Le rédacteur de ce blog ne s’est pas donné pour objectif de raconter sa vie au fil de ses billets. La tâche présenterait peu d’intérêt…. y compris pour lui-même. Il n’empêche : le vécu personnel permet parfois de mieux prendre conscience d’une réalité dont nous entendons trop parler tous les jours. Ainsi en est-il de la crise économique dans laquelle sont plongés depuis quelques années nos voisins espagnols.

Quatre jours d’escapade en Castille à l’occasion d’un (long) week-end culturel. Quatre jours pour s’assurer que l’expression « châteaux en Espagne » ne relève pas de l’opération marketing imaginée par un office de tourisme cherchant à rameuter les visiteurs. La richesse patrimoniale et culturelle de l’Espagne n’a rien à envier, au contraire, à celle de ses voisins transpyrénéens.

Mais ce voyage a également été l’occasion de mesurer à maintes reprises combien l’Espagne était touchée par la crise. Les panneaux « se vende » (« à vendre ») fleurissent sur les maisons. Dans le même temps les grues qui annonçaient des constructions à chaque coin de rues ont disparu du paysage. Les travaux autoroutiers sont stoppés nets ; plus un seul engin de terrassement sur des dizaines de kilomètres de voies en cours de réalisation. Beaucoup moins de monde dans les bars et restaurants. Et ce ne sont que quelques exemples. Qui peut savoir en effet combien de misères et de souffrances nous sont restées cachées ?

Oui, l’Espagne souffre. Mais avec dignité. Il est tentant de dresser un parallèle avec notre pays. Même si souffrances et misère s’y rencontrent, l’acuité de la crise est en France beaucoup moins vive.  Mais pour combien de temps ? En tout cas, nous serions bien inspirés de sortir de ce nombrilisme qui fait notre charme et exaspère nos voisins. Avec ma totale absence de sens politique, j’ai envie de dire : ayons conscience que nous sommes loin d’être les plus mal lotis. C’est une question de respect vis-à-vis de ceux qui, tels les Espagnols, subissent la crise de plein fouet.