Germain BONNEL

 

En classe de 1°E.S.1 au lycée Dominique Villars

 

 

Maximilien Dykkedelver

 

 

 

Prix Maupassant de la jeune nouvelle

 

___

 

Mars 2009

 

 

 

 

Écriture réalisée à la maison

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« dumque bibit, visae correptus imagine formae
spem sine corpore amat, corpus putat esse, quod umbra est.
adstupet ipse sibi vultuque inmotus eodem
haeret, ut e Pario formatum marmore signum; »

Ovid.

Metamorphosen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maximilien venait de fêter ses seize ans le 25 février dernier. Son père lui avait offert une montre achetée d’occasion chez l’horloger de la rue Saint Étienne. Depuis toujours, il habitait avec ses parents du côté de Lille dans une modeste maison de style flamand. Son père, docteur en droit n’était que clerc de notaire, ce qui le plaçait avec sa famille, au niveau de la petite bourgeoisie tandis que sa mère travaillait dans leur foyer aux tâches ménagères.

C’était un garçon d’un niveau scolaire assez correct. Ses enseignants disaient de lui qu’il était un élève discret, mais qu’il avait des capacités de travail intéressantes pour son âge. Il avait en effet appris à lire tout seul dès l’âge de trois ans. Ses loisirs étaient la botanique et la mécanique : il s’était construit dans sa chambre un petit atelier de travail, dans lequel il fabriquait des instruments insolites : des ours danseurs composés d’un grand nombre de ressorts, des pendules fonctionnant à l’envers ou encore un calendrier mécanique…

Avec les plantes qu’il ramassait, il se préparait des poudres à priser capables de lui donner une grande force de concentration.

Dans sa chambre, il avait également une grande bibliothèque dans laquelle s’élevaient un millier d’ouvrages traitant de politique, de sciences, de droit ou plus généralement de littérature. Il lisait beaucoup: parmi ses auteurs favoris on pouvait compter Jean-Jacques Rousseau, Chateaubriand ou encore Alfred de Vigny dont la publication posthume des Destinées, quatre ans auparavant l’avait fortement impressionné.

A treize ans, il avait appris le latin en lisant des poètes de l’Antiquité. Mais seuls, parmi ses amis d’école deux d’entre eux étaient au courant de ses passe-temps: il tenait à rester sobre, pour ne pas attirer la curiosité des autres.

Charlotte était devenue son amie depuis peu de temps. Entre eux existait un amour platonique et une confiance exceptionnelle. A chaque nouvelle invention, Maximilien en faisait part à sa confidente et elle semblait éblouie de la qualité créative de son ami. Lorsqu’ils avaient une difficulté, ils s’en parlaient et trouvaient généralement des solutions à leurs alarmes.

Henri, quant à lui, était un ami d’enfance de Maximilien. Ils étaient des voisins très proches et se côtoyaient régulièrement. Les rapports qu’ils avaient entre eux étaient amicaux, mais sans grand intérêt: on ne pouvait pas dire que Maximilien était le meilleur ami d’Henri, même s’il lui accordait une certaine confiance et avait fait de lui un confident.

 

Après le décès de la fille qu’il aimait quand il avait 11 ans, Maximilien avait décidé pour respecter sa mémoire de n’avoir aucun autre amour de toute sa vie. Son caractère changea à partir du jour où il se mit à entretenir une correspondance mystérieuse.

 

Un après-midi, il reçut une lettre. Il l’ouvrit et fut très étonné du contenu :

23 juin

 

 

« Cher Maximilien,

 

 

Quand je passe en face de votre jardin, je suis toujours impressionnée par sa grandeur. Je croirais voir un jardin botanique par le grand nombre de plantes qui y sont conservées. Je vous vois tous les matins, mais ma timidité m’empêche de vous approcher, c’est pourquoi je vous écris cette lettre. Quand je marche devant chez vous, j’ai l’habitude d’observer la chambre qui donne sur la petite rue, il m’arrive souvent de contempler pendant cinq minutes l’intérieur de cette pièce, quand la fenêtre est ouverte.

En cette saison, j’aime voir le lever de soleil qui se reflète sur le miroir accroché au mur. Si c’est votre chambre, quelle doit être votre chance ! Quelle doit être votre joie de voir le soleil d’hiver se levant sur la prairie…

Peut-être un jour aurons-nous l’occasion de nous rencontrer…

 

 

Tendrement,

Justine »

Il fut très surpris à la lecture de ce courrier ! Il le relut sept fois de suite, afin d’essayer de découvrir qui était cette personne qui lui écrivait. Il cherchait : il ne connaissait pas de Justine.

