stepanakert aéroport

Le Gouvernement de l’Azerbaïdjan a récemment décidé de permettre à ses forces aériennes d’abattre des avions civils survolant la République d’Artsakh (Nagorno-Karabakh en russe). Cette décision a été prise dans le sillage de la reprise annoncée des vols Erevan-Stepanakert, la capitale de l’Artsakh.

La menace de détruire des avions civils avec des passagers à bord est une aberration complète, toutefois, compte tenu des antécédents de l’Azerbaïdjan envers le droit international et les droits de l’homme, il est tout à fait concevable que la décision du gouvernement de l’Azerbaïdjan ne soit pas qu’une simple menace.

Rappelons-nous que pendant les derniers jours de l’empire soviétique, les autorités azerbaïdjanaises ont orchestré des pogroms contre ses citoyens d’origine arménienne, ont ensuite envoyé des avions de guerre pour larguer des bombes sur des civils, qui, en réponse, dans l’exercice de leur droit constitutionnel, ont massivement voté en faveur de l’autodétermination. Repoussé par une défaite humiliante, l’Azerbaïdjan a alors imposé un blocus sur les 150 000 habitants de l’Artsakh, avec l’espoir de les affamer et les forcer à capituler- ce qui  fut en vain que nous le sachions.

Autre acte de la plus grande barbarie: intoxiqué par les discours de haine envers tout ce qui est  arménien, un officier azéri se sert d’une hache pour décapiter son camarade de classe arménien à un séminaire de l’OTAN à Budapest. Abominable dans sa conception et son exécution, ce crime a ensuite été glorifié par le gouvernement de l’Azerbaïdjan et l’assassin à la hache a été honoré et fut promu au rang de major. Il vit aujourd’hui dans un luxueux appartement à Bakou, offert par nul autre qu’Ilham Aliyev.

Tant qu’on y est, parlons d’Ilham Aliyev, de loin mon dictateur préféré.

Le président d’Azerbaïdjan est le lauréat du tout premier Organized Crime and Corruption Person of the Year [Personne de l’Année du Crime Organisé et de la Corruption]. La distinction est donnée à la personne la plus corrompue dans le monde en 2012! Il s’est vu décerner ce titre après que la presse internationale a mis en lumière la nature clanique et népotiste du système mis en place par la famille Aliev. Retirant déjà de juteux bénéfices de la vente du gaz et du pétrole, principales richesses du pays, celle-ci contrôle aussi des pans entiers de l’économie nationale, que ce soit dans les télécommunications, l’industrie minière et le bâtiment.

Le lauréat est choisi par 60 journalistes et 15 organisations qui constituent le consortium OCCRP. Parmi les candidats figuraient le seigneur de la drogue albanais Naser Kelmendi, le président de l’Ouzbékistan Islam Karimov et le président russe Vladimir Putin.