Le challenge de la BPI devient une double réalité puisque Ségolène Royale vient d’être nommée Vice Présidente de cette banque publique, sans aucune compétence économique, certes, mais après tout, il faut être coutumier du fait chez les politiques. Le challenge commercial commence maintenant, car c’est l’économie de la France, privée, qu’il convient de financer, mais pas n’importe comment. Car le drame de la Royale à la tête d’une telle entité est d’user de son influence politique pour financer des bras cassés. C’était déjà le cas avec Heuliez, une entreprise qui mérite de mourir depuis 2010, placée sous perfusion grâce à l’argent public. Ce carrossier familial des Deux-Sèvres a été placé en redressement judiciaire en 2010. Grâce aux fonds publics de la région Poitou-Charentes que préside Ségolène Royal, les usines tournent toujours… au ralenti. Un dossier hautement politique pour l’ex-compagne du chef de l’Etat. Heuliez, entreprise fétiche de Ségolène Royal? Rien ne prédisposait ce carrossier familial des Deux-Sèvres à devenir un enjeu politique majeur. Rien, sauf sa mise en redresement judiciaire en 2010 et sa situation géographique. Car l’entreprise est située dans la région Poitou-Charentes dont l’ancienne compagne du chef de l’Etat est présidente. Trois ans après, l’entreprise existe encore, c’est vrai. Et elle le doit sans doute en partie au fait d’avoir servi de vitrine aux ambitions de l’ex-candidate socialiste à la présidence de la République. La gestion du dossier Heuliez la qualifie-t-elle pour hériter de la vice-présidente de la BPI. Heuliez SAS et Mia Electric sont les deux entreprises issues de la déconfiture du groupe Heuliez. Alors que Mia produit au compte-gouttes des mini-véhicules électriques, Heuliez SAS, qui appartient au groupe BGI (Baelen Gaillard Industrie), a repris les activités historiques du carrossier de Cerizay, à savoir la production d’éléments de structure et de carrosserie pour le compte des constructeurs. La présidente de Poitou-Charentes a encore demandé à la mi-février de lui permettre de transformer un peu plus de 2,4 millions d’euros de créances d’Heuliez SAS vis-à-vis de la région en prise de capital social de la société. La région doit obtenir le feu vert du gouvernement pour cette prise de participation qui requiert un décret en Conseil d’Etat. De l’argent investi en pure perte? Beaucoup l’affirment. Les espoirs d’Heuliez (moins de 400 salariés) reposent actuellement sur un contrat de sous-traitance pour le compte d’une grande firme allemande – il s’agirait de Volkswagen, mais là encore, nous sommes dans le vague et la rumeur. Le challenge commercial est grand, car mettre des morts sous perfusion d’argent public est facile, ce sont les autres qui paient grâce à l’impôt, et pour le coût, financer les entreprises sans idéologie mais au mérite des potentiels économiques futurs relève d’un réel challenge commercial.