poches-vides.fr_J’aurais pu tout aussi bien intituler ce billet « Une réforme bancaire à l’eau de rose »…. Mais c’eut été plus convenu ! Et là où il y a de la gêne, il n’y pas de plaisir…

Ironie de l’histoire, il serait finalement assez amusant s’il ne s’agissait de nos vies  de constater que c’est justement dans le pays où le va-t-en-guerre a tenté de rassurer les banquiers après avoir lancé son couplet faussement mélenchonniste sur l’ennemi invisible au Bourget que l’on se montre les  plus fermes envers les banquiers. Et que l’on va beaucoup loin dans la volonté de séparation des activités de dépôt et de spéculation, à l’endroit précis  du déclenchement de la crise financière… Alors qu’ il est avéré que la réforme française manque cruellement d’ambition, puisqu’elle ne concerne que quelques infimes pourcentages de transactions… « Le PDG de la Société générale Frédéric Oudéa a reconnu que ces activités pesaient seulement 1 % du produit net bancaire annuel des banques françaises« . En outre, certains obstacles techniques rendraient la mesure inclue dans le projet de Moscovici (qui sera présenté le 12 février 2013) sur l’interdiction du tradding à haute fréquence (spéculation ultra-rapide par le biais de l’informatique) inopérant.

Voilà qui va finir par devenir la marque du hollandisme, si cela continue : un subtil équilibre entre une prudence excessive pour ne pas froisser les marchés, une dose de bricolage et d’amateurisme révélée par des couacs permanents,  et  beaucoup beaucoup beaucoup trop peu d ‘empressement à mettre en place des garde-fous efficaces contre la folie et la cupidité d’élites financières qui se rient de la normalité. Alors que des populations entières en dépendent.

Et donc, notre gouvernement bien français et désespérément normal serait de gauche, vraiment ?

A d’autres ! Face à celui-ci, pourquoi donc  le gouvernement britannique dans ce cas, alors qu’il n’est pas réputé pour être franchement de gauche, se montre-t-il plus arrogant ? Va falloir qu’on m’explique, là, les blogueurs de gouvernement ! Souvenons nous, et prions pour que celui qui prononçait ces mots il y a un an reprenne ses esprits :

« mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies.«