Alors que les chiffres du tourisme continuent leur superbe décente vers le néant, je suis une fois de plus choquée par la stratégie économique mise en place par ceux que l’on appelle dirigeants. Je ne reviendrai pas sur ce que je pense du tourisme à la Martinique. J’y ai déjà consacré assez de temps et de mots, simplement, je me demande toujours pourquoi nous continuons à mettre de l’argent dans ce cul de sac économique si ce n’est pour le traiter de façon radicalement différente.

Ce qui me révolte, c’est de voir tout ce que nous pourrions faire, tout ce que nous pourrions entreprendre! Mais non, nous préférons mettre de l’argent dans des slogans à peine français tel que « J’Martinque » (toujours choquant à lire quand on le voit hors contexte) et autre « bâtisseur de paradis » concernant lequel il n’y a qu’à se mettre 10mn dans la peau d’un touriste à Fort de France pour comprendre qu’il est juste mensonger (bien que poétique, je le reconnais). Plutôt que d’aider la jeunesse, les entreprises ou autres, plutôt que de trouver de nouvelles réponses économiques qui pourrait si ce n’est remplacer (au moins concurrencer ou purifier) les systèmes que sont la SARA et le port avec la GEMO et ainsi éviter les « prises d’otages » à répétition, nous, on préfère continuer à foncer… droit dans le mur.

Pourquoi être utile quand on peut soutenir une économie moribonde ? Tiens ça me fait penser à la chlordécone. Tant pis si à la fin on tue des gens, pour le moment, on continue ! Là c’est pareil ! Pourquoi sauverait on notre économie malade quand on peut la crucifier sur l’autel du tourisme ?

Enfin bref, tout ça pour dire que je ne comprend pas les choix qui sont fait. Je ne comprend pas que l’on puisse soutenir des projets à l’avenir bancal (cf la grande histoire du boodoom) et mettre des bâtons dans les jambes du jeune qui certes ne porte pas le grand nom d’une grande famille mais qui a tout au moins une réelle envie de s’en sortir. Je ne comprend pas non plus que nous n’allions pas voir ce qui se fait ailleurs pour pouvoir mieux faire chez nous. Je ne comprends pas que depuis tout ce temps nous ayons encore des combats aussi stupides a mener que : arrêter d’écraser les manikous et ramasser nos déchets sur les plages alors qu’ils ne sont ni plus ni moins que la base d’un avenir meilleur pour la Martinique.

On a de la banane, c’est la crise, elle est trop chère, les planteurs ne peuvent pas changer de domaine tout de suite… ok ! Mais pourquoi continuer à faire de la stupide banane qui coûte plus qu’elle ne rapporte quand on peut avec une simple distillerie la transformer produit manufacture donc plus cher comme le pisang ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Pisang_Ambon ) ou même encore en plastique écolo ( http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/1243433/2011/03/30/La-banane-la-cle-des-voitures-economes-en-carburant.dhtml ) bien sûr, je pars loin mais ce que je veux dire c’est que quand on prend la peine de chercher des solutions, de VRAIES solutions et non pas juste placer des bouts de scotch à droite et à gauche, la Martinique a de vraies possibilités de s’en sortir.

La banane est un exemple, mais un exemple applicable sur tant de secteurs ! Notre île est pleine de ressources, pleine de vie ! Elle regorge de possibilités mais malheureusement males exploitées à cause d’un « laisser faire » et d’une gestion qui ressemble plus à du lustrage et autres promotions canapé qu’à un réel plan d’avenir. Personnellement, je crois, je sais que nous pouvons nous en sortir, qu’il y a un avenir sous tout ce gaspillage. Qu’il y a une économie florissante sous toute cette gangrène touristique et autres. Il est grand temps de commencer à négocier un virage pour grandir, pour évoluer. Nous l’avons vu ici ces dernières semaines, ont naquit sur notre île de grands Hommes et de fabuleuse idées. Aucunes ne se basaient sur le tourisme… Pourquoi ? Parce que si la Martinique veut être fière d’elle, il ne faut pas qu’elle compte sur l’extérieur mais sur elle même. Le chemin sera peut être plus dur c’est vrai, mais le jeu n’en vaut il pas la chandelle ?

Mais ceci n’est que mon humble avis.

Ellie.