par Robert Mankin, professeur à l’Université Paris Diderot (UFR Etudes anglophones)

Résumé
Ce numéro du journal ‘Adam Smith Review’ fut consacré à ‘Smith et ses Sources’. Afin d’aborder l’originalité de ce grande penseur, l’article commente une de ses premières publications, quand en 1755 le jeune auteur dresse un bilan de l’état du savoir sur le continent européen, et notamment en France. L’article analyse le discours de Smith par rapport à l’Encyclopédie et à certains livres de Buffon, de Réaumur et de Rousseau, tous des ouvrages monumentaux qu’il cherche à mettre en relation avec la philosophie et le savoir britannique qui les ont précédés. Par le biais de cette analyse, il devient possible de caractériser les notions de sources, de l’originalité et de l’innovation qui opèrent chez le jeune Ecossais. Ces notions mènent à une discussion du très smithien concept du partage de travail, qu’il décrivait dans le cadre de l’innovation manufacturière, mais qu’il entendait placer dans un cadre beaucoup plus large : il s’agissait d’une pièce clé dans son anthropologie générale. Cette perspective permet non seulement de corriger certaines idées reçues concernant la relation entre les Britanniques et les Français du XVIIIe siècle quant à l’originalité : l’article cherche à mettre en lumière une dimension baconienne à la ‘Richesse des nations’ qui est rarement envisagée. Il devient possible, à partir de l’idée d’invention comme on la trouve chez Bacon, de mieux mesurer la confiance de Smith par rapport à la redéfinition du savoir et de l’action novatrice quand ces changements ont lieu dans une ‘société bien gouvernée’.

Source : Robert Mankin, ‘Pins and needles: Adam Smith and the Encyclopédie’. ‘Adam Smith Review’, vol. 4, (2008), 181-205.