– LE DÉSERT 2013

 

Nous sommes à 3500 km des CHARTREUSES,  je me laisse bercer par le temps qui passe et par l’ambiance du présent. Pas beaucoup de courage pour écrire aussi je vous repasse un de mes récits, sur le Sahara  où nous faisons étape, car il reste toujours autant d’actualité.

 Chaque fois que j’approche du désert j’ai un sentiment de plénitude et de mélancolie. Plénitude car je suis parvenu à ce que je cherchais, mélancolie de cette vie austère et il me faudra bien revenir de cette ambiance bien particulière ou je reste néanmoins bien étranger. C’est là, comme tant d’autres, dans cette ambiance ou ce vide bien particulier  que j’ai envie de partager mon bonheur présent en vous écrivant ces quelques mots, mon verbe me semble bien pauvre pour décrire ce que je ressens.

 LE DÉSERT  –  le dernier territoire de  liberté ? Ou  Don Quichotte   au pays du néant ?

 LE GRAND SUD ou SAHARA OCCIDENTAL annexé après le départ des espagnols en 1975 représente 55% de la surface du Maroc. Il fait partie intégrante du Sahara, le plus vaste désert du monde qui coure de l’océan atlantique à la mer rouge.

Cette partie marocaine possède moins d’un million d’habitants contre 30 millions pour le reste du territoire marocain.

Depuis toujours, les déserts, en particulier le Sahara, ont attiré les occidentaux, certains pour le découvrir, d’autres aussi pour s’y retrouver face à eux-mêmes, dans une quête philosophique. Chacun avec ses idées, là où l’un voit aridité l’autre y voit le charme sauvage du désert, là où l’autre voit une mare d’eau polluée le suivant voit la vie.

 A partir d’ici le temps et la distance n’ont plus de mesure. On part d’un lieu et on arrive d’un autre. De l’intervalle parcouru il n’y a que le vide ou l’incident éventuel.

Tout au plus parle-t-on  en saisons, en jours de marche ou de direction.

  Il est remarquable  de penser  que le désert soit un terrain de liberté ou la liberté tout court, alors qu’il n’est qu’un immense cimetière ou repose tant de vies inconnues où l’on meurt dans le silence et l’indifférence la plus totale, mais c’est aussi la pureté et le silence qui vous dépouille, et vous réduit en un grain de poussière  dans l’immensité d’un océan de sable et de pierres. Il vous rend à vous-même, c’est-à-dire à rien, sans mémoire, vous enjoint à l’oubli de votre passé qui devient ici médiocre et vous régénère en un homme autre. On s’étonne de l’importance que l’on a attaché aux menues contrariétés de la vie passée.

C’est le règne du silence absolu, définitif, la beauté mystérieuse de l’inconnu ou du rêve.

Dans le vrai désert il n’y a pas d’oasis car pas d’eau. Les oasis sont dans les contes des mille et une nuits ou aux pieds des montagnes  ou l’eau de pluie peut s’accumuler mais rarement dans le désert .

Il n’y a pas de douceur sous ce climat, un froid glacial vous surprend subitement  dès le coucher du soleil et la grande chaleur insupportable revient sitôt le soleil levé.

Je suis dans ce désert comme un humble et je me laisse aller à la sensation présente, je laisse errer ma pensée sur ce vaste monde désertique et recueillir les présences invisibles. Pas un détail mouvant ne m’échappe, l’œil est automatiquement happé par l’inconnu mobile. Le scarabée charriant la crotte de chèvre à quelques mètres n’est point invisible, le dromadaire avec son rythme lent est repéré à plusieurs km car il est une infime tache noire qui se déplace sur un océan doré ou gris.

Cette immensité abrite les  fantômes des plus illustres aux plus humbles.

Au cours d’une halte, je suis adossé à l’ombre d’un rocher et somnole de ce sommeil léger que le moindre bruit fait envoler, je me croyais si parfaitement seul, que j’éprouvai une étrange impression en apercevant près de moi, derrière le monticule de terre  d’une vieille caserne en ruine, une  ombre fantomatique,  deux grands  yeux  translucides fixés  sur les miens, un visage osseux et sévère mangé par une barbe rugueuse poivre et sel, le nez crochu comme un bec d’aigle. Je lui fis un signe de la main, me dédaignant le bédouin détourna la tête et s’en fût clopin clopan,  avec ses quelques chèvres, sans un signe amical. D’où vient-il où va-t-il ?  Encore un hidalgo fier devant l’humble salut ?, ou plus surement il déteste l’étranger voyeur qui pollue son regard et son désert.

ruines d'une caserne abandonnée au désert entre SMARA et TAN TAN

ruines d’une caserne abandonnée au désert entre SMARA et TAN TAN

Balayée par le vent et les rares pluies la caserne retourne au désert

Balayée par le vent et les rares pluies la caserne retourne au désert

caserne abandonnée entre Smara et Tan-Tan

caserne abandonnée entre Smara et Tan-Tan

Lit d'officier dans les cases rondes ?

