— Alors, tu crois qu’on va avoir une bonne note ?
— Oui c’est sûr, notre calendrier dépasse de loin tous les autres exposés de la classe !
— Quand même, tu ne penses pas que c’est un peu trop compliqué ?
— Mais non, il suffit de ne pas se tromper entre le cyclique et le solaire et le tour est joué.
— D’accord, mais la maîtresse va sans doute nous dire que ça ne sert à rien. Et le sujet était bien « d’inventer un outil utile pour la vie de tous les jours ». Je ne suis pas certain que compter le temps grâce à notre calendrier soit bien pratique.
— Mais si, tu verras qu’on trouvera bien quelque chose à faire de ça. Et puis de toute façon, si on récolte une mauvaise note on pourra toujours se rattraper sur l’exposé du mois prochain.

Les deux élèves, en retard pour l’école comme tous les matins, marchaient à bonne allure en se donnant du courage pour l’épreuve qui les attendait. Quetlan et Manoan, deux jeunes garçons hauts comme trois pommes, devaient en effet présenter devant la classe entière le fruit de leur travail. Ils passèrent devant le temple de Chitzen Itza en continuant leur discussion.

— Bon d’accord, admettons que ça soit utile et qu’on évite le zéro pointé, reprit Manoan, mais on n’a même pas pensé à faire de conclusion.
— Ben… On n’a qu’à dire que si ça marche, la grande civilisation Maya aura réinventé le découpage du temps !
— Ah oui carrément… Souffla Manoan. Je ne crois pas que la maîtresse va y croire, en plus on n’a même pas fini. On s’est arrêté quand déjà ?
— Heu… En décembre 2012, le 21 je crois.
— C’est même pas fini… Ca sent vraiment le zéro pointé tout ça, lâcha Manoan dépité.
— Bah, y’a qu’à dire que c’est la fin du monde après ça ! Rétorqua Quetlan du tac au tac. Il était l’aîné des deux camarades et il avait toujours réponse à tout.
— La fin du monde… T’es sûr que ça peut marcher ça ?
— Mais oui t’inquiète, personne ne le remarquera de toute manière.
— T’as raison, faut y croire, admit Manoan. Et sinon, t’as quoi pour le déjeuner ?…