Elle me regarde de son œil morne,
Otage d’un démon aux larges cornes,
Dans la nuit se poursuit son calvaire,
Je t’aime ma bien aimée lunaire,
Comment puis je te délivrer,
Toi qui hante toujours mes pensées,
Le monstre qui te retient devra périr,
Et avec lui les vestiges de son empire,
Mais demain je pars au combat,
Je poursuis cette quête pour toi,
Sans craindre de perdre ma vie,
Sous le joug de cette tendre folie,
Où je périrais enfin dans tes bras,
Finissant mes jours dans le Valhalla.

C’est un conte qu’ils lisent la-bas aux enfants. Un conte fait d’espoir et d’amour mais c’est néanmoins l’histoire tragique de deux cœurs qui n’auraient jamais du se rencontrer.
C’est cette histoire que je vais vous narrer, j’en connais une bonne partie mais certains passages demeurent encore flous, ils se sont perdus dans le néant des années et mon vieil âge ne me permet plus de m’en souvenir. Alors soyez indulgents, auditeurs de mon jeune public car cette histoire n’a de sens que si vous comprenez ce qu’est le grand amour.

25 février 2013, la NASA repère un astre immense en approche de la terre. Les plus pessimistes hurlent a la fin du monde, les autres croient encore a un potentiel salut dans une trajectoire alternative. Les scientifiques font et refont les calculs mais aucun de s’accorde avec les autres, pire encore : leur propres calculs semblent s’infirmer au fur et a mesure que le temps passe.
Le 3 mars 2013, le monde est au bord de l’implosion, plusieurs extrémistes de tout bord ont prônés pour la fin de notre terre et ont provoqué des émeutes dans différents pays. Certaines personnes influentes et médiatiques se sont laissées prendre au jeu et le peuple terrien panique.
Le 4 mars 2013, la terre reçoit enfin le premier visuel de l’astéroïde qui va s’écraser sur terre. Le visuel est très flou mais on peut estimer que le rocher céleste est gros comme un dixième de notre planète. Les scientifiques sont formels, on ne pourra éviter la collision et cette dernière va faire littéralement voler la terre en éclats.
La même journée, un visuel plus net nous parvient, ce que nous avons pris pour un astéroïde est un gigantesque vaisseau de forme ovoïde recouvert de matières minérales. Sa taille immense cache la lune, on a l’impression que cette dernière a disparu !
Le lendemain, le vaisseau se poste au dessus de l’Angleterre, a hauteur de la mésosphère.
Le monde est en émois, plusieurs tentatives de communication sont tentées mais aucune ne parvient a terme. Alors que les scientifiques du monde entier se consultent pour établir un protocole de communication avec les extra-terrestres, ces derniers réussissent a pirater nos ondes et envoient un message en parfait anglais a notre peuple.
Un humanoïde a la peau blanchâtre prend la parole. Son faciès est quasi identique au notre, seuls ses yeux le différencient de nous : l’individu n’a pas d’iris, ses yeux sont de couleur bleue très foncée et il affiche une fébrilité relativement palpable.
Ce qu’il dit est encore consigné dans les archive de nos peuples, et il y en a même une copie gravée dans une stèle en Angleterre:
« Chers terriens, nous sommes les Altariens et nous venons en amis. Notre planète fut anéantie par l’explosion de notre soleil il y a de cela huit millénaires et nous avons parcouru plusieurs systèmes solaires avant de trouver un endroit qui pourrait nous convenir. Nos drones ont trouvé votre planète il y a tout juste 3453 ans et nous avons alors étudié votre sol et votre atmosphère qui semblent nous convenir. Nous sommes alors partis rejoindre cette très d’asile inespérée et absente de toute forme de vie intelligente. Malheureusement, nous avons du essuyer plusieurs soucis de navigations et des avaries sévères de notre vaisseau. Alors que nous aurions du arriver a proximité de votre sphère au bout de trois de vos semaines nous avons mis 3453 ans. Nos grands pères, arrières grand pères, toutes les générations précédentes la notre, ont sacrifié leur vie pour nous conduire a bon port. Au fur et a mesure de notre progression, nous avons assisté a l’éclosion de votre espèce, son évolution et nous avons enseigné votre histoire a nos enfants afin de pouvoir partager une connaissance commune. Comme vous devez le deviner, nous avons hâte de bâtir notre civilisation mais la présence de votre civilisation ne nous permet pas du point de vue éthique de venir nous installer sur terre. Nous demandons donc audience aux dirigeants de votre peuple afin de nous concerter et trouver une solution qui puisse satisfaire les besoins de chacun. »

Il est alors décidé d’établir un point de contact en Angleterre, dans le Maine, à la conclusion des dix prochains jours. Les différents gouvernements durent pourparler, discuter mais un consensus fut trouvé et tous purent venir assister a cet événement sans pareil.

Le jour J, tous les principaux dirigeants étaient là. Tous appréhendaient ce premier contact, la méfiance était de mise bien entendu et les armées étaient postées en alerte, prêtes a réagir au moindre problème. Bien entendu, certains chefs militaires s’étaient fait remplacés par un porte parole mais dans l’ensemble, tout le monde attendait de pouvoir découvrir ces êtres venus d’ailleurs.
Une navette fut expulsée de l’immense vaisseau et se stabilisa dans la troposphère. Un large rayon partant de la base de l’étrange véhicule frappa le sol et le même être qui avait fait son allocution dix jours avant se présenta a la vue de tous.
« Bonjour, mon nom est Kleth et je viens en paix » prononça t’il timidement.
La délégation des chefs d’états semble subjuguée quelques secondes, un applaudissement retentit, puis un deuxième et enfin tous se joignent au geste.
Kleth donne le mode opératoire: il va donner la parole a chaque représentant dans l’ordre où ils sont installés et chacun pourra lui poser une série de trois questions. Kleth s’engage a y répondre de façon claire et sans équivoque.

