Le bureau national du Parti socialiste a exclu mardi à l’unanimité Jérôme Cahuzac, qui en était membre depuis 1977.

« Au regard de ses actes inacceptables pour un élu de la République et un membre du gouvernement, la détention de compte dissimulé à l’étranger pour frauder le fisc, et de ses mensonges au président de la République, à la représentation nationale et aux Français, Jérôme Cahuzac a porté gravement préjudice au Parti socialiste, et à ses principes », explique le PS dans un communiqué.

POSSIBLE EXCLUSION DU GRAND ORIENT ET DE L’ORDRE DES MÉDECINS

A la suite de ses aveux sur la possession d’un compte non déclaré en Suisse, le premier secrétaire du PS Harlem Désir avait déclaré le 3 avril que l’ancien ministre du budget s’était « exclu de fait du Parti socialiste ». Le cas Cahuzac devrait être largement abordée lors du prochain Conseil national du PS, samedi prochain à Paris.

Mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, Jérôme Cahuzac est également menacé d’exclusion du Grand orient de France, première obédience maçonnique de France, et de l’ordre des médecins.

81 % D’OPINIONS DÉFAVORABLES

Après ses aveux, M. Cahuzac avait hésité à revenir siéger à l’Assemblée nationale, où il est député de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, lui a alors fait savoir que c’était impossible : « Il faut qu’il entende que la loi lui permet de revenir mais qu’il y a le texte et le contexte ». L’idée d’un retour a également été très mal pris par plusieurs députés socialistes. Matthias Fekl, autre député du Lot-et-Garonne : « Il a commencé à prendre ses responsabilités en avouant, il doit continuer à les prendre en démissionnant de ses mandats publics. (…) C’est pour lui une manière de sortir par le haut de cette spirale dramatique qu’il a lui-même évoquée ».

Selon un sondage, diffusé mardi par Paris Match, la cote de popularité de Jérôme Cahuzac s’effondre en avril, avec 81 % des Français qui disent avoir une mauvaise opinion de lui, ce qui le place à la 50e et dernière place des personnalités politiques. Le rejet à son encontre « est massif quelles que soient les catégories de population« , relève l’IFOP. 12 % des personnes interrogées disent tout de même avoir une bonne opinion de lui.

D’après Le Monde