L’Organisation Internationale du Travail (OIT) vient de publier un rapport intitulé « Vers le développement durable: Travail décent et intégration sociale dans une économie verte ». Cette étude met en évidence un nouveau modèle de développement économique, social et environnemental, basé sur une économie verte. Le rapport explique que « la conversion à une économie plus respectueuse de l’environnement pourrait générer de 15 à 60 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale au cours des vingt prochaines années et sortir des dizaines de millions de travailleurs de la pauvreté ».

Changer de modèle de développement

A l’instar de nombreuses organisations internationales, l’OIT explique que « Le modèle de développement actuel n’est pas viable, pas seulement pour l’environnement, mais aussi d’un point de vue économique, social et d’emploi ». Ce modèle dépassé et arrivé à son terme aura entrainé des déséquilibres économiques devenu systémique, structurel et pas seulement conjoncturel, comme l’ont prôné de nombreux économistes et dirigeants politiques au début de la crise économique et financière de 2008.

Cette « instabilité systémique croissante liée au secteur financier » pèse chaque jour un peu plus sur « les entreprises et les travailleurs dans l’économie réelle ». L’OIT explique que le modèle de développement « du passé est très exigeant en ressources » énergétiques, particulièrement fossile, « s’accompagne de coûts grandissants, d’une perte de productivité et d’une activité économique perturbée ».

Aujourd’hui, le système économique a montré  ses limites : la pression des marchés financiers, les monopoles pétroliers, la perte de souveraineté, l’omniprésence de la troïka (Fond Monétaire International, Banque Centrale Européenne, Union Européenne), le libéralisme à outrance, la mondialisation culturelle …..

Les perspectives économiques ne donnent pas de sortie crise rapide et efficace. Les schémas économiques montrent une austérité accrue et des politiques de rigueur pouvant entraîner la destruction de milliers d’emplois dans le monde. C’est pour cette raison que « Nous devons de toute urgence nous orienter vers le développement durable avec un ensemble cohérent de politiques qui placent l’homme et la planète au centre », a indiqué le directeur général du BIT, Juan Somavia.

Créer des emplois et réduire la pauvreté 

Le passage de l’économie actuelle, basée sur l’exploitation d’énergie fossile, à une économie verte pourra créer des emplois dans de nombreux secteurs. Près de 15 à 60 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale pourraient être créé, au cours des vingt prochaines années. Cela pourrait permettre à des dizaines de millions de travailleurs de sortir de la pauvreté. L’OIT préconise des investissements internationaux « ciblés » de 184 milliards d’euros (230 milliards de dollar) par an, pour réduire et limiter la déforestation et la dégradation des forêts. Ces investissements précis pourraient alors financer jusqu’à 8 millions d’emplois à temps plein supplémentaires dans les pays en développement. Autre exemple, l’officialisation et l’organisation de près de 15 à 20 millions de ramasseurs de déchets informels, qui« pourraient être très bénéfiques au plan économique, social et environnemental ».

Le rapport dénonce les dirigeants politiques et acteurs économiques qui exagèrent sur les pertes d’emploi causées par l’écologisation de l’économie. L’organisation explique que des suppressions peuvent avoir lieu mais à moindre coût, soit près d’1% dans les pays industrialisés.

L’Organisation Internationale du Travail rappelle qu’une « économie plus respectueuse de l’environnement peut aussi apporter une contribution majeure à la réduction de la pauvreté en améliorant les revenus ».

Pour Achim Steiner, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’étude menée par l’OIT souligne que l’économie verte « pourrait permettre à des millions d’autres personnes de surmonter la pauvreté et offrir de meilleures conditions de vie à cette génération et celles à venir ». Ce denier a ajouté que ce rapport était un « message positif qui offre des perspectives dans un monde troublé, plein de défis, que nous relayons dans les capitales du monde entier alors que les dirigeants préparent et planifient le Sommet Rio+20 ».

La Réunion, plus que concernée

Depuis plus d’une dizaine d’année, La Réunion était novatrice en matière de développement des énergies renouvelables, avec entre autre le programme GERRI 2030, l’agenda 21, la SR21 … Ou encore le développement des énergies éoliennes, géothermique, photovoltaïque, maritime… La Réunion, terre d’inovation avait prit le chemin d’un nouveau modèle de développement pour répondre à l’urgence climatique, mais aussi aux nombreuses demandes d’emploi dans l’île.

Ce rapport met en évidence la nécessité pour la planète, et particulièrement pour La Réunion, territoire insulaire (sujet à la houle, cyclone, glissement de terrain…) de mettre en place une économie verte. La mise en place d’un service de protection et préservation de l’environnement pourrait créer de l’emploi et ainsi faire travailler une partie des 29,7% des Réunionnais sans emploi et tout particulièrement les 60% de jeunes, dont une bonne partie est formée et diplômée en la matière.

Aller plus loin…

– La transition vers l’économie verte pourrait générer jusqu’à 60 millions d’emplois
– « Vers le développement durable: Travail décent et intégration sociale dans une économie verte » – Résumé –