Me William Bourdon est l’un des avocats de Hervé Falciani, l’ancien employé d’HSBC Genève. Il revient sur la décision du parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire pour « démarchage bancaire ou financier illicite » et « blanchiment en bande organisée de fraude fiscale ».

Le parquet nous a entendus et je m’en réjouis. Il n’est jamais trop tard pour bien faire…

Cette instruction va permettre d’ouvrir la boîte de Pandore qu’on a voulu refermer en 2007-2008 et de lever le voile sur une véritableONU de l’évasion fiscale et de l’argent sale. Les rouages jusque là invisibles de l’activité bancaire d’HSBC vont apparaître au grand jour, enfin.

L’information judicaire jettera aussi, je l’espère, une lumière crue sur de petites manipulations qui ont eu de grands effets. Comme lorsque le procureur Eric de Montgolfier a suggéré à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Justice, d’activer Eurojust, l’agence européenne chargée de renforcer la coopération judiciaire entre les Etats, et que le magistrat s’est heurté à une fin de non recevoir du Garde des Sceaux.

Par ailleurs, les autorités helvètes pourront savoir pourquoi les fichiers qui lui ont été restitués par la France avaient subi des modifications. Peut-être découvrira-t-on également pour quelles raisons quelques noms d’évadés fiscaux ont été jetés en pâture, alors que d’autres ont été soigneusement gardés secrets.

Quel rôle Hervé Falciani peut-il jouer dans cette instruction?

Hervé Falciani attend sereinement la décision de la justice espagnole [NDLR: pourtant sur son extradition vers la Suisse]. Nous sommes en train d’organiser son retour en France où j’ai désormais la garantie qu’il bénéficiera d’une protection. Pour des raisons qu’il lui appartient de donner, Hervé n’a, jusqu’à présent, pas été en mesure de partager tout ce qu’il savait avec les autorités françaises, contrairement à ce qu’il a pu faire avec le parquet anti-corruption espagnol.