Il y a une polémique sur le départ de Gérard Depardieu.

Nous avons ceux qui le défendent comme le Parisien Libéral ou 100 000V, ou ceux qui le critique comme ici.

Je ne souhaite pas défendre Gérard Depardieu, ni l’enfoncer.

C’est un acteur qui a fait de très bons films comme de très mauvais.

Par ailleurs, il a eu aussi des réactions contestables (comme la fois où il a pissé dans l’avion).

Mais je souhaite apporter un éclairage différent, dépassant le problème (ou non problème) de Gérard Depardieu. Car en France, il y a un vrai problème avec les impôts.

Déjà, il est un principe immuable. Tout le monde paye des impôts.

Payer des impôts, c’est participer à la vie à la collectivité.

Grâce aux impôts, on paye l’école, la police, la sécurité sociale ainsi que les infrastructures (Route, Stade, voies ferrés, université…).

En théorie (car dans la pratique, là aussi il y a des choses à dire), tout le monde profite des infrastructures et des services publics.

Le cas de Johnny Halliday, qui s’exile en Suisse pour payer moins d’impôts, mais qui veut bien revenir si Nicolas Sarkozy est élu, est condamnable (c’était en 2007).

Il est normal qu’il paye des impôts. N’a-t-il pas profité du Stade de France pour ses concerts ?

Mais il y a aussi un autre point important : chacun paye des impôts à hauteur de ses moyens.

Il n’est pas normal qu’une personne paye 20% de ses revenus en impôts alors qu’une autre personne paye 75% de ses revenus en impôts.

Le bouclier fiscale de Sarkozy, qui en plus de coûter de l’argent aux finances de l’état est injuste. Car il a été pensé pour aider les riches à payer moins d’impôts.

D’ailleurs, François Hollande en a fait un nouveau.

Mais la tranche d’imposition à 75% est également une injustice. C’est une injustice dans l’autre sens.

Avec Nicolas Sarkozy, on avait un président qui volait aux pauvres pour donner aux riches.

Avec François Hollande, on a un président qui compte voler aux riches pour donner aux pauvres.

Le système d’imposition à 75% montre du doigt une catégorie de la population (les riches), comme le faisait Nicolas Sarkozy avec les chômeurs, les immigrés ou les roumains.

Le seul principe devrait être chacun paye des impôts à hauteur de ses moyens.

Pour moi, seul le revenu est imposable (même si pour des raisons très particulières je suis pour une taxe sur les logements vides).

Cela veut dire que si R est le total des revenus, I le total des impôts payés, on a une loi de proportionnalité entre R et I.

I = C.R C est une constante inférieur à 1/3.

Pour ma part, on peut imaginer le système suivant (déjà décrit) :

1/3 des revenus sont mobilisables par les impôts. Sur ce tiers, 25% sont mobilisable par la commune où l’on habite, 25% sont mobilisable par la région où l’on habite ; 25% par le pays où l’on habite et 25% par l’Europe.

Il est a noté que dans ma vision, le département est supprimé (c’est un échelon de trop) et qu’il y a un impôt européen car si l’Europe n’a pas un impôt qui lui est propre, elle dépendra du bon vouloir des uns ou des autres, et ne pourra pas imposer sa  politique.

Ensuite, la commune ou l’échelon considéré fixe ses taux, sur les entreprises ou les ménages.

On peut imaginer une ville prendre 25% de ce qui lui est réservé sur les ménages et 30% de ce qui lui est réservé sur les entreprises.

On a donc une concurrence entre les territoires, et chaque territoire a une autonomie fiscale (qui a disparu avec l’arrivée de la CET).

Pourquoi n’a-t-on pas un système d’impôt comme ça.
La raison est que l’école de pensée physiocrate a imposé en 1789 sa vision de l’impôt.

Selon la pensée physiocrate, il est inconcevable de payer des impôts sur ses revenus. On paye donc des impôts sur ses biens.

Si on a un champ, on paye des impôts parce que l’on possède un champ avec lequel on va s’enrichir.

Le problème est que si on a de la grêle et qu’il n’y a pas de récoltes, on paye quand même des impôts.

Sur la base de l’idéologie physiocrate, on a donc inventé 4 impôts : la taxe d’habitation, la taxe foncière sur le bâtit, la taxe foncière sur le non-bâtit et la patente (qui deviendra la taxe professionnelle). D’ailleurs, ces impôts seront passés aux communes.

En plus des impôts locaux, on a comme impôts physiocrates la redevance télévision, les charges patronales et l’ISF.

Ce système d’impôt est injuste car il est fixé sur les biens possédés et non sur la capacité de payer le dit-impôts.

On arrive à des situations vraiment débiles.

On peut regarder la télévision sur son PC et ne pas payer de redevance télévision car on ne possède pas de télévision.

Par ailleurs, on a échappé à une redevance télé sur les écrans d’ordinateur (un nouvel impôt physiocrate). Concrètement, on aurait pu avoir un écran d’ordinateur, ne pas avoir de télévision, donc du coup ne jamais la regarder, et payer quand même une redevance télé.

Ces cas prêtent à sourire (je paye 125€ par an de redevance télé).

Mais d’autre le sont beaucoup moins.

Par exemple, on peut se retrouver à payer l’ISF car on habite l’île de Ré, sans avoir pour autant les revenus correspondants.

Je m’arrêterai également sur un autre impôt physiocrate : la taxe d’habitation.

Déjà parce qu’elle va contre une idée qui fait son chemin : le droit au logement.

Mais aussi parce que si je multiplie mon salaire par 10, la taxe d’habitation n’est pas multipliée par 10.
Et comme elle dépend de bases fixées, on crée une inégalité territoriale entre Malakoff et Neuilly.

Enfin, il est aussi à rappeler que les impôts physiocrates sont inefficaces économiquement.
L’état peut dépenser énormément d’argent dans l’économie (que ce soit justifié ou pas) et ne pas recevoir le retour sur investissement. C’est d’ailleurs pour ça que les 4 vielles ont été passées aux communes.

Il est aussi à rappeler qu’un impôt physiocrate fait un dégât considérable : les charges patronales.

Pour un employé qui gagne 2000€, on paye 2000€ de charges patronales.

Et c’est indépendant de la taille de l’entreprise, c’est comme ça que l’on soit une TPE, une PME ou une multinationale comme Google.

Il est à rappeler que cet impôt décourage les entreprises d’embaucher, surtout les TPE et PME.

Or, c’est dans les TPE et PME que sont les emplois, surtout pour les catégories qui en sont le plus éloignés.

Par cet impôt physiocrate imbécile, on pousse les catégories fragilisées en dehors de l’emploi.

Mais la vision physiocrate des impôts n’est pas le seul poison sur la vision des impôts.

Il y a aussi la vision des républicains (le parti américain).

Comme l’explique le blog du centrisme, si quelqu’un est riche, c’est qu’il le mérite. Il a le droit de jouir de ce qu’il a gagné, et l’état n’a pas à lui prendre de l’argent. Du coup, on baisse les impôts du riche car c’est lui qui fera repartir l’économie. Le bouclier fiscal de Sarkozy est va dans ce sens.

Dans la pratique, c’est les plus pauvres, et surtout la classe moyenne, qui payent pour les plus aisés.

En tout cas, on est loin d’une réforme sérieuse, efficace et juste de l’impôt.

On est gangréné par la vision républicaine et physiocrate des impôts, avec les âneries de François Hollande.