Lit d’officier dans les cases rondes ?

L’homme du désert ou autrement dit le bédouin est un homme austère, âpre comme sa vie. Il arpente cet immense territoire comme nous arpentons notre jardin. Rien de ce qui touche ce désert  ne lui est inconnu.

 Ses enfants n’ont rien de commun avec nos enfants, ils sont absents des préoccupations enfantines de nos cité et ont déjà leur tâche dès leur jeune vie.

Sa ou ses femmes ont une vie humble et toutes préoccupées du confort du mari,  maître et seigneur. Il n’y a qu’ avec l’âge qu’ elles prennent un tant soit peu de l’importance, elles deviennent maîtresses des brus.P1000271P1010144

vers l’arrière ou vers l’avant du Ccar  du sable à perte de vue

devant le ccar toujours du sable à perte de vue

quand l'erg devient un reg les mirages apparaissent et se déplacent au fur et à mesure de notre avance

quand l’erg devient un reg les mirages apparaissent et se déplacent au fur et à mesure de notre avanc

vers la gauche ou vers la droite cela donne ceci

vers la gauche ou vers la droite cela donne ceci

SMARA

SMARA dans la fraîcheur du petit matin

ES SMARA balayée par une brume de sable, ville garnison comme perdue dans le desert

ES SMARA balayée par une brume de sable, ville garnison comme perdue dans le

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SMARA sous un ciel de cendre

SMARA sous un ciel de cendre ou blanc et brûlant comme un fer au feu

Il m’en faut un jour revenir et de plus en plus  le tumulte de notre  monde m’effraie, titres alarmants, grèves, manifestations, désordres publics, crimes, discours menteurs, hausses de prix, je déteste l’agitation politique menteuse, on marche éclaboussé par les affaires, sur les nouvelles technologies, comme internet où l’on crache sa haine sans mesure au prochain car on est à l’abri du regard.

On condamne d’autres hommes rien que pour leurs idées, leur foi, d’être  différent des autres, de ne pas partager ses propres idées. L’homme est en perdition, il vit dans une Babel tumultueuse. Toute humanité sur ce monde a disparu. Au feu ! Au feu !  Marche ou crève

 

SAMEDI 23 Février 2013

Nous ne nous éloignerons guère plus  loin car, de tout temps,  tout le Sahara, de l’océan atlantique à la mer rouge a été et est toujours  en situation instable. Actes de brigandages, enlèvements, la loi du plus fort est prédominante,  les tribus les plus fortes malmènent les autres. La position de la France au Mali est du pain béni pour  tous ces groupuscules qui se découvrent  un idéal et les fédèrent   au nom d’une défense identitaire qu’ils n’ont jamais possédés.  

Proverbes de ces peuplades  touaregs du Sahara.

« – Embrasse la main que tu ne peux couper. »

  »-L’arbre a dit à la hache : Tu me fais mal. Elle lui a répondu : C’est toi qui m’as offert le manche. » 

Cette zone est indomptable car incontrôlable physiquement, c’est une zone de non droit.

Le Sahara occidental, protégé par un double mur miné sur plus  de 2700 km qui le sépare du Sahara algérien et mauritanien, est sous contrôle Marocain et plus sécurisé.

C’est le pays des SAHRAOUIS (peuplade de plusieurs dizaines ou centaines de tribus dans tout le Sahara) nom donné par les espagnols semble t-il.

  Fini le nomadisme, ce qui pose beaucoup de problèmes à ces peuples errants qui se déplaçaient au gré des rares pâturages du nord au sud et de l’est à l’ouest sur des milliers de km. Au Maroc ils sont aujourd’hui semi-sédentaires ou vivent au crochet des installations militaires de l’état marocain. 

mur sahara

Ce mur, gardé par 100 000 soldats marocains, laisse 20% du Sahara oc. du coté oriental et sans contrôle marocain, il est occupé par seulement quelques milliers de sarahouis et la plupart concentrés à TINDOUF 

info wiki

Ce mur marocain, également appelé mur des sables, mur de défense, mur de sécurité (par les Marocains), ou mur de la honte(par ses opposants), est une barrière de séparation érigée au Sahara occidental par le Maroc à partir d’août 1980 et achevé en 1987. Il doit servir à affirmer la souveraineté marocaine sur l’ancienne colonie du «Sahara espagnol», en opposition aux revendications d’indépendance portées par le Front Polisario. La communauté internationale ne reconnaît pas la légalité de cette annexion. (mais ne reconnait pas non plus le peuple sarahouis)

