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On peut reconnaître à Goldmann Sachs le mérite de bien protéger les intérêts de ses clients et des représentants les plus aisés de la classe sociale à laquelle ils appartiennent… Cependant, on ne saurait que s’interroger sur l’attitude de lâcheté des pouvoirs publics à propos de certains agissements amoraux. Ainsi, quand Goldmann Sachs fait la morale à Cameron qui projette (comme cela est criminel, effectivement !)  de lutter plus sévèrement contre l’évasion fiscale.

 « Le Premier ministre britannique – dont le gouvernement a lancé la chasse aux multinationales comme Starbucks, Google ou Amazon, soupçonnées de tout faire pour payer le moins d’impôts possible, après une vive polémique dans le pays – a fustigé ceux qui s’installent dans un pays et payent leurs impôts dans un autre, grâce une armada d’avocats, de comptables et de gourous financiers. » (source)

 Réponse de Goldmann Sachs : « Allez-vous jeter l’opprobre sur des gens car ils vendront en mai la maison qu’ils auraient vendu en janvier car ils peuvent en tirer un bénéfice, vu que le prix de vente est plus élevé?, a demandé M. Blankfein sur la radio BBC 4 ». Il y a me semble-t-il une petite différence qui tient à la nature de la transaction : celui qui vend sa maison ne lèse personne. Par contre les dividendes colossaux versés aux actionnaires le sont au détriment le plus net de la collectivité et des salariés, dont les emplois sont de plus en plus souvent menacés au nom de la sacro-sainte rentabilité économique.  Sous l’angle qui plus est d’ une vision économique à court terme qui détruit le sens de l’intérêt collectif et du développement durable. Les salariés devraient-ils donc être les sempiternels dindons de la farce libérale,  pour le seul profit  et la cupidité de quelques uns ? Comme nous aimerions que le gouvernement français soit lui-aussi solidaire de l’intention de Cameron et se joigne à ses efforts pour qu’ils se traduisent en actes, à l’occasion du prochain G8 !

En France, au Front de Gauche, nous sommes bien entendus solidaires avec Jean-Luc Mélenchon et de son noble combat pour cette cause là, qui est la nôtre, mais dont nous doutons de plus en plus fortement qu’elle soit vôtre, amis aveuglément acquis à la cause batave,   comme on a pu le constater à l’occasion du dossier de Florange. Qui a bien voulu dénoncer  l’accommodement bien facile de nos dirigeants avec l’accord hypocrite de Mr Mittal, dont on sait déjà qu’il ne le respectera pas ?  Même le Dom Quichotte de l’anti-modialisme qu’est  Mr Montebourg s’est ingénié à nous démontrer encore hier soir que son revirement de position et le fait qu’il ait mis tant d’eau dans son vin  étaient louables… Qu’ils étaient  la seule manière possible d’agir positivement, alors qu’il avait réclamé de manière si tonitruante la nationalisation ! Nous ne pensons pas que la suppression de 8200 emplois, qu’elle soit le fait d’un gel des embauches, un non remplacement des départs en retraites, et des départs volontaires,  plutôt qu’une suppression sèche de postes, à Renault, soit un succès. Mr Montebourg, dans cette histoire a une position de Tartuffe et je remercie Mr Lenglet que je n’aime pas de l’ avoir obligé à assumer ses contradictions.

 Car j’en veux énormément au gouvernement actuel, en France, dont on me dit qu’il est de gauche, de ne pas savoir constituer de garde-fous réels et concrets face à ce genre de comportements indécents, dont un certain candidat nous avait pourtant garanti qu’il  lutterait contre. Non, Mr Cambadélis, vous ne trouverez jamais grâce à  nos yeux, tant que vous n’aurez pas mis un terme et un frein efficace à ce phénomène de destruction des  richesses communes qui est en train d’être accaparée par quelques uns à leur seul avantage, au détriment de la collectivité toute entière. Tant que vous ne vous érigerez pas en rempart contre la logique Godlmann Sachs pour protéger les plus fragiles d’entres nous, comme apr exemple au travers de l’accord emploi si défavorable à nos yeux.  Les destructions d’emplois de plus en plus nombreuses auxquelles nous assistons aujourd’hui alors que les entreprises qui licencient se portent très bien sont là pour (tragiquement) confirmer notre point de vue.  Et ce point là, le plus central, me semble balayer tous les autres quant on ne perd jamais de vue l’intérêt des gens pour lesquels nous nous battons, plutôt que ceux des seuls financiers, qui ont pourtant fait la preuve de leur incurie. Et dont on a la nette impression que vous les ménagez un peu trop à notre goût.  La seule mesure que nous demandons, qui nous rendrait probablement pour beaucoup plus indulgents envers vous, c’est une loi contre les licenciements boursiers. Car c’est de plus une hypothèse que vous souteniez avant d’être au gouvernement alors qu’elle nous fait qualifier aujourd’hui assez anachroniquement de terroristes et d’archaïques. Soyons, ensemble, logiques et cohérents, au nom du retour à la nécessaire équité qui doit dominer l’action publique. Et jusqu’à présent, le sentiment d’injustice, sous votre impulsion ne fait que grandir de plus en plus dangereusement, au risque de la rupture vers un point de non-retour que nous n’appelons franchement pas de nos vœux, tant personne ne serait en mesure de le maîtriser. Car comme le disait Mélenchon lundi soir à Metz, à propos de la critique de certains socialistes qui nous reprochent de miser sur l’échec de Hollande et de son gouvernement, « accuse-t-on le pompier de tirer sa fonction du feu » ?