ChomageDepuis des années, la France (et une bonne partie de l’Europe avec elle) souffre d’un mal qui semble incurable: le chômage de masse. Tous les politiques, tous les économistes semblent sans pouvoir face à ce fléau des temps modernes ; mais si tous se lamentent, peu s’efforcent de résoudre la situation.

J’ai déjà, à plusieurs reprises, proposé des solutions à ce problème : en relançant la croissance par la guerre, en favorisant notre compétitivité par une politique agressive, en supprimant l’euro pour le remplacer par une monnaie plus ambitieuse, le mondo. Malheureusement, je n’ai pas été écouté, et, au lieu de s’acheminer vers un taux de chômage de 2 ou 3% (selon des estimations fondées sur des calculs précis d’application de mes mesures), on s’approche dangereusement des 12%…

Comment comprendre cet aveuglement de nos politiques, quand la solution est à portée de main? Comme on peut le comprendre, j’ai d’abord pesté contre ces décideurs qui refusent d’écouter la voix de la raison, préférant suivre les avis mal informés d’économistes de cour. Mais, après ce premier mouvement d’humeur, je me suis remis à ce que je sais le mieux faire : penser.

Or, il m’est apparu que si les hommes politiques refusaient d’entendre l’évidence, c’est que je n’étais pas assez clair, et que, surtout, je n’exposais pas suffisamment les fondements théoriques de mes mesures. Puisque le temps de mes lecteurs est compté, je vais donc résumer, en quelques lignes, la solution collectiste au chômage -et je renvoie à mes ouvrages pour ceux qui voudraient approfondir la question.

La solution collectiste au chômage part d’un constat simple: personne n’aime travailler, et pourtant tout le monde doit le faire. L’incapacité à résoudre cette contradiction est, je crois, au coeur des échecs de la science économique contemporaine. Car comment convaincre les jeunes de faire les études nécessaires à l’activité et à la croissance, quand ces mêmes études leur semblent ennuyeuses, inutiles et, pour tout dire, repoussantes?

Il faut donc impérativement réconcilier plaisir, capacité et travail. Pour cela, il est indispensable de partir de ce qui devrait être la base de toute politique économique, l’humain -et c’est en cela, et sans doute cela seulement, que les gauchistes à la Mélenchon ont une subtile intuition. Or, qu’est ce que l’humain? L’humain, c’est l’homme (ou la femme). Qu’est-ce qui définit l’humain? Ses particularités propres.

Ce sont ces dernières, ces particularités propres, qui fournissent la solution.

Greg Basso 243Qu’a un jeune homme, un peu limité intellectuellement, mais musculeux et fier de son corps? Un désir de soulever des poids. Faisons-en un manutentionnaire, dont la productivité sera décuplée!

Qu’a un vieil homme fatigué par les ans, mais plein de sagesse et de connaissances? Une capacité phénoménale à raconter des histoires. Faisons-en un professeur de maternelle, qui saura endormir les enfants au moment de la sieste!

Qu’a une jeune femme bien faite, mais peu cultivée? Un corps de rêve. Proposons lui des postes d’hôtesse dans des bars, ses talents trouveront à s’y employer et elle aura le plaisir d’agrémenter la vie d’intellectuels éminents!

Qu’a un jeune professeur d’université de Sciences Po? Une pensée puissante. Mettons-le à l’Assemblée, au gouvernement, à la place des médecins qui se plairont beaucoup plus à alimenter leur patrimoine et à trousser leurs infirmières.

Voilà, en quelques mots, la solution simple que je propose: sélectionner, dès le plus jeune âge, les enfants en fonctions de leurs capacités et de leur goût (j’insiste sur ce point) pour les amener vers un travail adapté. Par le plaisir qu’il y prendront, leur productivité sera décuplée et la croissance de la France atteindra, sans peine, une moyenne de 6 à 7 % (évaluation Sciences Po).

J’espère être entendu ; mais, dans tous les cas, je ne me tairai pas.