source: RTBF

Mis à jour le mercredi 10 avril 2013 à 8h52


  • Le gaz de charbon ou grisou pourrait offrir une nouvelle source d’énergie. Un potentiel existe en Wallonie et son exploitation pourrait offrir l’équivalent d’une dizaine d’années de consommation de gaz en Belgique. Une exploitation moins polémique que celle du gaz de schiste, mais qui dépendra de l’analyse des coûts.

    Jadis hantise des mineurs à l’origine des meurtriers coups de grisou, le gaz de houille présent dans le sous-sol wallon pourrait offrir une source nouvelle d’énergie.

    On le sait depuis quelques semaines, Albert Frère envisage de relancer son projet d’exploitation du gaz de houille en Wallonie. En France, le ministre Arnaud Montebourg plaide désormais pour l’exploitation de ce gaz notamment en Lorraine.

    Jean-Marc Baele, chargé de cours à l’Université de Mons et auteur de plusieurs études sur le sous-sol wallon était l’invité de Matin Première.

     

    Ce gaz s’est formé au cours de millions d’années par des processus chimiques de fermentation à l’intérieur du charbon, explique Jean-Marc Baele.

    Dans le Borinage où les veines de charbon étaient réputées très grisouteuses, on dégazait avant la taille des galeries de mine. Il arrivait qu’on valorise ce gaz en le brûlant pour d’autres installations à l’extérieur de la mine ou en le revendant.

    Reste à savoir si le potentiel présent va permettre l’exploitation du gaz de houille contenu dans les veines de charbon.

    Il reste encore beaucoup de veines à exploiter en Wallonie. D’après les estimations faites par l’équipe de Jean-Marc Baele, il y a encore de 6 à 9 milliards de tonnes de charbon dans notre sol et par extrapolation, environ de 100 à 300 milliards de mètres cubes de gaz.

    Significatif

    « C’est pas faramineux… On ne peut pas encore parler d’or noir. C’est une dizaine d’années de consommation de gaz en Belgique. C’est significatif« , dit Jean-Marc Baele qui met en garde: c’est un chiffre qui est entaché d’incertitude, un « potentiel » dont on ne pourra retirer qu’une fraction compte tenu des technologies et de la situation économique.

    Il faudra faire des recherches géologiques, sonder, trouver les « sweet spots », et cibler ces zones plus propices à l’exploitation.

    Une exploitation moins polémique que le gaz de schiste

    Le gaz de schiste ne demande pas le « fracking », cette technique controversée de micro-fracturation hydraulique par injection d’eau et de sable sous pression afin de permettre l’échange gazeux. Cette technique est polémique, notamment aux Etats-Unis à cause de l’injection de composés chimiques dans le mélange et pour ses conséquences néfastes sur l’environnement. Elle est interdite en France depuis juillet 2011.

    Comme le charbon est déjà plus ou moins fracturé naturellement, l’exploitation de son gaz demande seulement le forage et le pompage. Jean-Marc Baele ajoute que le risque sismique de répercussion en surface minime.

    En conclusion, on retiendra que le potentiel du gaz de houille en Wallonie est important mais difficilement quantifiable. Son exploitation est moins risquée que celle du gaz de schiste.

    Mais c’est aussi une question économique: tant que l’importation du gaz coûte moins cher que l’exploitation en Wallonie, on ne le fera pas d’autant que le territoire est densément occupé.

    RTBF