La nuit qui suivit fut blanche : il essayait de trouver qui pouvait être cette fille. Il demeurait cependant inquiet à l’idée de savoir qu’elle passait chaque matin devant sa chambre. Il était encore plus séduit qu’elle eût pu remarqué les plantes, qui représentaient l’une de ses passions : il entretenait son jardin avec beaucoup de soin et les végétaux qui le remplissait étaient toutes sélectionnées avec attention.

Il se demandait comment il pourrait rencontrer Justine. Au fond de lui, il se disait :  »Comme c’est étrange qu’une lettre aussi passionnée me soit adressée sans que je puisse savoir de qui elle provient ».

Le surlendemain, une nouvelle lettre signée du prénom Justine lui arriva : toujours aussi agréable à la lecture que la première, mais contenant en plus une adresse.

Il s’empressa aussitôt de répondre mais comme il était en mal d’inspiration, il médita une semaine sur ce qu’il pourrait lui répondre.

Finalement, il lui écrivit ceci :

2 juillet

 

 

« Quelle étrangeté de recevoir deux lettres aussi bien écrites ! Comment me connaissez-vous ? Qui êtes-vous? Quel âge avez-vous?

Puisque nous connaissons nos deux adresses respectives, pourquoi ne pas nous rencontrer un jour ?

En guise de réponse à ce que vous me demandiez dans la première lettre, c’est effectivement ma chambre qui donne sur la petite rue. Que vous ayez remarqué le miroir sur le mur me touche fortement puisque c’est l’élément que je juge principal dans la décoration.

 

 

Dans attente de vous rencontrer, je vous adresse mes plus tendres pensées.

 

 

Maximilien»

Il était en période de vacances et il passait ses journées dans son atelier, il vivait différemment et pensait continuellement à cette fille. Par les lettres qu’il avait reçues, il imaginait son double en Justine et en était devenu amoureux. Étrangement, il ne la connaissait pas, mais il ressentait quelque chose pour elle d’indescriptible.

Il en parla avec Charlotte qui lui conseilla d’essayer de la rencontrer. C’est ce que Maximilien fit. Dans une lettre, il lui donna rendez-vous le 28 juillet sur la place de son village.

Quand le jour arriva, il prit grand soin à s’habiller. Il endossa une redingote alla sur la place, mais ne vit personne. Il attendit longtemps et rentra chez lui, se sentant trompé.

Il préféra garder ses malheurs pour lui et combler son amour pour Justine dans l’une de ses préparations dont il avait le secret.

Le soir, il fuma beaucoup et eut des hallucinations : dans sa chambre, les murs se mirent à tourner très vite et il eut l’impression de grandir brusquement.

Des points jaunes clignotant se rapprochaient de lui à toute vitesse, et en s’ouvrant laissaient sortir des yeux bleus.

Un tourbillon de couleurs se forma, attirant Maximilien en son centre. Il essaya de se débattre, mais rien n’y fit.

Une face apparut derrière les yeux et des cheveux attachèrent notre héros. Le visage devint réel pour Maximilien. C’était celui d’une jeune fille.

Elle avait un sourire mystérieux, des yeux d’un bleu profond, de longs cheveux blonds.

Plus les cheveux enserraient Maximilien, plus le visage s’assombrissait : les paupières se couvrirent de noir, les yeux devinrent marron, la bouche souriante laissa échapper un nuage et quand il fut dissipé, les lèvres étaient tristes et froides. Maximilien ferma les yeux pour mieux se protéger, mais en vain. La bouche s’ouvrit laissant apparaître une gigantesque mâchoire, un bruit fracassant se fit entendre, l’être disparut et le garçon se releva profondément choqué.

 

Pendant trois journées il eut l’impression qu’un marteau géant lui tapait sur le crâne, comme s’il voulait le briser. Le garçon ne voulut voir personne.

