Je suis un peu embêté de prétendre résumer cet article, que j’ai l’impression de ne comprendre qu’à moitié. Il me semble quand-même apporter quelque chose au débat, donc j’essaie, en attendant mieux.

La première chose que j’en retiens est son point de vue juridique sur la monnaie. On a pu mentionner sur ce site (je crois sans vraiment détailler jusqu’ici) que les économistes ont travaillé pour montrer que la monnaie n’est pas une marchandise comme les autres. Le point de vue juridique éclaire un peu ça en distinguant, pour un bien quelconque, l’usus, le fructus et l’abusus. On peut user d’un bien, en récolter les fruits, en abuser (c’est-à-dire l’altérer, le détruire, le vendre). La séparation de ces trois droits s’appelle le démembrement.  Il faut ici comprendre «bien» dans le sens juridique (que je connais pas précisément, c’est pas grave). La propriété spéciale de la monnaie est de faire accéder au statut de bien juridique la valeur. Autrement dit, la monnaie est un vecteur d’extraction de la valeur des choses.

Le second point nouveau pour moi est la compréhension des règles de réserves fractionnaires en termes de la différence entre monnaie et moyen de paiement.  Pour faire un peu de philosophie de comptoir: l’essence de la monnaie c’est la valeur; mais son existence se traduit par les moyens de paiement. Le processus des réserves fractionnaires devient plus clair à la lumière de cette distinction. Certains actifs de la banque lui donnent le droit de créer une certaine quantité de moyens de paiement. C’est pas vraiment de la monnaie, mais ses clients peuvent s’en servir comme telle. On appelle ça de la quasi-monnaie.

Voilà pour la partie la plus intéressante à mon sens. Dans la suite de l’article, l’auteur part du constat que le rapport entre quasi-monnaie et monnaie a explosé depuis 1960 et affirme que (1) les banques se sont arrangées pour faire accepter toujours plus d’actifs comme base à la création de moyens de paiement (en particulier la titrisation, cf. subprimes, etc). En a résulté (2) une inversion du rapport entre finance et économie: la finance ne travaille plus pour l’économie, au contraire. L’article finit sur la thèse que (3) les solutions proposées jusqu’ici par les gouvernements (essentiellement l’injection de liquidités par la mise en gage d’actifs) sont inopérantes. Ces trois points ne sont pas assez clairement justifiés pour que j’y adhère.