Placé : «L’exploitation des gaz de schiste, une ligne rouge»

source: le figaro

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Par Albert Zennou Publié le 01/02/2013 à 18:24Réactions (59) <!–

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Jean-Vincent Placé: «La seule ligne stratégique d'avenir est celle qui conduit au développement des énergies durables.»

 

Jean-Vincent Placé: «La seule ligne stratégique d’avenir est celle qui conduit au développement des énergies durables.»Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro 

 

 

INTERVIEW -Jean-Vincent Placé rappelle que l’interdiction de toute exploitation des gaz de schiste était à la base de l’alliance politique de EELV avec le Parti socialiste.

Jean-Vincent Placé est le président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Sénat.

LE FIGARO.-Après la décision de lancer une étude de faisabilité sur les gaz de schiste, craignez-vous une remise en cause de la transition énergétique que vous réclamez?

Jean-Vincent PLACÉ.– Je ne la crains pas. Les orientations indiquées par le président de la République lors de la conférence environnementale le 14 septembre dernier sont absolument claires. Il s’agit de réduire la part du nucléaire, de 75% à 50%, dans la production d’électricité d’ici à 2025, d’abaisser les émissions de gaz carboniques dans l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement et enfin de favoriser un mix énergétique favorable aux énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse… D’autre part, j’ai été rassuré par les propos de Jean-Marc Ayrault et de Delphine Batho qui ont clairement indiqué qu’ils n’entendaient pas revenir sur l’exploitation des gaz de schiste.

Que le député Bataille, à la tête de la mission parlementaire, soit un PS vous fait-il craindre une évolution de son parti vers un assouplissement de la législation?

Christian Bataille, pour lequel j’ai le plus grand respect pour son travail parlementaire, est un «nucléocrate». Il est fidèle à ses engagements mais ce n’est pas encore lui qui fixe la ligne politique du Parti socialiste, ni aujourd’hui ni demain…

François Hollande a récemment appelé les chercheurs et les entreprises à poursuivre la recherche. Y voyez-vous un lien avec Christian Bataille?

La seule ligne stratégique d’avenir est celle qui conduit au développement des énergies durables. C’est la seule qui vaille dans le temps. L’erreur stratégique serait celle de se complaire à rechercher les dernières gouttes de pétrole ou les derniers mètres cubes de gaz sous terre et à ne voir d’avenir que dans les énergies fossiles, qui par nature n’en ont pas.

Une rupture est-elle à craindre entre le PS et EELV sur cette question?

Les engagements pris aussi bien par le président de la République que par le premier ministre sont sans ambiguïté. Je rappelle une proposition de loi déposée par le Parti socialiste en juillet 2011, alors que nous étions dans l’opposition, pour empêcher toute exploitation des gaz de schiste. C’est aussi sur cet engagement que nous avons fondé notre alliance politique avec le Parti socialiste.

La présence des ministres EELV pourrait-elle être remise en cause?

L’exploitation des gaz de schistes est une ligne rouge. Si elle était franchie, notre participation au gouvernement serait remise en cause.

S’il était démontré que les risques écologiques, avec de nouvelles techniques, étaient nuls, pourriez-vous évoluer sur cette question?

Je ne fais pas de science-fiction. Il n’existe pas de technologies propres dans l’exploitation des gaz de schiste. Ces gaz sont une impasse stratégique, y compris quand on y investit dans la recherche. L’avenir, ce ne sont pas les gaz de schiste mais les énergies durables et pas seulement pour des raisons environnementales mais aussi industrielles et d’emplois. Il ne faut pas rater cet enjeu industriel qui représente une très importante source d’emplois nouveaux. L’heure n’est plus à construire le Concorde ou à développer le Minitel.