La première question fut la suivante « qu’y a t’il sur terre dont vous avez besoin et que vous ne trouvez nulle part ailleurs ? »
La réponse fut, comme prévu, très claire « du carbonne, de la silice en grande quantité ainsi que de l’eau a l’état liquide. Nous pouvons nous adapter a bien des choses mais nous devons tout de même conserver une certaine température pour notre survie et votre planète se situe dans la fourchette de distance du soleil que nous pouvons tolérer. »
« Comment pouvons nous réellement savoir si vous n’êtes pas belliqueux ? » Suivit cette première question et la réponse fut tout aussi limpide « dans l’absolu, vous ne pouvez pas savoir. Notre peuple n’a eu a se battre qu’en seule fois dans toute son existence, nous avons quelques armes, nous pouvons nous défendre et nous pourrions vous attaquer mais notre incompétence dans le domaine militaire nous serait fatal. »
Le même homme continua sur sa lancée « vous nous dites cela mais qu’elle preuve pouvez vous nous donner de votre bonne foi ? » Et Kleth de répondre « nous ne pouvons pas mentir, c’est pourquoi je m’adresse a vous librement, sincèrement et sans ce que vous appelez langue de bois. Nous sommes ainsi, nous avons été crée artificiellement il y a des siècles de cela, nous pensons que qu’il en fut de même pour vous mais nous ne connaissons ni nos origines ni les vôtres. Nous supputons que nos similitudes autant dans notre apparence que dans notre façon de vivre sont issues d’une même programmation si je puis m’exprimer ainsi. La différence entre vous et nous, la plus grande en tout cas, c’est que nous ne pouvons pas mentir. »
Le deuxième délégué prend alors la parole « où comptez vous vous installer ? ». L’extra-terrestre répond « sur votre lune, nous devons en discuter mais il apparaît que cet astre ne représente rien ou pas grand chose pour vos gouvernements, nous pensons donc pouvoir nous y installer et générer une pseudo atmosphère pour y vivre. Nous aurions cependant besoin d’un point d’encrage, ici même, afin de pouvoir importer l’eau, le carbone et la silice dont nous avons besoin. »
La question suivante est une évidence « Et que nous proposerez vous en échange ? ». Très simplement, la réponse survint « nous pouvons guérir la plupart de vos maladies incurables, rendre certains de vos sols fertiles et vous proposez de venir temporairement et en petit nombre vivre a nos cotes. »
Une clameur résonne dans la salle, quelques indignations se font bien entendre mais dans l’ensemble c’est une excitation a l’idée de venir vivre avec les nouveaux venus qui se fait ressentir.
Toute la population terrienne regarde en ce moment même les chaînes qui diffusent, en direct, la réunion. Tous les gens parlent de cette fameuse opportunité de vivre une expérience incroyable, certains discutent tout de même des guérisons proposées et du fait de rendre fertiles les contrées les plus dures mais l’homme est égoïste de nature et rendre a son prochain la vie plus facile n’a jamais été le soucis principal de nos contemporains.
Une fois la clameur dissipée, ce qui prit quelques minutes, une autre question est posée « Et aucune technologie militaire, vous n’allez pas partager votre connaissance si tenue soit elle dans le domaine de l’armement ? » La question coupe le souffle a tout le monde. Dans les maisons tous se demandent comment va réagir Kleth, va t’il nier posséder une technologie beaucoup plus avancée que la notre, ce qui mettrait a mal le postulat selon lequel sa race ne ment jamais, ou va t’il accepter de faire ce partage de connaissance très spécial.
Kleth se racle la gorge et dit très calmement « votre espèce est suffisamment évoluée technologiquement pour avoir accès a nos connaissances militaire mais vous êtes encore trop immatures pour pouvoir y avoir accès sans que cela ne provoque de nouvelles guerres, et il serait inacceptable que notre peuple soit a l’origine de votre extinction même partielle. »
Un brouhaha se fait alors entendre, des protestations explosent de pars et d’autres puis quelques uns invectivent directement l’étranger. Enfin, le calme revient petit à petit et Kleth reprend « Comprenez moi bien. Nous respectons vos coutumes, vos croyances et vos façons de vivre même si elles ne sont pas les nôtres, mais nous savons, tout comme vous, que ces différences entre vos peuples, peuvent faire exploser des conflits sanglants qui le deviendront encore plus si nous mettons notre savoir a votre disposition. Maintenant, pourrions nous reprendre là où nous en étions ? ».
Prochaine question « comment réglez vous les conflits ? Je veux dire, il y a forcément des individus chez vous qui ne respectent pas les règles, lois quoique vous les appeliez, alors que faites vous d’eux ? »
Tous attendent une réponse qui est encore plus surprenante que ce que vous auriez pu imaginer : »Nous naissons tous avec une capacité que nous exercerons toute notre vie, ce sera ce que vous appèleriez notre outil de travail. Chacun est responsable de ce qu’il produit, de ce qu’il entreprend comme action au seins de la colonie. Nous nous apparentons assez bien a ce que vous nommez les fourmis, nous avons un esprit collectif qui nous relie et de ce fait, les individus qui sortent du rang, qui ne font pas leur travail ou nuisent dans le sens général, a notre société sont immédiatement repérés. Cependant, contrairement a vous, nous n’avons pas de tribunaux, nous ne jugeons ni condamnons nos prochains. Le lien spirituel et psychique qui nous lie est suffisamment puissant pour agir de façon empathique et faire ressentir à ceux qui nuisent a leur prochain la frustration, la peine qu’ils infligent. Ainsi, celui qui blesse de façon intentionnelle ou non, autrui, se voit aussi blessé par ses propres actions et peut ressentir quelle attitude avoir pour réparer le préjudice subit. »
« Vous êtes entrain de nous dire que vous ressentez tous la même chose ? Que vous pensez tous de la même façon ? »
Kleth se penche vers son interlocuteur et ajoute alors « non, nous avons tous notre propre personnalité mais nous ressentons ce que ceux qui sont physiquement proches de nous ressentent et nous pouvons même en percevoir certaines pensées collectives, appelez cela notre pensée collective. C’est une pensée qui est le fruit de la multitude, elle prend en compte les besoins des groupes, la possibilités ou non de les assouvir et nous guide afin que nous puissions réagir rapidement a certaines éventualités comme nous l’avons fait lors de l’extinction de notre soleil. »
L’assistance est dubitative « pourriez vous nous donner des précisons, je ne comprends pas en quoi cela vous a sauvé lors de la catastrophe dont vous nous parlez … Je comprends que la télépathie, si je saisis bien, ait pu vous aider a vous organiser, suis je dans le bon ? »
Kleth lui adresse un sourire en guise de réponse mais ajoute « non, vous vous trompez. Nous ne sommes pas doués de télépathie, et pour vous aider a comprendre, je vais vous expliquer ce qui nous arriva: lorsque nos chercheurs ont découvert que notre soleil allait se changer en super novae, nous furent tous mis au courant, toute la colonie ressentit le danger et chacun commença a faire faire ses paquetages. Mais notre flotte était alors constituée de trois vaisseaux comme celui que vous avez vu, et c’était bien peu au vue du nombre d’individus que nous étions alors. Les calculs pour embarquer le plus de monde possible tout en étant certain de pouvoir vivre et même survivre dans les vaisseaux étaient sans appel: seuls un dixième de notre peuple pouvait embarquer. Alors que vous vous seriez entre tué pour pouvoir avoir ce privilège, mon peuple, de part le lien psychique qui unit ses membres, choisit immédiatement les individus qui se sacrifieraient et ses derniers, heureux de pouvoir œuvrer a la survie de leur prochain, aidèrent la population a sauver a se préparer à l’embarquement. Tous les élus purent échapper a la destruction en temps et en heures. Si vous faisiez la simulation avec votre peuple, votre force de survie individuelle, si louable soit elle, ferait que vous vous retarderiez les uns et les autres et finiraient tous par mourrir. »
Encore une fois, des protestations se font entendre devant tant de franchise dite avec aussi peu de diplomatie.
De nouveau, il faut attendre plusieurs minutes que le calme revienne et l’émissaire de l’univers reprend afin de calmer les esprits « je m’excuse de faire preuve de si peu de ce que vous appelez la diplomatie, mais mon peuple, de part son lien collectif, est très pragmatique et n’a pas besoin de ces artifices. Je vous prie donc de m’excuser pour ce que certains d’entre vous pourraient prendre pour du dénigrement, ou des paroles hautaines. »
Les question reprennent alors « quelles sont les facultés dont vous parliez ? » Et la réponse « télékinésie, pyrokinesie, mimétisme environnemental, magnétisme, force et résistance incroyable, capacités intellectuelles évoluées, etc… »
« Le cerveau humain peut il être capable d’apprendre a utiliser certaines de ces facultés ? Et si oui, pourriez nous nous apprendre a le faire ou est ce encore trop dangereux pour notre espèce ? » Quelques moqueries et petits rires se font entendre mais Kleth ne semble nullement affecté par le sarcasme « certains d’entre vous sont nées avec un don qu’ils pourraient exploiter effectivement, mais ils sont très peu et on ne peut en aucun cas vous apprendre cela, tout au plus nous pouvons stimuler certaines parties non exploitées de votre cortex cérébral afin de faire éclore ces facultés. »
S’en suit plusieurs questions plus ou moins intéressées mais qui n’apportent pas réellement quelque chose de nouveau.