Une nouvelle lettre signée de Justine arriva, lui proposant une nouvelle rencontre le 3 août. Ce courrier le laissa indifférent et n’y répondit point. Ne recevant pas de réponse, Justine persévéra en lui envoyant d’autres correspondances. Finalement, le jeune homme lui fit cette réponse :

 

31 juillet

 

 

Je croyais que mon silence en disait assez long et pouvait vous laissez comprendre que vous m’êtes indifférente. Puisqu’il est insuffisant, je vous dis une dernière fois ouvertement que je ne veux plus avoir de vous nouvelles…

 

 

 

 

Maximilien ».

Le lendemain, curieuse de n’avoir aucune nouvelle, Charlotte se rendit chez Maximilien pour savoir comment il allait. Il lui expliqua qu’il était parti attendre Justine le 28 mais qu’elle n’était pas venue.

Il lui confia ce qu’il ressentait pour elle et qu’il avait fumé de l’opium pour se détendre, lui relata son cauchemar et il lui dit avoir envoyé une dernière lettre à Justine.

Sur ces explications, Charlotte lui répondit ceci :

« Ce que je vais te dire est sûrement douloureux, mais au bout d’un certain temps, il faut dire ce que l’on pense : tu es toujours dans tes pensées, il est difficile de te parler ou de t’approcher. Tu sembles rejeter ceux qui ne te ressemblent pas, c’est un tort ! Tu devrais t’ouvrir aux autres. Vous avez beaucoup de choses à échanger !

Justine qui t’envoyait des lettres a pour vrai nom  »Joséphine ». Vous étiez dans la même classe voilà deux ans et tu ne t’es jamais aperçu de son existence. Elle, pourtant, voulait te faire part de ses sentiments. Tu as été blessé le 28 juillet qu’elle ne soit pas venue, c’est normal, mais ne la blâme pas pour autant : sa timidité l’a retenue. »

 

Les yeux de Maximilien se fermèrent, des larmes en sortirent. Il n’adressa aucune parole à Charlotte, mais lui fit comprendre qu’il voulait qu’elle reste à ses côtés.

Après s’être lavé la figure, il retourna à sa chambre où Charlotte l’attendait, en lui disant :

« Tu as raison, j’ai eu tort : je ne m’enfermerai plus sur moi-même et m’ouvrirai aux autres… Mes camarades d’école m’ont déçus pendant mon enfance et je m’étais juré de ne plus partager mes passions. Ils ne comprenaient pas que j’ai appris à lire seul et trouvaient cela inutile… mais le temps s’est écoulé et l’adolescence a fait changer leurs caractères. Je ne faisais pas attention à Joséphine, tout simplement parce que je ne voyais pas d’intérêt à lui parler, mais dans ces lettres qu’elle m’a écrites, j’ai été ébloui de voir quelqu’un avoir le même style d’écriture que moi, et pour cela j’en suis tombé amoureux.

Dans le mythe antique, Narcisse tombe dans le lac, parce qu’il y admire son double, aujourd’hui, je suis tombé dans l’opium parce que je me suis reconnu en une autre personne.

Je suis disposé à contacter Joséphine pour m’excuser des maux que j’ai pu lui causer. »

Le soir tombé, Maximilien s’enferma dans son bureau et réfléchit aux évènements de l’après-midi. Il pensa alors qu’il avait énormément de chance d’avoir une amie comme Charlotte ayant la patience de l’écouter et de le conseiller. Durant deux jours, il ne sortit quasiment pas et voulut se reposer. Le troisième jour, il prit la plume et écrivit une lettre à Joséphine.

 

3 août

Chère Joséphine,

 

 

Charlotte m’a expliquée qui vous étiez. Je voulais vous présenter mes excuses les plus sincères quant à mon comportement…

Parlez-moi de vous… je suis curieux de vous connaître un peu plus. Nous pourrions nous rencontrer dans les jours à venir, qu’en dites-vous ?

 

Dans l’attente de vous relire, je vous adresse mes amitiés.

 

Maximilien

 

Le 6 août, il prit son cheval pour aller se promener dans la campagne flamande. Il entendit derrière lui un autre cheval, il eut un peu d’angoisse mais se rassura tout de suite. La cavalière qui le suivait, le dépassa et quelques mètres plus loin, tomba de son animal. Maximilien ayant vu la scène se précipita pour aller relever la jeune fille. Elle était évanouie. Inquiet, il essaya de la ranimer : « Mademoiselle ! Répondez-moi je vous prie ».

Il n’eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait quand elle lui dit : « Prends ma main !

– Plaît-il ?

– Tu ne me reconnais donc pas?

– De quel droit me tutoyez-vous ?

