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Il y a ce qu’on dit qu’on fera et ce qu’on fait. En voyage, je répète à qui veut bien l’entendre que je prends des photos, « pour le blog ». Ce blog que j’avais pris la décision d’alimenter de bribes de mon existence, de ces bribes qui font que vivre n’est pas insupportable. Evidemment, je n’ai rien posté. Pas un mot. Peut-être parce que tout allait bien et qu’il m’a toujours été plus facile d’écrire quand ça va mal. Peut-être. 

Au fond, il me semble qu’il s’agissait surtout d’autopersuasion. Comment tout peut-il aller bien lorsqu’on se demande chaque matin, en se réveillant, quelle sera la galère qu’on aura à gérer dans la journée ? Parce que des galères, il y en a. Des grosses, des petites, des graves, des sans importance. Un gros bobo et c’est le rapatriement. Un très gros bobo et on y passe. Impossible de se faire soigner, impossible de mener une vie sans inquiétudes. On angoisse de ce qui « pourrait arriver » et qui, heureusement, n’arrive pas. Alors, on relativise : pas d’eau, pas d’électricité, une maison brinquebalante (mais charmante) : tout va très bien ! Et on apprend ou réapprend, à se laver dans un seau, et on savoure, lorsque l’eau de la DINEPA finit par arriver le vendredi matin, une douche improvisée au fond du jardin.