A l’issue de la conférence, des accord bilatéraux sont signés par tous les chefs d’état et par Kleth.
Partout dans le monde on se félicite de cette collaboration et un nouvel esprit de joie envahit notre planète. Certains pays anciennement ennemis parviennent enfin a faire la paix. La production des minéraux requis par les Altariens est fragmentée entre les différents pays afin de ne pas favoriser certaines factions ce qui pourrait générer des tensions politiques.
Certains vaccins sont offerts au peuple terrien pour le remercier de son accueil, des maladies dites intraitables se voient soignées et définitivement éradiqués.

Dans la semaine qui suit, le souverain Tharmaghul se présente aux peuples de la terre et offre aux régions les plus touchées par la famine et la pauvreté la possibilité de faire pousser des cultures.
La reine Astoosk remet elle même la technologie qui permet de créer ce miracle et assiste a sa mise en place.
Dans la soirée, un tiers des déserts est désormais fertile et irrigué en eau.
Les Altariens profitent de la liesse des peuples qui ont reçu ce cadeaux salvateur pour présenter le dauphin du roi, le jeune prince Agamon.
Ce dernier, âgé de dix huit de nos années, va bientôt être sacré prince et se destinera alors aux affaire de souveraineté afin de remplacer, plus tard son père dans la gouvernance du peuple Altarien.
Il est expliqué aux humains que c’est lors de ce sacre que le prince sera considéré comme étant adulte. Il devra se soumettre à certaines épreuves et les remporter pour pouvoir prétendre au trône. Si il échoue, il devra se représenter l’année prochaine et retenter les épreuves. C’est aussi lors de ce rite de passage a l’âge adulte que le dauphin découvrira de quel pouvoir ses gènes l’ont doté.