– Je suis Joséphine ! C’est moi qui t’écrivais. Tu peux me tutoyer !

– Ça alors ! Comme tu as changée !

– On avait quatorze ans tous les deux quand nous étions dans la même classe. »

Maximilien rougissait et ne savait pas trop comment se comporter. Il bafouillait en parlant et ne trouvait pas les mots pour parler.

Joséphine était blonde, mais les traits de son visage s’étaient accentués. Quand elle parlait, le garçon scrutait chacun de ses faits avec la plus grande attention. Il revoyait la fille qui était dans son hallucination et sentait des maux de tête revenir.

« Tu te sens bien ? » lui demanda t-elle.

– Oui, ne t’inquiètes pas

  • Tu es pâle. »

Le visage de Joséphine devint celui de la fille aimée par Maximilien décédée précocement. Des asticots montèrent sur le jeune garçon et l’immobilisèrent. Les mains qu’elle promenait sur lui se transformèrent en serpents. Un escalier s’ouvrit à Maximilien, il essaya d’y courir mais ne réussit pas, étant retenu par des larves. Les yeux vers le soleil, il vit un spectre lumineux entourant l’astre et il tomba dans une sorte de trou sans fond où tout devint noir.

 

Il se réveilla dans sa chambre. Entouré de plusieurs personnes. Quand il fut réveillé, un médecin demanda que tout le monde sorte, afin de lui parler en privé.

 

« Comment vous sentez-vous?

– Où suis-je ? Demanda Maximilien dans un état d’angoisse

– Rassurez-vous. Vous êtes dans votre chambre. Joséphine vous a ramené grâce à votre cheval.

– Quelle date sommes-nous?

– Le 9 août

– Que m’est-il arrivé?

– Joséphine nous a expliqué que vous discutiez, vous êtes devenu pâle, vous poussiez des cris étranges, vous transpiriez fortement et vous êtes tombé.

– Je me souviens…

– Vous allez mieux ?

– Oui, je pense.

– Je parlais avec vos parents, ils m’ont appris que vous travailliez avec des plantes, est-ce exact?

– Tout à fait.

– Quelles opérations effectuez-vous avec?

– Je fabrique des poudres, pour me sentir mieux.

– Avec quelles plantes?

– La dernière que j’ai faite était à base de Peyotl.

– Il n’en pousse pas par ici pourtant…

– C’est un cousin qui m’en a ramené du Mexique, pendant les expéditions menées par l’empereur.

– Je pense que vous avez respiré les vapeurs du cactus que les Indiens d’Amérique appellent «Peyotl » durant vos travaux… elles ont pu pénétrées dans votre corps et auraient pues vous provoquer à n’importe quel moment des hallucinations. Des tests médicaux nous confirmeront cette hypothèse.

– Il serait préférable que j’arrête mes activités chimiques…

– Je vous le conseille fortement ! Je ne puis vous dire si votre situation peut vous causer la mort, mais vous risquez d’être victime de troubles cérébraux pendant un certain temps.

– Faites entrer Joséphine je vous prie.

– Je reviendrai vous voir régulièrement. »

 

Joséphine entra, elle s’excusa auprès de Maximilien croyant être la cause de son état second. Il lui répéta ce que le médecin lui avait dit, elle s’affola rapidement, mais il la rassura en lui prenant la main. Ils parlèrent longuement et se contèrent leurs vies. Maximilien comprit que, bien loin de lui ressembler, Joséphine était totalement différente de lui.

« Pourquoi étais-tu comme cela avec moi? Lui demanda Joséphine

– Il y’a quelques années, j’aimais une fille qui s’appelait Justine. Elle est décédée de la tuberculose. J’avais décidé pour honorer sa mémoire, de ne plus être accompagné dans la vie. On avait exactement les mêmes goûts et quand j’ai reçu ta première lettre, j’ai eu un choc. Tu n’es pas venue à notre rendez-vous et j’en étais attristé. Je ressentais le même amour pour toi que pour Justine. Plus tard, on s’est rencontrés à cheval et tu connais la suite.

– Je m’excuse sincèrement… je ne pensais pas te faire autant de mal. Le nom  »Justine » n’était utilisé que par hasard : c’était celui de ma grand-mère..

– Ce n’est pas grave… Je suis ravi de te connaître. Je ne peux pas me lever, mais va à mon bureau. Dans le premier tiroir, il y’a un petit cahier avec une couverture en cuir.

