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On vote ce week-end. Et pas sur n’importe quels objets. Les trois textes soumis au peuple suisse ont tous trois fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois… Voire même quelques années en ce qui concerne l’initiative Minder. Le texte du politicien de Schaffhouse vise à interdire les salaires abusifs ou autres parachutes dorés des top managers. Le texte a beaucoup de chance à passer la rampe dans ce pays où l’on a rien contre les riches… tant qu’ils n’exposent pas trop leur fortune aux yeux des autres. Pensez à Federer, héros de la patrie, versus Claude Vasella, PDG démissionnaire de Novartis.

Si l’initiative paraît bonne à la première lecture, il faut y voir pourtant une menace pour l’économie suisse. Quel chef d’entreprise décidera encore de s’implanter dans un pays où les salaires seront les plus contrôlés au monde? Le contre-projet, plus mesuré et plus rapidement applicable, permet lui de mieux lutter contre les salaires abusifs, en limitant le risque de fuite des grandes entreprises et des managers les plus qualifiés.

Le hasard veut que l’Union européenne réfléchit actuellement à limiter les bonus dans le secteur de la finance. Un appât du gain qui inciterait les traders à prendre des risques inconsidérés… et mener donc à l’actuelle crise financière. Mais pourquoi limiter les salaires dans ce seul secteur? Les dirigeants d’autres entreprises n’ont pas non plus à prendre de gros risques pour augmenter leurs bénéfices… De nombreux employés dépend aussi des leurs décisions! Si le texte est accepté par les députés européens, les employés de la finance, notamment de la City de Londres, pourraient être nombreux à rêver d’un emploi en Suisse. Une nouvelle (enfin) réjouissante pour nos banques. Mais faut-il encore que l’initiative Minder soit enterrée ce dimanche.

Electron 86