La cérémonie aura lieu dans une semaine sur la lune, dans la base nouvellement construite par les Altariens. Les humains peuvent assister en direct aux travaux qui se déroulent sur la lune et restent estomaqués par la rapidité, la facilité et l’organisation de ce qu’on appelle désormais le peuple de la lune. Tharmaghul annonce une décision qui fait grincer les dents de la plupart des dirigeants mais ravit leur peuple : 150 humains seront tirés au sort pour venir habiter une semaine sur la lune avec eux et assister, aux premiers loges, a la cérémonie.
Le geste est salué unanimement par les différents organismes de presse qui demandent a connaître les noms des chanceux a l’avance afin de pouvoir en faire leurs émissaires de reportage.
Tout d’abord réfractaire a donner ces noms, le roi accepte néanmoins cette requête devant l’insistance des différents dirigeants terriens.
La semaine qui précède leur départ pour la lune, les émissaires terriens sont bien entendus interviewes, certains deviennent quasiment des stars de talkshow, d’autres préfèrent garder leur anonymat, c’est le cas de la jeune Clotilde 21 ans dont les parents n’apprécient guère le battage médiatique qui tourne autour d’elle. Ils étaient même très réticent a la laisser partir seule sur la lune mais le président français étant venu en personne saluer leur enfant, ils n’ont pu se résoudre qu’à la laisser partir.

Le jour de la cérémonie est enfin arrivé. Le roi et la reine se présentent dans l’habit traditionnel de circonstance et le dauphin apparaît sur une colonne de cristal. Nimbé d’un halo bleuâtre rappelant la couleurs de ses yeux, il est torse nu et saute dans l’arène où l’attend plusieurs épreuves.
Tous les terriens assistent a la cérémonie grâce a la télé et tous retiennent leur souffle lorsque le prince doit franchir des obstacles qui requiert force et agilité, ils tremblent lorsque Agamon tire a l’arc sur des cibles mouvantes particulièrement petites. Vient enfin l’épreuve finale, elle n’est pas si terrible mais va décider de quel sera son pouvoir. Le prince en devenir s’avance de çe qui s’apparente a une chaise, tous les Altariens ressentent son appréhension par le lien de la collectivité, il se place sur cette dernière et un vrombissement se fait entendre. La machine envoie alors comme une décharge électrique sur le dauphin mais cela ne semble pas lui faire de mal. Au bout de quelques secondes, la machine cesse de fonctionner et le prince se lève. Tout le monde retient son souffle, plus un bruit, mis a part celui du vent artificiel créée sur la lune, le roi s’avance vers son fils, lui prend la main et lui commande de montrer quel est en pouvoir. Beaucoup ont parié sur une forçe surhumaine ou des sens particulièrement aiguisés, d’autres ont pressenti un pouvoir de télékinésie mais personne n’aurait réellement pu deviner ce qu’allait être ce pouvoir. Le dauphin se concentre et soudain les habitants de la lune se mettent a paniquer, le roi écarquille les yeux et se met a demander vivement a Agamon si il va bien. Le prince clame que oui, il sourit et le peuple humain n’y comprend plus rien. La famille royale a l’air d’être très ennuyée et troublée. Puis le prince se concentre de nouveau et la clameur se fait silencieuse. La tension retombe et le roi déclare que son fils est devenu un homme et un prince. Puis, le visage fermé, il annonce que le pouvoir du prince est l’occlusion: le pouvoir de ne plus être relié a la colonie. Autant vous dire que ce pouvoir n’est pas celui qui devrait revenir a un prince et que pour les Altariens ses effets sont terriblement indésirables.
Mais la fête bat quand même son plein, le prince est célébré dignement et félicité comme il se doit puis il part vers la délégation humaine afin de se présenter et comme le veut le nouveau protocole de passer un peu de temps avec eux.
Ils l’attendent en rang, et lui serrent la main les uns après les autres. Mais lorsqu’il s’approche de Clotilde, le prince la fixe longuement, Clotilde le fixe de même, le temps semble s’arrêter alors que le prince tient sa main dans la sienne. Le son d’un cors annonçant le début du repas les sort de leur torpeur, et tous deux sourient bêtement. Le prince se penche et lui murmure à l’oreille « seriez vous assez aimable pour manger a mes cotes ? Je vous montrerai les jardins que nous avons construit avant que le dessert ne vienne nous alourdir de trop ? » Elle pouffe et bascule sa tête pour marquer quelle se joindra à lui.

Le prince plaisante et discute avec elle pendant tout le repas, il lui fait visiter le jardin a la tombée de la nuit.
« savez vous comment s’appellent ces fruits rouges ? » Lui demande t’il.
« Non, nous n’en avons de semblables sur terre. » Répond Clotilde.
« Des raag’tag ce qui signifie dans notre langue, le fruit de l’amour » explique le prince qui cueille l’un des fruits et le lui propose. La jeune fille le saisit tout en rougissant et les deux jeunes gens continuent leur promenade.
Puis, devant le clair de terre qui se joue devant leurs yeux émerveillés, il la saisit par la taille, approche son visage du sien puis l’embrasse tendrement. Le baiser devient langoureux et les deux étrangers passent toute la nuit dehors a se connaître, s’embrasser et se raconter leurs rêves, leur soif de liberté et d’inconnu.

