Dans la pleine savane,
sous la coupe des ombres
d’un acacia profane,
s’étire une trompe
longue de deux mètres
estimés à distance
par un hippopotame maitre
des serments d’allégeance.
Quand vint rencontre fortuite
de ces masses de bravoure
l’union n’en fut que subite
et l’amitié prit un cours.
Dans les sentiers de chasse,
où prenaient cachettes
et notice de menace
les hyènes en goguette,
déambulaient riants
les jumeaux de corpulence
et les pas bruyants
de leur confidence.
L’éléphant fidèle des os
fit défaut des mois inquiets
à sa troupe d’égaux
des oreilles et du nez;
tandis que jusque là l’hippopotame
exception à sa race
n’avait eu d’attache-ame
qu’intérêts fugaces.
A la fin de l’hiver,
rudesse en clôture,
l’hippopotame compère
malgré sa carrure,
maladroite mais douce
aux yeux du compagnon,
se défila en douce
vers de nouveaux horizons.
L’été revenu, l’éléphant
abandonné de ses pères,
comme prince déchu de son sang,
trainait sa croute solitaire,
quand il vit au loin
les hyènes ennemies,
qu’il moquait si bien
au flanc de son ami,
déambuler riants
jumeaux de fourberie
aux cotés de l’hippopotame bruyant
de tant d’hypocrisie.

On retiendra de ces mots
la simple vérité
que le temps balaye de ta porte
ceux que le faible vent au loin emporte.