Il y a deux sortes de patrons en France:

  • ceux qui créent leur entreprise, prennent des risques, et emploient des gens.
  • ceux qui sont nommés à la tête d’entreprise par des Conseils d’Administration.

Dans le 1er cas, il me parait évident qu’une personne ayant pris tous les risques et participant à la richesse du pays a le droit de s’octroyer un salaire à sa discrétion. Après tout, il est seul maitre à bord, et son patrimoine est généralement en jeu.

Dans le second cas, les personnes nommées à la direction d’une entreprise ne prennent généralement aucun risque au niveau patrimonial. Ils sont rémunérés suivant la décision prise par le CA, en tenant compte de la taille de l’entreprise, des résultats précédemment obtenu, et des objectifs à tenir. Même si la tâche peut s’avérer ardue, il n’y aucune justification pour les salaires mirobolants qui sont régulièrement évoqués dans la presse. Prétexter que ces “talents” partiront à l’étranger si nous limitons les salaires, n’est qu’une manipulation médiatique comme on sait les façonner de nos jours.

Que se passerait-il si nous limitions les salaires des grands patrons (par ex. à 250 k€ brut), hors intéressement? Car c’est bien de cela dont il faut débattre: un patron peut être récompensé pour de bonnes performances, mais ne devrait pas obtenir d’augmentation de salaire mirobolante ou d’intéressement si les objectifs n’ont pas été tenus!

Donc, quelles seraient les conséquences d’un tel encadrement?

  1. Certains grands patrons iraient peut-être à l’étranger voir si les conditions n’y sont pas meilleures. Cela reste encore à prouver, car un intéressement cadré sur les performances de l’entreprise pourrait tout à fait limiter cet exode.
  2. En faisant en sorte qu’un entrepreneur peut gagner plus qu’un patron nommé par un CA, on pourrait encourager l’entreprenariat. Ceci serait un excellent point pour la France et son économie, car nous sommes aujourd’hui trop frileux quant à la création d’entreprises.
  3. Les employés considèreraient le salaire de leur patron d’une autre façon. Le fossé entre les “travailleurs” et les “patrons” se verraient comblé rapidement. En effet, lorsque des patrons menacent de licencier des employés alors que leurs propres salaires sont des dizaines de fois plus importants que le salaire de base, les négociations tendent à se bloquer rapidement.

De plus, en basant l’intéressement sur des critères objectifs et quantifiables, on pourrait certainement justifier très simplement les bonus de ces patrons.

Dans le cas d’un patron ayant créé son entreprise, mais qui a cédé ses parts à un parc d’actionnaire, et est donc tributaire d’un CA, quelle serait l’approche?

Dans ce cas, on pourrait tout à fait limiter dans les statuts de l’entreprise le salaire maximum du patron, avec un plafond déterminé par l’Etat. Il faudrait bien entendu faire attention à ce que point précis ne freine pas l’extension des entreprises par investissement. Néanmoins, certains points ci-dessus seraient toujours valables (notamment le point concernant les employés), et donnerait à la France de nouveaux atouts pour le futur.