Au petit jour, le roi débarque dans la chambre de son fils, calmement il s’assied sur son lit puis le réveille doucement. Le prince émerge de ses rêves, sûrement alimentés par sa rencontre de la veille, puis salue tendrement son géniteur qu’il serre dans ses bras. Ce dernier le regarde longuement et lui dit « mon fils, je sens comme de l’émoi dans ton cœur, ce matin tu es plus heureux que tu ne l’as jamais été avant et j’ai peine a comprendre ce qui te procure tant de bonheur. Cependant, tu t’es absenté hier, et pas seulement du repas… Tu n’étais plus relié a la colonie et je voudrais savoir pourquoi. »
Agamon est un Altarien, il ne peut donc mentir et son père ressent son désarrois alors pour rassurer son fils il ajoute « il n’est pas question de te gronder ou de te punir Agamon, je suis juste curieux et un peu inquiet de ce qu’il t’arrive et je voudrais en savoir plus, uniquement afin de me rassurer. ». Alors Agamon lui avoue qu’il aime Clotilde, l’un des cent cinquante humains venus habiter avec eux pour une semaine, et qu’il voulait garder cela pour lui, éprouver des sentiments sans les partager avec les autres et garder avec Clotilde ce lien unique et égoïste.
« Je ne veux pas que tu la revois, elle est dangereuse pour notre société Agamon. T’entends tu parler ? Nous sommes un tout et tu veux te détacher de notre société, je comprends et je perçois ce que tu ressens mais quel souverain pourrait penser a lui avant de penser aux autres ? Tu ne peux continuer de polluer tes pensées avec ce lien pernicieux qui tend a te détacher de nous. Crois m’en désolé mais tu ne dois en aucun cas la revoir ! »
La détresse qui parcourt le prince est alors perçue par tous les Altariens qui cessent soudainement leur activité et versent une larme de tristesse. Mais ceci n’étanche pas l’accablement du prince ni sa colère envers son père.
Sa mère rejoint le monarque et tente de le convaincre qui serait peut être bon de laisser leur fils prendre ses décisions maintenant qu’il est un homme. Mais le monarque reste inflexible car convaincu que son fils pourrait mener leur peuple a sa perte si il était un jour délié de la colonie.
« Mon mari, c’est un grand jour et pourtant je ressens ta détresse… » Demande doucement la reine.
« J’ai contacté les deux autres vaisseaux afin qu’ils nous rejoignent et je leur ai annonce la réussite de notre fils, pourtant je n’en ai éprouvé aucune fierté, je ne peux le résoudre a annoncer aux autres la capacité de Agamon » avoue tristement le roi.
« Ce n’est pas une honte, cette habilité qui te fait si peur est propre à notre enfant, elle fait de lui ce qu’il est et le rend unique, mon amour. » Répond elle.
Le roi se retourne, la regarde en souriant et lui dit au creux de l’oreille « tu as toujours su choisir les mots qui m’apaisent ma tendre épouse, que ferais je sans toi ? »

La semaine qui suit est extrêmement importante car elle marque le début du forage du puis principal pour collecter les réserves d’eau dont les Altariens ont besoin. Afin de finir les travaux au plus vite, le roi autorise une vingtaine d’ouvriers Altariens aux compétences diverses a se rendre sur terre pour y travailler. Bien entendu, la presse est présente sur les lieux et filme la façon de faire des habitants de la lune.

Mais sur terre, certains commencent a remettre en cause le bien fondé des actions des extraterrestres. De grands industriels s’agacent de ne plus pouvoir commercer comme ils le faisaient au paravant avec les pays qui nécessitaient certaines denrées introuvables du fait d’un sol aride qui ne laissait rien pousser. C’est même toute l’économie de certains pays dits évolués qui vacillent, et les habitants, endoctrinés par les slogans rabâchés a La TV par les marionnettes médiatiques de ces puissants industriels, commencent a s’échauffer et a reporter toute leur misère sur les actions des Altariens.
De puissants lobbys tentent d’interférer avec les dirigeants des pays touchés par la crise pour les inciter a se méfier, enquêter sur les faits et gestes du roi et même préparer un plan de défense de la nation pour parer au cas où un conflit se déclencherait.
Certaines émeutes éclatent et font même des morts puis tout cesse mystérieusement comme si les grands puissants s’étaient retranchés dans un mutisme militaire.

