Une part importante de clubs de football professionnels appartient à des fonds d’investissements ou à des actionnaires privés. Si cette phrase peut paraître d’une banalité profonde, elle permet de comprendre la mécanique de certains clubs.

Ces personnes étrangères à toute logique sportive agissent en parfait business-men. C’est ainsi qu’à Arsenal, malgré la vente de nombreux joueurs cadres dans les années 2000 pour de grosses sommes d’argent, les actionnaires n’ont pas souhaité racheter pour entamer un nouveau cycle. Les actionnaires ont préféré conserver dans les caisses un manteau fixe de plusieurs millions de livres. Dans cette logique d ‘actionnariat, valable également dans le monde entrepreneurial, on peut aborder le sujet de la plus-value. Ou en d’autres termes, pourquoi les jeunes joueurs sont achetés à des sommes dépassant l’entendement. Vendredi 25 janvier, Manchester United a acheté Wilfried Zaha pour environ 18 millions d’euros. Ce joueur offensif de 20 ans, évoluant à Cristal Palace en deuxième division anglaise, vaut ainsi quasiment aussi cher sur le marché des transferts que Zlatan Ibrahimovic (19 millions). Mais si le Suédois ne sera plus vendu ou à bas prix, le jeune anglais peut en cas de bon parcours avec les Red Devils être vendu d’ici quatre ou cinq ans, aux alentours des 30 millions d’euros. D’où les achats effectués à prix forts par Qatar Sport Investments (QSI) pour Marco Verratti ou Lucas Moura.

Économiquement, les clubs sont condamnés d’avance

Avec la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), qui contrôle les finances des clubs, ceux-ci se doivent de dégager un bilan positif chaque saison. Cette particularité typiquement française oblige certains clubs à vendre à leurs voisins européens en cas de bonnes opportunités ou de besoins. Les fans de Newcastle (Premier League anglaise) ne vont pas s’en plaindre… Un joueur évolue en fonction de ses résultats en club et de ses titres. Ceci peut expliquer l’attitude de Montpellier ou Nancy. Les Héraultais, héroïques champions la saison dernière, savent qu’ils ne pourront pas rejouer la C1 avant un certain moment. Ils ont donc plutôt intérêt à se séparer de Younès Belhanda ou autres avant que leur valeur marchande ne chute. Elle a déjà dû baisser depuis juin dernier au regard des performances et du classement actuel de l’équipe. Aujourd’hui, la valeur commerciale de l’homme passe avant son impact sur le jeu. Lyon est dans une manœuvre financière semblable. Pour amortir l’arrivée du Stade des Lumières (nouveau stade de l’OL), Jean Michel Aulas doit vendre chaque saison pour dégager une plus grosse marge. Les joueurs expérimentés, à fortes valeurs financières et ayant un gros impact sur le budget alloué aux salaires, sont poussés vers la sortie. Les joueurs comme les dirigeants de ces structures pensent avant tout à l’aspect financier. Le football est une marchandise, et les joueurs s’échangent (avec leur accord) comme des kilos de riz ou de sucre entre un vendeur et un acheteur, selon des conditions de ventes régulées par un marché codifié.

                                                                                                                                                                       Julien Remy