djangounchained2012moviewallpaperfor1920x1200widescreen11488[1]je sors du film de Tarantino, Django unchained

je suis si bon public que quand le film s’est arrêté je me suis exclamé: « C’est bien fait! » Les gens à côté de moi m »ont regardée un peu étonnés… Il faut donc maintenant que je le vois,  mais j’ai trois choses à vous dire comme ça sous le choc:

1) c’est un excellent cru  ne le ratez surtout pas…. C’est un film complètement déjanté grâce auquel, c’est la marque de Tarentino, nous retombons en enfance en train de hurler comme à Guignol. Tout le monde, les spectateurs, les acteurs parmi lesquels Tarantino himself en négrier cupide et demeuré, s’amuse comme des petits fous à se balancer des tonnes d’hemoglobines à travers la gueule comme une bataille de boules de neige. Un rythme inouï avec une musique qui ne l’est pas moins… D’ailleurs le héros après avoir fait sauter le dragon, je veux dire le bâtiment des maîtres esclavagistes, emportant sa Brunhild, opère un flashback sur sa formation par son maître allemand, chasseur de prime, humaniste et cultivé, ils sont dans la néige et le héros noir vise toutes les parties d’un gros père Noël… Tandis que l’autre lui promet un destin exceptionnel.l’autre c’est le merveilleux et touchant christoph waltz. Nous l’avions quitté en nazi polyglotte dans Inglorious Bastards, nous retrouvons son grand père allemand en  arracheur de dents, menteur, mais dandy et chasseur de prime finaud mais qui craque devant l’ignoble Leonardo di Caprio, incestueux, infantile, et totalement sadique…

2) Parce que le propos du film pourrait être résumé ainsi: la nation américaine s’est constituée autour d’une bande de tarés blancs sadiques et le crime esclavagistes, la souffrance des noirs est égale à la Shoah. La grande démocratie est un montage hollywoodien, Obama est une chance pour ce pays à condition qu’il fasse sauter les fondations. Interprétation? Que nenni. Nous avions déjà eu dans un film précédent (Inglorious bastards) un héros juif qui était un indien et scalpait les nazis pendant la deuxième guerre mondiale le tout se terminant dans le même incendie grâce à la pellicule cinématographique inflammable dans un joyeux remake de to be or not to be. Ce n’est pas un hasard si tout tourne autour de cette relation entre l’esclavage au Etats Unis et l’histoire de Siegfried dont Engels disait qu’il représentait la « naiveté » de l’âme allemande. En matière de « naiveté » de l’âme allemande on a vu ce qu’il en était et le docteur est un grand idéaliste qui ne peut pardonner que les chiens du maître déchirent l’esclave que l’on force à des combats de gladiateur contre les siens et que l’on a surnommé d’Artagnan. La soeur incestueuse dame chic et putassière jouant du Beethoven tandis que devant ses yeux et les notres passent ces ces images immondes des lambeaux d’un être vivant. C’est un choc culturel que cet esthète décadent, très vieille Europe ne peut tolérer, il jette l’harpiste qui massacre le musicien allemand humaniste et vise le frère dans le camélia qu’il porte sur le coeur. Alexandre Dumas père et fils unis par la filiation nègre et le côté merde dans un bas de soie de ces dégénérés. Django lui est prêt à plus de cynisme, il est plus froid, il appartient à ce continent impitoyable, il est bien le nouveau Siegfried délivrant sa chère Brunhild von shaft, une esclave noire trublionne…   Je ne sais si Tarantino a vu le silence de la mer de Melville, pourquoi pas sa culture cinématographique est immense mais le héros allemand est incroyablement sympathique par rapport à l’Amérique. Un peu à la manière dont le film chinois sur les massacres de Nankin réussissait à faire de l’ambassadeur nazi un humaniste par rapport aux Japonais. Chacun les siens, oui la Shaoh a eu lieu mais il ne s’agit pas d’un phénomène exceptionnel, il s’agit malheureusement d’un fait totalement humain qui a ses antécédents et qui aura ses prolongements.  Nous sommes mis dans la barque nous Français et pas seulement en référence aux Dumas mais si je n’ai pas vu le film en version originale mais je suis à peu près sûre que l’abominable maître esclavagiste dans la plantation n’est pas hispanisant mais francophone. Cet univers faussement raffiné et pervers, snob et sadique transforme en jeu innocent le western spaghetti. Comme tarantino ne pense qu’à travers le cinéma, je me demande s’il ne confronte pas le cinéma européen, l’allemand humaniste, les réfugiés de Weimar, les français verbeux et pervers à Hollywood produit de tarés sans complexes… La veille europe et leur rejeton sanglant…

3) De ce fait ma mémoire historique décidemment trop encombrée n’a cessé de penser tout au long du film  que nous français nous étions les plus mal placés pour aller jouer les sauveurs de l’Afrique. L’esclavage a été avec d’autres salopards comme les Anglais, les Hollandais, la base de notre richesse…   Des villes comme Bordeaux, La Rochelle et dans une moindre mesure marseille suent le sang de ces êtres humains vendus. Nous avons même oublié que nous avons commencé par déporter les notres blancs,puis torturé à tour de bras, les colonies ont été peuplées de fils de famille dévoyés, fous, pervers… De brutes inhumaines,  nous qui encore aujourd’hui en lorgnons les immenses richesses et nous permettons de faire un bras d’honneur quand on nous parle de colonisation. Imaginez le tollé que ce serait si un homme politique allemand faisait un bras d’honneur à des juifs qui parleraient du nazisme… Et pourtant derrière le plaisir enfantin que vous prendrez à ce western spaghetti n’oubliez pas la question de Tarantino sur les fondements de nos vertueuses démocraties occidentales.