– Celui-ci?

– Oui. Il s’agit de pensées que j’écrivais… Je te l’offre. Prends-en soin.

Elle commença à lire :

 

 

« Sur la matière primitive :

Aucun point mathématique, quand il change de dimension ne peut constituer un corps dans son ensemble : parce qu’ils sombre dans un même point plus grand, qu’on appelle  »’espace ». Un nombre infini de points additionnées entre eux sont indivisibles, mais un corps est divisible. »

 

 

En tournant quelques pages, elle lût :

 

« L’arithmétique ou l’art du calcul est un savoir qui nous enseigne la nature et les qualités de l’arithméticien et qui en même temps, nous pose quelques règles en main à l’aide desquelles on peut résoudre les problèmes de la vie courante. »

 

 »Que c’est juste et que c’est bien écrit ! » complimenta-t-elle.  »Mais pourquoi veux-tu me donner ce cahier? »

– Je l’avais commencé à la mort de Justine : je me renfermais dans cette bulle philosophique pour l’oublier.

– Je comprend mieux maintenant ! Je te remercie de ce cadeau ! Je lirai petit à petit et te donnerais mes commentaires.»

Elle sortit, Maximilien resta quelques minutes seul, et ses parents rentrèrent peu après. Il eût une longue discussion avec eux: ils étaient inquiets pour la santé de leur fils. Il leur promit qu’il ne toucherait plus à ses plantes dans un cadre d’activité chimique.

Ensuite, Charlotte entra dans la pièce peu après que Maximilien eût achevé de parler à ses parents. Il lui conta sa discussion avec le médecin et la vision qu’il avait eu auparavant. Il lui confia qu’il était heureux de connaître Joséphine et qu’il espérait passer plus de temps avec elle. Elle le félicita d’avoir ouvert son cœur à une personne qu’il apprenait à découvrir.

 

Pour la suite de leurs vacances, Maximilien et Joséphine passaient beaucoup de temps ensemble. Ils échangeaient leurs passions, apprenaient à se connaître et les hallucinations du garçon disparaissaient petit-à-petit.

Le temps passait, il continuait ses activités mécaniques en partageant ses connaissances avec son amie. Son caractère changeait au contact de Joséphine.

Après de longues discussions avec Charlotte, Maximilien prit une lourde décision et le 24 décembre, jour de l’anniversaire de naissance de Joséphine, il lui offrit une bague en or et lui demanda sa main. La jeune fille était flattée de cette demande, elle convint ses parents d’accepter la demande de Maximilien, ce qu’ils approuvèrent de bon-gré.

 

Un an après, ils passèrent le jour de Noël réunis, avec la famille et de Maximilien et celle de Joséphine. Un grand banquet célébra leur future union.

Le mariage de Maximilien et de Joséphine étaient prévu le 25 février, mais il fut appelé à la guerre dans le courant du mois de janvier, pour combattre les Prussiens.

Pendant six mois, il écrivait à ses proches le plus fréquemment possible et lorsque la guerre fut terminée, il rentra chez lui, fortement choqué des horreurs vues pendant cette période.

Le mariage avec Joséphine fut finalement célébré en compagnie des deux familles et d’autres amis le 25 février de l’année 1872. Le temps passa, Maximilien était devenu instituteur dans son village et enseignait son savoir en lettres, mathématiques ou histoire aux enfants du village. Ils vécurent ensemble quelques années mais Joséphine mourut elle aussi de la tuberculose.

 

Maximilien inconsolable se replongea dans ses poudres. Les leçons qu’il donnait à l’école n’étaient plus aussi intéressantes qu’avant et ses élèves trouvaient les cours lassants. Un soir de février, alors qu’il préparait des mélanges de plantes, une porte s’ouvrit à lui libérant un grand escalier lumineux. Au fond, Joséphine l’attendait. Il voulut rejoindre son égo et avala de la cigüe, pour la retrouver.

 

 

Ses obsèques se déroulèrent en présence des parents, des élèves de l’école, de Charlotte et d’Henri. La volonté de retrouver Joséphine lui fut accordée: il fut enterré à ses côtés. Sur son épitaphe, on pouvait lire :

 

Ci-gît Maximilien Dykkedelver,

Mort pour son amante Joséphine Hemel

Né le 25 février 1854,

Décédé le 13 février 1876