Six semaines après l’arrivée des Altariens, une explosion se produit dans la mine où les extraterrestres et les humains travaillent main dans la main. Douze altariens et quarantes trois humains perissent dans la catastrophe. Après qu’une enquête du gouvernement du pays en deuil ait été diligentée, il apparaît que la cause de l’accident est une fuite de gaz d’une poche souterraine percée par mégarde pendant le forage. Le forage est fermée pendant deux jours où l’on essaye de récupérer les corps des victimes mais si les corps humains sont tous remontés, seuls cinq des corps Altariens n’ont été retrouvés, les autres demeurent introuvables sans doute broyés par l’explosion ou charriés par les eaux qui ont envahi la mine.
Les terriens et les Altariens sont en deuil, le drame rapproche un peu plus les deux peuples et une chanson leur est même dédiée.
Par l’intermédiaire de Kleth, le roi demande a envoyer une troupe d’expert sur terre afin de procéder a une enquête plus approfondie mais la requête est tres mal reçue et se voit refusée.
Tharmaghul insiste lourdement auprès de plusieurs dignitaires terriens qui, au bout d’une semaine, finissent par faire céder le chef du gouvernement réfractaire. L’enquête conclut qu’il ne s’agit pas d’un accident et le roi, dans une allocution télévisuelle, laisse a penser que certains terriens ont fomenter cette mascarade afin de pouvoir étudier les corps de ses concitoyens.
Bien entendu les différents gouvernements terriens démentent en groupe et s’insurgent contre ce jugement sans preuve, ils demandent même des excuses au monarque Altarien qui se refuse a tout commentaire pendant deux jours.
Cependant, dans une base militaire ultra secrète, des scientifiques de plusieurs pays travaillent ensemble a essayer de comprendre la physiologie des extraterrestres et leur mode de communication en étudiant les cadavres des E.T.
Le roi s’impatiente et, constatant l’immobilisme du peuple humain, somme ces derniers de rendre les corps de leurs défunts sous peine de venir eux même les chercher quitte à utiliser leurs chiens de traque et leur capacité hors norme. Les chefs humains se concertent et déclarent qu’un tel débarquement sur le sol terrien serait considéré comme un acte de guerre. Ils garantissent néanmoins que la lumière sera faite sur cette affaire et demandent au monarque de l’espace de bien vouloir leur accorder sa confiance. Tharmaghul ne peur ignorer la détresse de ses sujets, certains ont sondé les humains venus vivre avec eux sur la lune et si, bien entendu, ils ne peuvent pas lire leurs pensées, ils ont pu néanmoins ressentir leur appréhension et leurs doutes quant a la sincérité de leur dirigeant respectif.
Le lendemain, une troupe armée de quinze membres et leurs chiens débarque sur terre. Le roi a prévenu les différents émissaires terriens de leur venue en leur garantissant que le but n’est pas de provoquer une guerre mais juste de retrouver les corps afin de leur offrir une sépulture digne de ce nom. Il ajoute qu’aucune sanction ne sera prise contre les pays qui ont osé manœuvrer cette infamie, que le déshonneur sera en lui même une sanction suffisamment élevée qu’ils leur faudra payer.
Alors que les dirigeants humains se concertent une fois de plus mais peinent a se mettre en accord sur la réaction a adopter, les chiens arrivent a trouver la base secrète où sont cachés les corps. Un combat s’engage alors mais les forces extraterrestres aidées de leur incroyable technologie parviennent sans mal et sans blesser leurs opposants a pénétrer la base. Parcourant cette dernière avec leur fins limiers, les aliens trouvent les corps de leurs compatriotes et en informe leur souverain. La base n’étant plus secrète, et leurs plans étant déjoués, les dirigeants humains qui possèdent l’édifice prennent une décision qui fera définitivement basculer l’histoire. L’auto-destruction de la base tue net les envahisseurs.

Les Altariens sont tristes, furieux et déçus par les humains. Le roi cesse tout dialogue avec les dirigeants terriens, Kleth, seul, tente de communiquer mais ce qu’il doit annoncer ne le réjouit aucunement : les humains qui vivent sur la lune avec eux ne retourneront pas sur leur planète tant que les dirigeants coupables n’auront pas été démasqués et arrêtés par leur pairs.

Bien entendu, ceci est considéré comme une prise d’otage et les deux races rompent tout contact, campant chacun sur leurs positions et attendant de l’autre un geste de reddition.
Cette situation inquiète les humains qui vivent sur la lune qui, malgré une étonnante gentillesse du peuple Altarien a leur égard, se demandent quelle issue autre que tragique peut les attendre.
Une humaine, cependant, ne s’inquiète guère de la situation et la trouvé même plutôt plaisante. Clotilde est heureuse de pouvoir passer plus de temps avec le prince qui a manifestement choisit de désobéir a son père et d’utiliser son don afin de lui cacher la situation. Cette dernière dégénère de plus en plus, les humains menaçant les Altariens de représailles si les otages ne leur sont pas rendus dans les plus brefs délais.
Le prince est inquiet pour Clotilde mais n’arrive pas a accepter quelle puisse un jour retourner sur terre, elle ne veut d’ailleurs tout simplement pas en parler. Le couple de jeunes tourtereaux ne s’aiment que davantage au fur et a mesure que les jours passent. Clotilde connaît maintenant la majorité des endroits incroyables que recèle la base des Altariens, le prince lui fait découvrir tous les jours de nouvelles pièces, il lui raconte l’histoire de son peuple, lui fait part de ses émotions de quand il se connecte a la collectivité, et lui avoue que ce pouvoir lui a tout de suite plu ! Clotilde le charrie en lui disant qu’elle aurait préféré qu’il ait une force extraordinaire et le prince lui jette « J’aurais bien voulu te voir a ma place, tu sais la découverte de son pouvoir est un événement particulièrement joyeux et stressant dans nos vies… Mais j’y pense, et si on allait te tester ?  » Clotilde rit très fort mais lorsqu’elle s’aperçoit que le prince la fixe sans se moquer, elle comprend que ce dernier est sérieux. Elle n’a pas vraiment envie de faire ce test mais la ténacité du prince vient a bout de ses réticences et avant même quelle n’eut pu réfléchir, elle se retrouve sur la chaise qui a révélé les pouvoirs du prince. La machine vrombît, le prince se veut rassurant et les éclairs frappent Clotilde qui pousse un hurlement de surprise. Elle se met soudainement a rire et explique au prince que ça la chatouille mais que ça ne fait pas mal. La machine s’arrête, le prince regarde le résultat sur le moniteur puis sourit a sa fiancé « bien très chère, je suis au regret de sous annoncer… Que vous avez une capacité hors norme » Clotilde ne tient pas en place et harcèle son bien aimé jusqu’à ce qu’il daigne lui dire de quoi il s’agit.
« Pense a Nero ton petit chat, vas y concentre toi bien, visualise le ! » Lui commande le prince. Elle s’exécute et quelques secondes après, un petit chat tout noir aux bouts de pattes blanches se frotte sur sa jambe en miaulant, elle sursaute tout d’abord puis écarquille ses grands yeux verts et demande au prince « mais, c’est de la téléportation ? » Le prince se tort de rire et lui explique « Non Clotilde, ce n’est qu’une illusion ! » Et la demoiselle de répondre « mais ce n’es pas possible, regarde il bouge, il miaule comme Nero, je le sens contre mes jambes ! » Et elle s’entend dire « Tu es capable de produire une illusion qui atteint tous les sens, la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher ce qui fait que le cerveau ne peut pas distinguer la réalité de l’imaginaire, mais c’est toi qui, dans ton inconscient, anime cette illusion, et crois moi que je suis impressionné, tu ne devrais pas être capable de faire cela en fait » le prince se réjouit d’avoir une amoureuse aussi exceptionnelle et n’hésite pas a le lui dire ce qui fait rougir la fille et permet au prince de l’embrasser a nouveau.