Cela dit toutes ces remarques qui nous font déboucher sur l’actualité dramatique m’incitent à dire les idées essentielles que je voudrais voir développer aujourd’hui.

1) La guerre comme l’a dit Dominique de Villepin est toujours la plus mauvaise des solutions, elle ne règle rien mais engendre le pire à chaque fois.

2) On pourrait repartir de l’Afghanistan, l’intervention soviétique mais surtout celle des « alliés » des Etats-Unis et des Saoudiens pour voir d’om vient cette violence. Comme il faut repartir de la colonisation et de l’esclavage pour mesurer à quel point nous Français avons perdu le droit à jouer les sauveurs. Et là les événements se bousculent au portillon parce que la libération des peuples a été entravée comme les chaînes aux pieds des esclaves torturent à chaque pas, on a tué Lumumba, Sankara, Ben Barka et on installé des brutes infames, des débiles profonds, des despotes tortionnaires alliés de l’occident. On a contribué on contribue encore par le pillage de ce continent à la misère qui rend insoluble la plupart des conflits ethniques. Mais avec quelle vertu nous dénigrons l’intervention chinoise…

3) Dernièrement nous avons raffiné sous couvert de lutte contre le terrorisme nous avons pour des interêts personnels et sordides de nos chefs d’Etat et des profiteurs qui les entourent dégommé les dictateurs qui nous avaient servi fidélement, trop instables. Nous avons découvert qu’ils torturaient alors même que nous soutraitons à grande échelle la torture en Egypte, en Ouzbekistan, et en Europe même, la pratiquons à Guantanamo (le seul endroit ou elle existe à Cuba). Nous avons joué en Irak en Libye les chasseurs de prime de la démocratie tuant sous les yeux des femmes et des enfants nos propres créatures en accordant toute latitude’ à d’autres pourritures comme les saoudiens et les Qataris. Ils sont devenu nos maîtres pour l’instant.

4) quelle franche rigolade aujourd’hui quand on voit la vertueuse attitude de nos médias qui dénoncent la brutalité des Algériens dans l’affaire des otages en profitant au passage pour rappeler les précédents sanglants en Russie, un discours qui dit en gros ces gens ne sont pas civilisés comme nous. Moi je me souviens de ma dernière intervention à un congrès du PCF, la conférence fédérale, Wurtz la suivait et j’ai tenté de dire que la question de la paix était centrale, que si nous poursuivions ainsi il y aurait des jeunes dans nos banlieues qui prendrait ben Laden pour le Che Guevara. Ce genre de propos fut mon unique crime comme d’avoir osé dire à cet âne arrogant de Patrick Le Hyarec en réponse à un article officiel qui prétendait que l’Europe empêcherait la guerre en irak, que l’Europe ne serait jamais que l’OTAN et que la soumission aux Etats Unis serait son destin. Depuis les manifestations d’indépendance de la France ont été illustré par le deshonneur libyen, les initiatives en Syrie et je crains de plus en plus que la gestion de la crise malienne soit le formidable embrasement que les fascistes en tous genres espèrent.

5)Nous avons ouvert la boite de pandore et à chaque intervention qui nous coûte un minimum d’un million d’euros par jour la misère s’étend et des bandits récupèrent des armes pour assassiner des victimes innocentes, des femmes violées, des enfants transformés en soldat…

6) Je ne peux m’empêcher de penser avec ma mémoire encombrée que Hollande est bien dans la lignée social démocrate de Guy Mollet… parce que soyons sérieux cela fait longtemps que la situation malienne est connue…

7) Tout cela étant dit tout texte qui ne commence pas par le dénonciation du phénomène mafieux et fasciste que nous avons engendré et dont les peuples musulmans et africains sont les premières victimes ne recevra en aucun cas mon assentiment.J’en ai marre de ces rouge-bruns qui sont en train de nous faire prendre une position fasciste pour une position progressite et communiste. Les pseudodjahistes ne sont que des ordures mafieuses, haissant les femmes…cette confusion devient d’autant plus intolérable que depuis la chute de l’Union soviétique, les contours des camps sont devenus plus flous. Les alliés d’aujourd’hui font les ennemis de demain, la seule garantie de permanence étant l’imbrication des capitaux. Donc un jour nous soutenons les djiahistes en Libye et en Syrie pour nous débarraser d’un dictateur qui manque de souplesse ou a mécontenté les alliés du moment, le lendemain nous les traquons vertueusement dans le sahel… Que veut-on exactement : entretenir une vision totalement manichéenne de western spaghetti ou les ennemis de nos ennemis sont nos amis, sans la moindre perspective, contribuer à la barbarie généralisée.

Et là je retombe sur le film, que porte-t-il réellement dans l’esprit d’un adolescent? Sans ma culture, sans mon ancrage dans l’Histoire?  On est en train d’organiser partout la confusion pour que la bête immonde prospère.

Danielle Bleitrach