Le quotidien espagnol «El País» a rapporté, hier matin, que le premier ministre du pays Mariano Rajoy aurait touché secrètement près de € 250.000 fonds du parti et de ses affidéos.

Un scandale qui secoue durement l’Espagne et les politiciens del Partido Populare.

Il semblerait que le quotidien ait mis la main sur des comptes planqués par le PP pour la période allant de 1990 à 2009, et parmi ces documents, un papelard qui incrimine l’actuel Premier ministre, Mariano Rajoy qui aurait reçu 25’200 euros annuels en dessous de table de 1997 à 2008. Ce que le parti dément,… on en attendait pas moins!

Donc, branle-bas de combat en ce 31 janvier 2013 et Mariano Rajoy organise fissas fissas une conférence de presse pour 12h30 à Madrid afin de nier les accusations portées par «El País».

À 11h30, juste avant la conférence de presse, le PP prend la décision de répondre aux accusations sur ces paiements secrets et va démentir les informations du quotidien espagnol «El País»; « El Partito Popular n’a pas connaissance des notes manuscrites qui ont été publiées, ni de leur contenu et ne peut ne pas reconnaître ces livres de compte concernant el partido», En bref, il faut comprendre que les extraits des documents publiés par les journaux ce 31 janvier 2013, soit les comptes manuscrits tenus par les trésoriers du PP pendant près de deux décennies montrant les dons des entreprises et les paiements réguliers de milliers d’euros à Rajoy et autres chefs de parti, sont des conneries!

Pour «El País», une présumée caisse noire n’est pas nécessairement illégale. En effet jusqu’à récemment, les partis politiques espagnols ont été autorisés à recevoir des dons anonymes…à condition que les dirigeants des partis les déclarent au fisc.

Les allégations soulèvent donc de graves questions éthiques sur le fonctionnement des partis, en particulier parce que beaucoup d’entre eux ont profité du boom de la construction en Espagne lors duquel les politiciens ont accordé un grand nombre de contrats de développement à des potes.

Midi, à Madrid, conférence de presse lors de laquelle el Pépé répond aux accusations du journal «El País»

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy (PP) affirme que les prétendus documents montrant des paiements secrets à lui-même ainsi qu’aux autres chefs du parti ne sont pas valides et qu’ils vont engager des poursuites contre toute personne qui répète ces allégations. C’est-à-dire contre la quasi-totalité des médias espagnols qui ont publié ou publient encore les documents d’«El Pais». Bigre!

Puis de hauts responsables du PP miment une sorte une sorte de déclarations sous serment au trésorier actuel du parti.

La secrétaire générale du PP, Maria Dolores Cospedal, qui avait déjà tenu une conférence un peu plus tôt lors de laquelle elle avait déjà nié ces «allégations», martèle que ce scandale (?) ne doit pas prétériter la capacité de Rajoy à gouverner l’Espagne. Que seul Rajoy peut sortir le pays d’une récession qui a vu son économie se contracter de 0,7% au dernier trimestre et dont son taux de chômage grimpe au-dessus de 26%. Puis elle répète que les documents qu’ «El País» a publié sont faux: «Je ne vais pas commenter le contenu des documents publiés aujourd’hui, parce que je ne suis ici que pour nier leur véracité.» (C’est un peu léger comme réponse…). Pire, elle déclare que ces accusations font partie d’un complot visant à porter atteinte parti au pouvoir en Espagne, le PéPé: «Nous nous sentons attaqués, mais je n’ai aucune idée sur qui veut nous nuire.» (Elle ne va quand même pas nous sortir la théorie du complot…théorie chère aux coeurs des extrême-droites!)

Or, les révélations de ce 31 janvier 2013 dans l’ «El País» montrent un système de double comptabilité qui fonctionnaient bien jusqu’à récemment et ce, au sein même du Parti Populaire. Elles soulèvent l’ampleur du désastre commis par des tricheurs qui augmentent les impôts et réduisent les dépenses fiscales.

Bien que les documents publiés par «El Pais» se référent à la période entre 1997 et 2008 et que le parti aurait fait le ménage depuis, ils montrent un système de paiement en espèces del mano a mano pour échapper aux autorités fiscales. Et même s’il n’a pas été prouvé que les personnes citées dans les comptes présumés que le Premier ministre Mariano Rajoy, la secrétaire générale du parti Maria Dolores de Cospedal ou l’ancien patron du FMI Rodrigo Rato, aient vraiment reçu de l’argent non déclaré, le PP est déjà si trempé dans des scandales de corruption que les Espagnols ordinaires ont du mal à croire les dénégations du parti. Même si un Rato et une Cospedal insistent qu’ils n’ont pas reçu l’argent consigné dans les comptes, et une Cospedal qui réitère le déni au nom de Rajoy. (une Cospedal qui défend Rajoy comme une tigresse défend son petit…)

La croisade de l’ancien magistrat Baltasar Garzón, qui a été radié l’année dernière précisément parce qu’il a ordonné à tort, l’enregistrement secret des conversations entre les avocats et les prévenus accusés de corruption liée à la PP et ce, à l’intérieur même des prisons, porte ses fruits.

Le PP clame son innocence et en veut une sèche l’ancien trésorier Luis Barcasse, bien que ce dernier n’ait pas encore fourni les livres des comptes au quotidien «El Pais». Le parti affirme qu’il est victime de complot, excuse déjà utilisée lors du soutien à Bárcenas. Mais quand Bárcenas a plongé, le PP a vite coupé toute relation avec l’ancien trésorier.

Affaire à suivre donc…

 

menteur