Éditeur : Éditions Lokomodo  Prix TTC : 8.00 euros
Couverte : Bastien Lecouffe-Deharme

Un clochard recueille une créature du Petit Peuple brûlée au fer de la société de consommation… Un journaliste tente de pénétrer les arcanes d’une société secrète qui entend le rester… Une jeune fille cherche à fuir avec son petit frère les murs d’une cité faite d’adultes et de guerre… Un tueur à gages tombe sur une cible qui changera sa vie… Dix-sept contes mêlant fantastique, fantasy et horreur, dix-sept textes de rupture et de transgression par Franck Ferric, auteur de nombreuses nouvelles et d’un roman, et dont les influences incluent tout autant H.P Lovecraft que Bukowski ou Léa Silhol.J’avais déjà lu son premier roman La loi du désert après l’avoir dégotté au hasard d’une déambulation dans la boutique Ciel Rouge à Dijon (par la suite, j’en avais d’ailleurs réalisé une courte chronique littéraire pour Freaks Corp. N°2.) Cette découverte fut une sacrée bonne surprise qui m’a donné envie de mieux connaître l’auteur (d’ailleurs très sympathique, je l’ai rencontré sur un stand lors du festival de Bagneux : Zone Franche 2011, en compagnie de certains joyeux drilles de la Freaks Corporation.)Marches Nocturnes est une réédition de textes publiés dans de nombreuses revues (souvent de renom) et d’anthologies fantastiques, le tout agrémentée de nouvelles inédites. Ce livre que je me suis empressé d’acheter m’a ainsi donné l’occasion de voir le parcours littéraire du bonhomme et de constater  son réel talent. Si vous voulez mon humble avis il n’y a rien à jeter, que du bon !

Cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas plongé avec autant de plaisir dans un univers  crépusculaire aussi original et vivant. On est d’abord frappé par la variété des genres : fantastique (Nain rouge, La synarchie des rouquins), fantasy urbaine poétique (Fée d’hiver/La dernière rame), anticipation post-apocalyptique (La part des cendres, No man’s land, Wild Jim) et même l’horreur (Mortes maisons/ Intraspection), le tout servi avec brio et humour par une plume de qualité.

Franck Ferric passe d’un univers à l’autre avec une aisance déconcertante. Pourtant, le recueil a une certaine cohérence, une unité profonde qui repose sur des thématiques obsessionnelles et une  (auto-)dérision toutes bukowskiennes*, ajoutant ainsi une dimension supplémentaire à cet excellent ouvrage édité par les éditions Lokomodo. Je l’ai littéralement dévoré d’un bout à l’autre en une nuit (et je sais de sources sûres que je ne suis pas le seul dans ce cas-là : toujours mes complices de la F.C, pas vrai les gars !). Je le conseille donc sans hésiter à tous sans aucune retenue ! Pour le commander cliquer ici

Étant fan de gore et d’épouvante, mon plébiscite va à la magnifique nouvelle Intraspection, véritable régal de cruauté, d’humour noir, de cynisme et de sauvagerie. On découvre, avec jubilation et joies malsaines, les manies inquiétantes d’une petite fille internée qui se livre à de drôles d’expérimentations sur ses poupées. Le final sanglant  à souhait, mettra tout le monde d’accord sur la qualité de l’écriture de Franck Ferric.

* Note : Pour tous ceux qui n’aurait de l’écrivain américain Charles Bukowski que cette pathétique image laissée par une célèbre émission qu’on nous ressort à chaque réveillon, je vous conseille de vous jeter sur sa bibliographie (en commençant par ses nouvelles et de mater le documentaire Bukowski consacré à la vie de ce poète rabelaisien. Avis aux inconditionnels de Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg)