franceQuand j’étais petit, il faisait bon vivre en France. Je me rappelle de mon enfance passée dans la campagne du Lot, avec ses forêts, ses quelques étangs et son fleuve. La lumière était chaude et vive, les fruits comme les figues tombaient des arbres, et la jeunesse était totalement insouciante. L’avenir ne pouvait être que beau et bon, généreux. Ma mère me disait que je devais travailler à l’école, pour qu’ensuite je puisse avoir un bon travail. Mais aujourd’hui, tout à changé. Même avec des études longues, le travail n’est plus assuré. Même la volonté de se démener ne suffit plus, car en France aujourd’hui, les opportunités ont disparues. La valorisation du travail a disparue, et le contexte économique, rendu encore plus difficile par l’incompétence économique de nos élus font que ceux qui ont le bagage intellectuel, volontaire, et ou de motivation vont tout simplement ailleurs. De Bernard Arnault à Gérard Depardieu, qui sont des têtes de ponts de cet évasion lucide, tout comme Afflelou ou encore JM Jarre. La France, au lieu de se demander pourquoi ses talents la quittent, décident d’une manière bien gauloise de les mettre au pilori. Et de crier, « tant mieux, nous n’avons pas besoin de vous ». Avec un paradoxe surprenant, cette même France récompense de la légion d’honneur des joueurs de tennis exilés fiscaux. Avant il faisait bon vivre en France. Le progrès et l’innovation issue de l’entreprenariat étaient incités et admirés. C’est ce qui a fait la grandeur technologique de la France comme Airbus, le TGV, l’ordinateur Bull, la carte à puce… Aujourd’hui, aucune des sociétés qui comptent au plan mondial en technologies ou services ne vient de France. L’hexagone est devenu ce pays de retraité touristes qui refusent de regarder ce qui se passe ailleurs et qui vivent encore du souvenir du passé en se répétant « c’était quand même mieux avant » sans comprendre que la différence d’aujourd’hui n’est pas négative mais au contraire une formidable opportunité pour la jeunesse et la croissance. Ce qui est dramatique est de constater la réussite de français, basés à l’étranger, et de se dire que la France n’a pas été capable de les nourrir suffisamment pour qu’ils développent et fassent croitre leurs projets en France. Et c’est dommage.