En 1972, lorsque le rapport Meadows est sorti, il a été critiqué de toute part. Ce rapport préconisait alors, devant les scénarios catastrophes qui se dessinaient, de stopper la croissance économique et démographique.
Puis vient la crise pétrolière, la mondialisation et le nouveau modèle économique ultra libérale basé sur la création de croissance à crédit et la destruction de la planète.

40 ans plus tard, les scénarios du rapport Meadows se sont révélés exactes, et l’on se trouve dans la pire des projections, celle qui conduit à l’effondrement de notre civilisation.

Incapable d’avoir une vision globale et à long terme de la société, incapable de comprendre les équilibres écologiques qui régissent notre planète, incapable d’appréhender la notion de limite (il faut dire que les économistes et les religions ont formatés l’esprit humain dans ce sens), l’espèce humaine, dans son immense égoïsme et son égo surdimensionné (surtout chez les politiques), se croit plus forte que la nature.

Certains préfèrent jouer à l’autruche, d’autres font comme si de rien n’était, pourtant, les observateurs les plus attentifs ont compris que l’effondrement a déjà commencé et que les décisions à prendre pour inverser la tendance sont bien trop radicales pour les esprits aussi fermés et formatés de nos décideurs et de la plupart des êtres humains – Il sera bientôt trop tard pour sauver la planète Ban Ki-moon.

Certains me qualifieront de catastrophiste, pourtant chaque jour qui passe, aucune lueur, aucun espoir, ne laisse présager le meilleur. Il y a bien, ici ou là, quelques bonnes résolutions qui sont appliquées mais qui ne sont finalement que des plâtres sur une jambe de bois, voir même uniquement de la bonne conscience comme chez beaucoup d’écologistes.

Car face aux trois grands défis que sont le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la fin du pétrole et des énergies fossiles, l’Homme doit se prendre en main et mettre en place des décisions radicales. On peut les résumer comme suit :

  • Baisse massive de la natalité : en dessous d’un enfant par femme jusqu’à la fin du siècle pour revenir autour de 1,4 milliards d’habitants – un seuil supportable pour la planète
  • Changement de modèle agricole : passage à l’agro-écologie généralisée
  • Changement de modèle économique et fin du mythe de la croissance : passage à l’économie post-croissance
  • Instauration des crimes contre l’environnement au même titre que les crimes contre l’humanité
  • Utilisation systématique du principe de précaution

Qui aura le courage de mettre en place ce type de décisions sachant tous les bouleversements que cela implique au niveau sociétale, philosophique et individuel avec une remise en cause des dogmes religieux, économiques et politiques ?

Les décisions à prendre sont tellement radicales et politiquement incorrecte que l’Homme préférera sombrer Jean-Jacques Annaud – À vrai dire peu de chance que cela se produise, la plupart des gens préfèrent faire un enfant, tout en sachant que celui-ci aura une vie misérable – à croire que le désir égoïste et immédiat est supérieur à la souffrance de ses propres enfants ! C’est un peu violent, j’en conçois ! La vérité est toujours plus violente que le mensonge !

Il y a une chose à savoir à propos de la planète, l’Homme n’est rien sans la nature – la Nature est à la base de la vie humaine, alors si l’on veut sauver les Hommes, il faut d’abord sauver la Nature. C’est en cela que l’écologie profonde est le seul mouvement réellement humaniste, le reste n’est que de la bonne conscience, de l’humanisme de plateau télé.