Alors que le couple rentre en direction des habitations ou sont placés les humains, ils croisent une milice armée qui contrôle tous les humains présents.
Le prince cache sa fiancé bien a l’écart en lui demandant de ne surtout pas bouger, et va s’enquérir de la situation. Il rencontre Kleth qui semble particulièrement perturbé.
« Jeune prince, mais où étiez vous donc, nous étions morts d’inquiétude et votre père est dans une colère que je ne lui connaissais pas ! » Agamon ne comprend pas et réitère sa question « Mais que se passe t’il ici et que font les sondeurs avec ces humains ? » , Kleth baisse les yeux puis confesse « votre père a tellement été déçu par la perfidie des humains qu’il ne leur faisait plus confiance et la suite lui a donne raison : il a ordonné aux meilleurs sondeurs d’esprit de lire les pensées des humains qu’ils croisaient aussi profondément qu’ils le pourraient et l’un d’eux a découvert que certains humains étaient des espions qui ont pris la place des élus et ont placé des bombes dans notre base. Nous essayons de savoir où mais deux d’entre eux sont absents et nous pensons qu’il s’agit des chefs. Le roi a ordonné de les retrouver et de les mettre en cellule gardée par les Minotaures et pourtant vous savez qu’il n’est habituellement pas pour ce genre de solution mais si l’un d’entre eux possède le détonateur et décide de l’actionner, se sera terrible ! » Le prince commence a partir mais Kleth le rattrape « non prince, vous devez m’accompagner, votre père a été formel, il me faut vous escorter jusqu’au palais afin que vous puissiez rejoindre notre vaisseau, vos parents s’y trouvent déjà ! » Le prince tourne les yeux vers la cachette où sa bien-aimée se cache et pose un ultimatum a Kleth « Je vous remercie, je vais me débrouiller seul, je pense que vous comprendrez que je n’aimerais pas que mon peuple dise de son futur souverain qu’il a besoin d’une nounou, n’est ce pas ? Alors allez y, je ferai mon possible pour vous rejoindre au plus tôt ! ».
Kleth prend ceci comme une promesse et part, bien heureux de pouvoir aller se mettre à l’abris.
Agamon retrouve Clotilde et lui raconte ce qu’il vient d’entendre. « Ton père ne voudra jamais que je vienne avec vous dans le vaisseau, et en plus il me prend pour une espionne Agamon, que vais je devenir ? » Pleure la jeune fille.
« C’est bien pour cela qu’on ne va pas au vaisseau, nous allons prendre une capsule d’urgence, il y en a une près du chantier de forage, elle communique avec l’ancienne mine humaine qui a explosé, personne ne nous trouvera une fois sur terre ! » Lui expose le prince.
Les deux fugitifs courent donc aussi vite qu’ils le peuvent vers la partie de la base qui possède cette fameuse capsule.
Alors qu’ils arrivent aux abords de l’ancienne carrière, ils aperçoivent une nouvelle fois une milice mais celle-ci est composée de Minotaures, de robustes gardiens possédant une force et une résistance hors du commun. Se cachant dans un recoin du chantier, ils entendent que le roi a décrété que son fils devait être arrêté sur le champ pour haute trahison.
« Mince, je ne me suis pas déconnecté de la colonie ! » Se mord les lèvres le prince. Clotilde le regarde apeurée et se pense tout bas « mon Dieu qu’il est beau, même dans ne situation comme celle-ci, je voudrais me plonger dans ses grands yeux bleutés et m’y perdre pour toujours… »
Le prince la sort brutalement de ses rêves en la tirant vers lui par la main. Ils passent le premier groupe de Minotaures et s’engagent dans le couloir qui mène a la capsule mais a mis chemin, Clotilde lâche sa main en se tordant de douleur.
« Agamon, ma jambe ! » Gémit elle en se tenant la cuisse. « Ils ont tiré sur toi, relève toi Clotilde, appuie toi sur moi vite ! » Hurle le prince. La jeune femme se met a pleurer et lui crie « c’est inutile, je ne peux plus bouger, je vous ralentirais et ils vous attraperaient, si vous teniez un tant soit peu a moi alors partez vite ! » Et elle l’embrasse puis lui glisse une petite phrase dans l’oreille. Le prince part, déchiré et, alors que la milice arrive a hauteur de sa fiancé, lui lance « je reviendrai te chercher, je te sauverai de leurs cornes ! je te le promets ! » Les Minotaures ont maintenant faits prisonnière Clotilde qui ne se débat même pas, ils annoncent a leur souverain que la fugitive a été capturé mais que le prince leur a échappé.

