L’affaire Cahuzac vient à point pour démontrer ce que l’on savait déjà.

Simplement, la position de son auteur au sein du gouvernement, la situation économique générale, le discrédit du gouvernement dans l’opinion donnent à l’événement un retentissement dans l’opinion par médias interposés qui laisse à penser que cette fois c’en est trop.

Nous verrons dans le mois qui vient ce qu’il en sera…

Mais il y a plus grave.

Pour la première fois nous assistons à la montée en puissance de critiques au sein même de la majorité .

Passons sur les propos grossiers de Mélanchon qui, chose étrange, reprend un vocabulaire réservé jusqu’à présent aux pires invectives de l’extrême droite des années 30.

Les critiques, visant le président en place émanent désormais des présidents du Sénat comme de l’assemblée nationale…

Si l’on prend le cas de Bartolone en particulier cela permet de mesurer la gravité du divorce naissant au sein même du PS.

Car Bartolone est un homme certes engagé de longue date mais pour autant il n’a ni le tempérament ni l’outrance des quelques « boutefeux » du type Montebourg.

Tout au contraire, en qualité de « porte-coton » de Fabius de longues années durant, il jouit d’un bon degré de sympathie auprès de l’ensemble des députés toutes tendances confondues.

C’est à ce titre qu’il a hérité de la présidence de l’assemblée nationale qui en fait un des cinq premiers personnages de la République impliquant en théorie un devoir de réserve à l’égard du président qui se trouve par ailleurs être du même bord politique.

On ne peut donc pas ne pas y voir un doute quant aux capacités de ce président à résoudre les problèmes qui se posent au pays.

D’autant qu’on voit mal quel appui alternatif le président en place pourrait trouver au sein de l’assemblée issue des dernières élections.

Les divisions au sein de l’opposition UMP-UDI ne peuvent qu’accroître le sentiment d’un pays chahuté dans des vents contraires de toutes natures, privé d’un capitaine capable de donner un cap, quel qu’il soit.

Et c’est là que se pose, avec de plus en plus d’insistance, le doute, voire la quasi-certitude que le président en place n’est décidément pas à la hauteur des défis qui se posent au pays.

Le simple examen des faits et jugements portés sur lui depuis la dernière campagne jusqu’à son élection confortent cette analyse.

Qu’on en juge :

Son passé politique :

Secrétaire général du PS, il a passé son temps à ménager les contraires au sein des courants du PS sans régler aucun des problèmes de fond ce qui a contribué à la pagaille au sein du PS et à la non présence de Jospin au second tour de la présidentielle.

Certes Jospin, alors largement favori face à un Chirac totalement dévalué, est largement responsable de cette défaite, mais la multiplication des candidatures (Chevènement- Taubira) tenait également au fait que le parti n’était pas tenu… par qui ?

Après cette claque, la bagarre s’est poursuivie avec d’autant plus de virulence que la victoire était probable voire certaine.. qui a entraîné le départ en catastrophe du secrétaire général en poste…

Martine Aubry a alors récupéré un PS en lambeaux, ce qu’elle a évoqué publiquement lors de la primaire socialiste pour la présidentielle 2012…

La candidature de Hollande pour la présidentielle a été accueillie par toutes sortes de réactions incrédules au sein du PS

Rappelez-vous Ségolène mettant au défi quiconque de citer une seule décision jamais prise par F Hollande … tristement prémonitoire !

Ou encore Fabius « Hollande président, c’est la cerise sur le gâteau »

Les faits : un candidat par défaut

Le PS toujours divisé par ses « courants » n’a pu s’unifier pour la présidentielle que sur la candidature de Strauss-Kahn qui apparaissait comme l’homme providentiel compte tenu de ses compétences, de sa connaissance des institutions internationales et de la situation économique mondiale.

Hollande était alors relégué au plus bas dans les sondages loin derrière M. Aubry, laquelle avait rapidement baissé pavillon.

L’affaire du Sofitel de New-York a rebattu les cartes et le rejet de Sarkozy mêlé à un mélange de promesses illusoires et d’usure du pouvoir ont fait la différence…

Il faut se rendre à l’évidence et dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas : Hollande est un président par défaut.

Qui nie les évidences par défaut de caractère, rejette l’effort par culture politique, se place en observateur d’un pays qu’il doit gouverner.

Ségolène, qui l’ a longtemps pratiqué, voyait juste et nous voilà au milieu du gué avec un pilote désemparé quant il nous faudrait un chef, pas forcément infaillible mais suffisamment pragmatique qui se contente, dans un premier temps d’écoper les handicaps qui nous plombent.

La question n’est plus de gérer les problèmes du PS (ce qu’il n’est jamais parvenu à faire..) mais ceux colossaux d’un pays nombriliste, ignorant jusqu’au déni le monde qui l’entoure, un village Gaulois de 60 millions d’habitants, avide de potions magiques, quand trois milliards de Chinois et d’Indiens ont désormais à leur disposition les mêmes techniques et savoirs que les nôtres, avides de profiter d’un bien-être jusque là exclusif du monde occidental…

Quel que soit le « guide », l’effort sera la solution, mais il paraît, selon le simplet qui nous guide que l’austérité ne s’impose qu’à partir d’un taux de chômage à 20%… c’est du moins ce qu’il nous a fait passer comme message hier à la télévision !

Belle perspective en vérité !

Bon courage les amis