-Les Sahraouis revendiquent la souveraineté de cette zone et  ne s’intègrent pas au peuple marocain, ils restent farouchement hostiles au Maroc. Pas de mariages, pas de liens et une attitude au mieux neutre vis à vis de ceux qu’ils prennent pour des occupants. Peuple pastoral qui vivait de l’élevage des dromadaires il est maintenant  déboussolé car aujourd’hui rares sont les grands troupeaux de dromadaires.

troupeau de dromadaires prés de TARFAYA

troupeau de dromadaires prés de TARFAYA

 Jusque dans les année 70, les Sahraouis étaient nomades et l’élevage de dromadaires tenait une place centrale dans leur économie et modes de vie (« nomadisme chamelier »). Vers 1950, la tribu Reguibat possédaient plus de 40 000 dromadaires avec environ 10 bêtes par famille. Les nomades se nourrissaient essentiellement de lait et de viande. Leurs migrations suivaient la pluie d’où leur surnom de « fils des nuages »

Aujourd’hui une entité armée sahraoui appelé POLISARIO soutenue par l’Algérie vit de l’autre coté du mur et est concentrée à TINDOUF  à 250 km à l’EST de TAN TAN.  Ce camp à une sinistre réputation.

L’ONU chargée de dénouer la crise et de trouver un compromis est présente ici depuis plus de 20 ans sans le moindre résultat. Elle parade dans de magnifiques 4×4 de Tan Tan à Dakhla, son personnel occupe les grands hôtels de Laayoune.P1030165

 

TAN TAN

TAN TAN

Les 2 dromadaires à l’entrée de TAN TAN

 P1010162TAN TAN dans une large vallée 

Nous sommes de retour à EL AOUTIA ou encore appelé TAN TAN PLAGE et installés au camping –auberge – bungalows SABLE D’OR face à la mer.

EL AOUTIA vue de la mer à marée basse

EL AOUTIA vue de la mer à marée basse

cueillette des fruits de mer à marée basse

cueillette des fruits de mer à marée basse

P1050942P1050943La petite cité vit du grand port de pêche et a du mal à s’étendre. Une grande étendue avec des routes tracées demeure depuis plusieurs années sans construction. Une petite place commerciale avec de petits restaurants, des étals de bouchers, et une multitude de boutiques de quelques m2 où l’on vend de tout.

menu d'un restaurant de la place

Menu d’un restaurant de la place demain nous tenterons une « tête vaporisé »?

la place commerciale

la place commerciale

la place

la place

au port

au port

P1000766P1000746P1000770et aussi un bidonville entre port et la cité

Une petite animation  le samedi  jour du souk  hebdo grâce à la centaine de Ccaristes pêcheurs qui y viennent du sud s’approvisionner en légumes, viandes et eau potable puis repartent vers leurs lieux de pêche.

Entrée SABLE D'OR

Entrée SABLE D’OR

LE CAMPING AUTOUR DES BUNGALOWS

LE CAMPING autour des bungalows commence à saturer du 15/1 au 15/é

À partir de SIDI IFNI  et dans tout le Sahara marocain il n’y a plus que des campings plus proches du far-west ou wild west que d’un camping 0 étoile européen, cela n’a plus rien à voir avec les campings structurés entre ESSAOUIRA et AGADIR qui ressemblent en hiver à autant de camps de concentration du 3ième âge avec ou sans béquilles.

La côte est le rendez-vous des Ccaristes ivres d’espace, 90% de camping sauvage, parfois de baroudeurs avec des Ccars fabrication maison, ils sont installés et répartis là sur plusieurs centaines de km, de SIDI IFNI à DAKHLA à la frontière mauritanienne soit 900 km. Souvent près des pêcheurs de falaises ou en petits groupes de Ccars dans des lagunes ou baies.

Nous y avons rencontré ERIC 85 ans de ST jean Pla de Corts qui est seul dans son Ccar et ne fait que du camping sauvage. Une bible parlante à lui tout seul, un vrai plaisir à écouter, personnage bien sympathique.

Camping car blindé

camping car de retraités baroudeurs avec défenses et radar à l'avant puis grue à l'arriere et plaques blindées tout autour

camping car de retraités baroudeurs avec défenses et radar à l’avant puis grue à l’ arrière et plaques blindées tout autour

oui oui c'est le même mais de l'autre coté, 2 dobermans avec foulards surveillent l'engin

oui oui c’est le même mais de l’autre coté, 2 dobermans avec foulards surveillent l’engin

Beaucoup sont aussi là pour « rentabiliser »  le Ccar comme me dit mon voisin.

Au menu ce soir un homard de 4,450 kg,   on cherche la bonne casserole car la bête mesure 85 cm de long, 75 cm de large, 49 cm de tour de poitrine

et voici la bête

 oups elle passe po sur internet elle est trop grosse

 

 hip hip hourra el est là, cé l’heure du casse croûte à chaqu’un sa partP1050969P1050956

 Ma mie à la pêche

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P1050961 P1050964table pas assez large

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