmontant une sorte de tube ressemblant à des stalagmites ornant le sol. Au pied de ces étranges cylindre de roche, il peut voir d’autres runes mais celles-ci ne sont pas phosphorescentes comme le sont celles qu’il a vu pour l’instant.
Dans le fond de la pièce, la parois dessine le même visage que celui constituant l’entrée de la grotte mais la bouche est fermée, ce qui ne rend pas la sculpture plus rassurante.
Au centre de la pièce se trouve un piédestal fait de la même roche noire que le reste de la grotte. Harold s’avance vers ce dernier, il regarde autour de lui et s’aperçoit alors que ce qu’il avait pris pour des lucioles sont en fait de fines particules translucides et lumineuses de formes semblables aux diatomées qui semblent flotter vers le haut de la grotte en agitant les différents appendices dont elles sont munies.
Emerveillé, il en suit une du regard et la contemple poursuivre sa lente ascension jusqu’en haut de la grotte. C’est alors qu’un frisson le traverse, mélange d’inquiétude et d’excitation, alors qu’il découvre que tout le plafond n’est qu’une sorte de liquide semblant refléter une surface se trouvant à un niveau supérieur. Il se souvient alors de son rêve et demeure immobile à observer ce « ciel » liquide où se perdent les petites lumières. Il perçoit soudainement une large ombre noire traverser lentement les cotés de droite à gauche de la surface, inquiet, il se retient de respirer comme pour ne pas révéler sa présence à cette ombre fantomatique. Puis cette dernière disparait dans l’obscurité du bout de la surface. Harold s’émerveille de cette vision si étrange et découvre que, plus haut, plus profond dans la surface liquide, traversent d’autres ombres aux formes plus humanoïdes semblant littéralement nager bras tendu vers l’autre bout de l’étendue.
Revenant au piédestal qui se tient à ses coté, il inspecte ce dernier et observe la vasque qui orne son dessus. Cette dernière est remplie du liquide verdâtre omniprésent dans la grotte et Harold distingue qu’au fond de celle-ci luit un éclat bleuté. Il tend l’une de ses mains dans l’eau. Prudent, il glisse déjà un doigt afin de vérifier si le liquide a des propriétés abrasives, mais ce dernier semble visqueux et doux, c’en est presque agréable. Enfonçant son avant-bras dans le fluide de couleur jade translucide, il en retire un éclat de pierre bleutée qui étincelle au creux de sa main. Avec douceur, il touche cette petite roche mais cette dernière s’enfonce subitement dans sa main, provoquant une brule intense au jeune homme. La brulure, bien que très forte ne dure que quelques secondes et Harold, tenant sa main à bout de bras, observe que la roche azurée et incandescente perce la surface de la paume de sa main. Il tend son membre blessé vers le sol en le secouant comme si la pierre maintenant sertie dans celui-ci allait en tomber et, éclairant les runes éteintes sur le sol, se met à les animer. Harold se retrouve alors entouré, cerné par les runes scintillantes de couleur céruléenne. Sans savoir réellement pourquoi, il se remémore le texte étrange que son père avait glissé dans les papiers de la maison, et prononce à voix basse

« N’est pas mort qui peut reposer éternellement,
Et par des puissances inconnues même la mort peut mourir,
Ainsi s’ouvre le portail du conscient,
Que Seule l’extinction d’une race peut ternir. »
Alors qu’il demeure absorbé dans ses réflexions, il perçoit dans le fond de la grotte le visage de l’immonde créature qui se met à trembler dans un bruit de chaines qui trainent sur le sol. La gueule s’ouvre alors, un disque lumineux apparait au fond le la gorge de l’effroyable sculpture. Harold s’apprête à reculer, apeuré par les récents événements mais le plafond de la grotte semble s’être abaissé et les créatures qui parcouraient sa surface s’approchent maintenant de celle ci comme pour la traverser. Certaines ont même commencé à glisser le long de l’entrée du couloir qui a maintenant totalement disparu dans les ténèbres.
Instinctivement, Harold s’enfonce dans la gorge de la créature et pénètre la clarté qui illumine le fond de la cavité.

Harold desserre lentement ses mains qu’il avait mises devant le visage pour se protéger de la luminosité trop forte. Bouche bée il découvre un monde totalement différent de celui d’où il vient, mais curieusement, il n’éprouve aucun malaise, juste une sensation d’émerveillement. Il discerne un peu plus loin la silhouette d’une femme qui s’approche de lui. Petit à petit la femme se découvre, son visage est doux et agréable mais il ne contient ni yeux, ni bouche. Harold entend dans sa tête des mots prononcés dans une langue étrange mais étonnement, il en saisit tout le sens « Bienvenu dans le monde de Yog-Sothoth, je t’attendais depuis longtemps ».
Lui tendant à son tour la main, Harold lui répond simplement « Moi aussi maman ».