Drapeau québecois

Près de 40% de la population mondiale souffre de la pénurie d’eau potable par un  stress hydrique ou un manque de ressources sanitaires adéquat.

Avec plus d’un million de lacs, 130 000 cours d’eau dont 4 500 rivières, le Québec quant à lui disposerait entre 2% et 4% des réserves mondiales d’eau douce. Par cet incipit, nous l’aurons compris, les ressources hydrauliques du Québec constitue la majeure partie de la puissance énergétique de notre province.

Petite histoire de l’électricité au Québec

Il était une fois… Non! L’histoire ne commence pas toujours de cette façon. L’histoire de l’électricité au Québec dépend pour beaucoup de la demande industrielle des États-Unis. Les grands industriels de l’édition, du papier, de la sidérurgie ou encore de l’affinage de l’aluminium proche des grandes villes américaines dopent les investissements au Québec dès le début des années 1880 dans l’optique d’acheminer de l’électricité à coût modéré.

Jusque dans les 1940, l’électricité québécoise était dans les mains de grands groupes tels que la Shawinigan Water and Power Company (SW&P), la Montreal Light, Heat and Power (MLH&P) ou Lachine Hydraulic pour ne citer que ceux-ci. Fusion, achat, concentration progressive des entreprises entraînent des réactions politiques. Les entreprises productrices d’électricité sont accusées de non-concurrence, de prix trop élevés. En 1926, la loi sur l’exportation du pouvoir électrique reste muette*. Mais en 1936, le gouvernement Taschereau met en place la Commission de l’électricité, et l’année suivante naît la Régie provinciale de l’électricité.

Malgré les efforts d’un plus grand contrôle de la province sur la production hydro-électrique, la collusion des intérêts des groupes privés à maintenir des monopoles avec des prix élevés freinent le développement industriel du Québec.

En 1943, le gouvernement Godbout lance un projet de loi dont l’objectif est la prise de contrôle de la MLH&P. Le 14 avril 1944, l’Assemblée législative du Québec adopte cette loi qui créée par la même occasion une entreprise commerciale de propriété publique. Le lendemain, le 15 avril 1944, la MLH&P est sous contrôle d’Hydro-Québec.

Hydro-Québec logo (1944)

Malgré  la naissance de ce mastodonte de l’industrie électrique (+ de 290 000 clients et une puissance de 616 mégawatts), le marché québécois reste morcelé. Ce n’est qu’en 1963, après une vague de nationalisation lancée par le gouvernement Lévesque, que 46 coopératives électriques fusionnent avec Hydro-Québec ainsi qu’une partie des réseaux municipaux. C’est un succès! Le marché de l’électricité au Québec est ainsi unifié sous la gestion d’une seule compagnie : Hydro-Québec. En 2010, seule une dizaine de réseaux de distribution municipaux demeurent indépendants.
À suivre…

Éric Debroise

* Cette loi du Premier minsitre Louis-Alexandre Taschereau souhaitait interdire l’exportation de l’électricité en dehors du Canada. Cette stratégie visait l’exportation puisque la majeure partie de la production électrique était vendue aux États-Unis ce qui avait pour conséquence de limiter le développement de l’industrie québécoise. En même temps, la stratégie de cette loi était périlleuse, car elle aurait pu arrêter les investissements américains dans la province.