Laurence Parisot

Alors que les syndicats et le Front de Gauche subissent, impuissants, la politique social-démocrate de François Hollande, le Medef -principale organisation patronale- se radicalise.

Pour Laurence Parisot, l’heure n’est pas aux concessions. La patronne du Medef entend rester aux manettes, s’il le faut en transformant son CDD en CDI, relate  le Parisien.

Pas joli-joli lorsqu’on vient de négocier sur la flexibilité !

Dès demain, elle proposera au conseil exécutif du Medef de modifier à terme ses statuts internes pour rester en fonction. Sur le papier, en effet, Laurence Parisot est dans l’impossibilité de se représenter, puisqu’elle achève son deuxième mandat. Or, les statuts du Medef sont sans appel : un président ne peut effectuer que deux mandats (le premier de 5 ans, le deuxième de 3 ans). D’où l’idée de changer ce règlement intérieur. Et c’est précisément ce que propose Laurence Parisot : elle souhaite que le conseil exécutif planche sur une modification de la durée de ces mandats. « Cinq ans pour l’un, trois ans pour l’autre, ce n’est pas très démocratique, c’est une incohérence que nous voulons corriger », explique-t-on au Medef pour justifier cette idée. Un argument qui en laisse certains circonspects. Beaucoup de patrons estiment en effet que ce changement permettrait juste à Laurence Parisot de porter son mandat de 3 ans à 5 ans. « C’est un coup d’Etat », s’emporte l’industriel Jean-Claude Volot, candidat déclaré à sa succession. « Si elle change les statuts, c’est pour prolonger son mandat ou en briguer un troisième. C’est immoral ! »

Officiellement, la question d’un troisième mandat ne sera pas abordée directement. La réforme des statuts concernerait également la limite d’âge des dirigeants de l’organisation, actuellement fixée à 65 ans.

« Le but est cette fois de s’assurer que Michel Pébereau (NDLR : l’ancien patron de BNP Paribas), bientôt frappé par cette limite, puisse rester à ses côtés », décrypte, encore estomaqué, l’un de ses opposants internes.
Autant de questions explosives qui ne seront pas tranchées dès demain : le conseil statutaire du Medef (l’équivalent du Conseil constitutionnel) doit d’abord examiner ces propositions, avant que le conseil exécutif ne tranche. Pour être actées, ces modifications devront ensuite être adoptées par au moins la moitié de ses membres, puis par les deux tiers de l’Assemblée générale du Medef. La bataille interne ne fait que commencer.