qatarDifficile de ne pas évoquer les investissements du Qatar lorsque l’on fait état des derniers résultats sportifs en France. L’émirat du Moyen-Orient, par le biais de son fond d’investissement QSI, a racheté coup sur coup le PSG et le Paris Handball, avant de faire venir dernièrement David Beckham dans la capitale. Alors que plusieurs craintes sont exprimées concernant cette nouvelle force monétaire dans le sport hexagonal, la lumière a besoin d’être faite sur les raisons de ces investissements et les véritables ambitions qataris.

Irrémédiablement, le Qatar est associé au PSG ces derniers temps. Le fond d’investissement qatari QSI (Qatar Sport Investments), qui est devenu actionnaire à 100 % du club de football de la capitale en mars 2012 avant de racheter le Paris Handball trois mois plus tard, n’est évidemment pas étranger aux derniers bons résultats des deux clubs parisiens. Côté football, les arrivées de Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva ou encore de David Beckham ont propulsé le PSG dans une autre dimension, et leurs « auras » sur le terrain permettent à la formation francilienne d’être actuellement leader du championnat de France. Le Paris Handball, désormais appelé PSG Handball depuis son rachat par QSI, n’est pas en reste, car Mikkel Hansen, considéré comme le meilleur joueur du monde de la discipline, a posé ses valises dans la capitale en début de saison. Malgré toute cette effervescence autour des derniers résultats des clubs parisiens, les Français se demandent encore pourquoi le Qatar a décidé d’injecter tant de millions dans PSG. Pour Pim Verschurren, chercheur à l’institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), la réponse est toute trouvée : le Qatar veut faire du PSG une marque à l’international. « Le Qatar veut avant tout vendre un modèle économique. Paris est une ville attractive à l’étranger, et le fait qu’il y ait une Tour Eiffel sur le logo des deux clubs va permettre au Qatar de présenter le PSG comme un symbole de réussite dans l’une des plus grandes villes du Monde » explique ainsi le spécialiste sur les questions liées à l’impact du sport dans les relations internationales.

Un investissement contrôlé …

Le Qatar ambitionne donc de se « servir » du PSG comme vitrine de sa réussite économique et sportive à l’international. L’acquisition de la majorité des droits télévisuels relatifs à la Ligue 1 n’est donc tout sauf une surprise, dans le sens où le Qatar veut se servir de la télévision, grâce à sa filiale d’Al Jazerra, BeIN Sport, pour retransmettre dans le monde entier les dernières prouesses des stars du PSG. Sur le plan économique, le projet paraît sans faille. Mais il ne faudrait pas non plus croire que QSI va dépenser sans compter dans les prochaines années. « Les qataris ont mieux à faire que de jeter l’argent par les fenêtres. Chaque investissement est murement réfléchi en amont, et rien n’est laissé de côté » analyse ainsi Pim Verschurren, avant d’avancer l’idée selon laquelle la France n’a pas été choisie au hasard. « Il faut bien comprendre que le championnat français est sous-côté par rapport à ses homologues européens italiens ou anglais. Ainsi, il est bien plus facile d’être actionnaire majoritaire dans un club français qu’à l’étranger. QSI n’aurait jamais pu racheter Manchester United par exemple ».

… et salvateur ?

La stratégie du Qatar concernant son investissement dans le sport français semble donc lisse et cohérente. Pourtant, certaines craintes ont été émises ces derniers jours concernant les fonds qataris. Selon Pim Verschurren, ces investissements représentent une opportunité sans précédent pour le championnat de France de football, dans la mesure où le Qatar pourrait être le premier investisseur d’une longue série. « Auparavant, on avait des investisseurs russes et américains. Maintenant, ils proviennent du Qatar. En surcôtant notre championnat et en accroissant son prestige, QSI va provoquer un effet de levier, qui pourrait attirer d’autres investisseurs étrangers. C’est donc pleinement bénéfique pour la France » glisse le chercheur de l’IRIS en guise de conclusion.

                                                                                                                                                                              Bastien Rambert

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