Le roi ne décolère pas, sa fureur et sa frustration se ressent chez tous ses sujets, et soudain les bombes explosent.
La serre contenant le magnifique jardin vole en éclat, le terminal qui accueille les humains en provenance de la terre et qui envoie les Altariens sur notre planète bleue est désintégré, les entrepôts de stockage s’affaissent et se mettent a brûler, enfin, une explosion résonne dans le chantier de forage qui vole en éclat dissimulant la petite navette qui le quitte pour rejoindre la terre.
Les explosions continuent de s’enchaîner jusqu’à la totale disparition de la base lunaire.
Depuis leur vaisseau, les Altariens assistent, impuissants, a la catastrophe qui aura détruit le fruit de leur labeur, leur espoir d’une vie tranquille, et qui aura scellé dans une prison de gravats le sort des humains vivants sur la lune.
La prison où étaient enfermée les humains n’est plus qu’un amas fumant de roches. La lune a regagné son aspect désertique et inhospitalier qu’elle arborait avant la venue des hommes de l’espace.
Quelques heures après l’explosion deux vaisseaux apparaissent dans l’espace, c’est le reste de la flotte altarienne. Le roi explique la situation aux deux commandants des vaisseaux.
Il procède de la meme façon qu’il l’avait fait a leur arrivée, il pirate les émissions télévisuelles humaines et s’adresse aux terriens en ces mots: « Peuples de la terre, nous vous faisions confiance, nous avions vu en vous nos frères et pensions, a tort, que nous pourrions partager plus que des ressources ou des technologies, mais aussi une histoire. Vous en avez décidé autrement, votre méfiance et votre attitude belliqueuse nous ont chassé de la lune. Nous partons chercher ailleurs ce que vous n’avez pas pu nous offrir. Nous vous laissons la bulle d’oxygène que nous avons installé sur la lune, vos compatriotes sont sûrement pour la plupart ensevelis, leur survie est assurée pour plusieurs années mais nous vous laissons assumer les conséquences de vos actes, vous devrez vous débrouiller sans notre technologie pour les sauver. »

Kleth, comme tous le peuple Altarien, ressens la tristesse du roi, il s’approche de ce dernier et lui met en signe de réconfort la main sur son épaule « altesse, voulez vous que nous dépêchions une troupe afin de retrouver votre fils ? » Demande t’il.
Le roi le regarde, affligé de chagrin, et lui répond « Non Kleth, je ne ressens plus la présence de mon fils, peut être est il déjà mort mais dans mon cœur il a définitivement disparu. Quand a l’espionne humaine, nos troupes avaient réussi a l’interpeller, elle est donc actuellement prisonnière de cet astre mort, cette punition suffira amplement. »

Et les trois vaisseaux disparurent en un clignement d’œil.

Le prince arriva sur terre, on ne sait où. Il écrivit le poème que vous connaissez a présent, cette complainte où il exprime son amour pour son âme sœur, tentant de la délivrer des minotaures qui la retiennent prisonnière des geôles en ruine.

Voilà mes enfants l’histoire du prince Altarien et de Clotilde, c’est une histoire triste mais romantique, et qui sait, peut être qu’un beau jour, les deux amants seront réunis ?

« Les enfants il est temps de laisser ce grand compteur tranquille, il faut qu’il se repose a son âge vois savez ! » Réclame une voix usée derrière eux. « Ah mes enfants, je dois bien dire que ma femme a raison, je suis exténué ! » Plaisante t’il.
La petite troupe se lève, et pour remercier le vieux narrateur, il l’enlacent tendrement en lui disant au revoir.
Seule une petite fille reste dans son coin, le visage fermé, ses grands yeux tout rougis traduisent sa peine.
« Et bien, Émilie, que se passe t’il ma chérie ? »
La petite fille de six ans s’approche du vieux bonhomme et se met a éclater en larmes dans ses bras « Elle est morte tout la-haut et lui il est triste ! Elle est nulle ton histoire! »
Il rit aux éclats puis glisse au creux de l’oreille de la petite fille « Tu sais, je pense que Clotilde s’est échappée avec le prince en fait… Si tu réfléchis bien, elle aura pu user de son pouvoir d’illusion pour tromper ses geôliers, le père du prince et les milices afin qu’ils ne recherchent ni l’un, ni l’autre ! Et le prince, pour noyer leur fuite, aura rédigé ce poème, ne crois tu pas cela plausible ? »
Dans un premier temps Émilie sourie puis son sourire se change en grimace « tu mens, tu dis ça pour pas que je pleure ! Et qu’est ce que tu en sais d’abord si le prince a sauvé Clotilde ?!? »
Le vieil homme esquisse un sourire, il siffle et un petit chat noir aux pattes blanches vient se frotter contre les jambes de la petite fille en ronronnant « sais tu le nom de notre petit chat ? » Lui demande t’il, et la petite fille, tout excitée répond « Nero ! C’est le chat de la princesse ? ».
Alors en guise de réponse, le vieil homme enlevé ses lunettes noires et opaques, et de son œil gauche entièrement bleu et sans pupille, il fait un clin d’œil a la petite fille.

 En fond sonore, on petu entendre le groupe Indochine chanter « J’ai demandé a la lune »