L’année 2012 s’est terminée sur une succession de contre-performances pour l’économie nationale : baisse des réserves, déficit de la balance commerciale, recul des transferts des MRE et aggravation de la dette interne.

En 2012, la facture énergétique a dépassé les 103 milliards dirhams. Ce montant a été révélé, hier, par le ministre des Finances, lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants. Nizar Baraka a expliqué, en réponse à une intervention du groupe socialiste, que la flambée des cours du baril de pétrole sur le marché mondiale est la principale cause de la baisse des réserves en devises. Mais elle n’est, d’ailleurs, pas la seule explication.

Devant les députés, l’argentier du royaume a énoncé d’autres éléments ayant joué un rôle dans cette contreperformance : le tassement des exportations de l’ordre de 5%, observé en 2012, grevant davantage le déficit de la balance commerciale qui se situe, désormais, à 200 milliards dh, le recul de 4% par rapport à l’année dernière des transferts des MRE et la diminution de 1,6% des recettes touristiques et des voyages. Une baisse qui contredit les déclarations très optimistes du titulaire du département du tourisme, annonçant, lors de différents points de presse, la reprise du secteur.

Dette interne : 58% du PIB

Lors de la même séance à la 1ère Chambre du parlement, le groupe istiqlalien a interpelé le ministre des Finances sur l’aggravation de la dette interne. Baraka la situe à 58% du PIB. La Trésorerie général du royaume, dans une étude publiée en décembre, a calculé que le montant de cette dette à 359,1 milliards dh. Sur la même longueur que la TGR, Nizar Baraka attribue ce chiffre aux nombreuses interventions de la Caisse de compensation en 2012, lesquelles ont coûté 50 milliards dh.

Pour tenter de renverser la vapeur, ou du moins stopper cette tendance, le ministre s’est montré partisan de l’adoption d’une série de mesures à même de réduire le déficit budgétaire de 3% à l’horizon 2016, l’année de la fin de mandat de l’équipe Benkirane. Devant les députés, Baraka a rappelé la tenue, dans les prochains mois, des Assises de la fiscalité. Un rendez-vous, très attendu par les milieux des affaires et de la politique, au cours duquel l’équipe Benkirane devrait dévoiler les grandes lignes de la réforme de la caisse de compensation et statuer sur le prolongement ou non du délai de l’exonération fiscale accordé aux agriculteurs, lequel expire en décembre 2013.