Après une pause de plus de deux mois, je reviens en force avec cette nouvelle que j’ai écrit, il y a de cela trois mois. Je n’ai pas vraiment écrit de nouvelles ces derniers temps, mais je m’y remets aujourd’hui. J’espère que vous allez aimer cette petite nouvelle bien simple. Je dois dire qu’après l’avoir relu, trois mois plus tard, je me rends compte qu’elle n’est pas parfaite, qu’elle aurait pu être bien mieux, mais j’aime mieux me concentrer sur mes prochaines nouvelles. Bonne lecture.

 

-À l’abri! Cria le général.

Les bombes explosaient de partout. Il était très difficile de rejoindre la base et l’ennemi se rapprochait de plus en plus. Je regardais le soldat qui était à mes cotés et il était terrifié. Je pouvais voir à travers ses yeux qu’il pensait que tout était terminé, qu’il était sur le point de mourir. Et c’est à ce moment même, en regardant à travers les yeux de cet homme, que je m’étais mis à courir du plus vite possible en l’agrippant par le bras. Car il était hors de question de mourir sans avoir essayer de s’échapper. Tant qu’à rester sur place et attendre de mourir, aussi bien mourir en essayant de survivre. Et je crois avoir eu un bon jugement. Nous avons réussi à nous sauver de ce champs de bataille. La tâche n’a pas été facile et, à la fin, j’y ai même perdu une jambe. Car, tout en courant, j’ai reçu un projectile qui m’a complètement enlevé une partie de la jambe. Je me souviens avoir tombé par terre et je m’étais tout de suite mis à ramper en essayant de ne pas trop faire attention à l’énorme douleur que j’avais. L’homme qui était à mes cotés s’est vite dépêché de me soulever et m’a aidé à marcher vers le camp qui était tout près. Sans lui, je serais sans doute mort aujourd’hui. Et sans moi, il serais probablement mort aussi. Je crois que l’on peut dire que nous sommes quittes. Et depuis ce jour, je me promène avec cette jambe artificielle qui, ma foi, n’est pas si déplaisante.

Une autre journée mémorable de ma vie fût celle où j’avais rencontré ce hippie qui faisait du pouce sur le bord de la route. Nous devions être en 1969 et il me disait qu’il se rendait à un concert nommé Woodstock. Moi qui n’était pas trop familier avec la musique de cet époque, je ne savais pas du tout de quoi il était question. Il m’avait expliqué que c’était un très grand concert où les meilleurs groupes allaient y jouer. Il m’avait aussi dit que le tout allait se passer dans la joie et la spiritualité. Moi qui n’avais jamais assisté à ce genre de concert, je m’étais dis que ce serait intéressant d’y jeter un coup d’œil. Par la même occasion, je m’étais dis que ça pourrait me changer les idées, je me souvenais encore très bien de la guerre et je dois le dire, ce n’étais pas de très bon souvenirs. Oui, il y eu l’incident de ma jambe, mais j’avais aussi vu des amis mourir devant moi. Je devais penser à autre chose. Et c’était pourquoi j’avais pris une destination différente, pour me rendre à ce woodstock.

Nous étions presque arrivé et déjà, la circulation devenait de plus en plus compliqué. Il y avait des voitures partout. Je regardais de gauche à droite et je ne voyais nulle part où me stationner. Le hippie du nom de John m’avait dit que je n’avais qu’à me mettre sur le terrain vague qui était près d’un petit motel. Je n’étais pas très convaincu, mais les voitures commençaient à s’y installer. Je m’y suis donc installé et nous avions marché vers le lieu du concert. Il y avait déjà beaucoup de gens devant la scène, mais John m’avait expliqué que plusieurs amis à lui y était déjà et qu’ils étaient installé dans une van. Nous les avons rejoint, et durant tout le trajet jusqu’à leur van, je ne pouvais passer à coté de l’odeur de marijuana qui était présent partout. Je savais très bien où j’allais, mais je n’ai jamais été habitué à ce genre de groupe de personnes. Je ne suis pas un de ces anciens soldats qui seraient près à tout pour leur pays et qui respectent les lois à la lettre, mais je ne suis pas non plus un hippie. Je ne suis pas contre la drogue, mais je n’en prendrai jamais. Et me voilà, à travers tout ces hippies.

– Sarah, Ian, content de vous revoir, avait dit John. Je vous présente Frank, c’est un ancien soldat de la guerre du Vietnam. C’est lui qui ma conduit jusqu’ici et il a voulu voir Woodstock.

– C’est très gentil de votre part d’avoir amené John, avait dit Ian. Mais si je peux vous poser une question, pourquoi n’êtes vous pas au Vietnam présentement, la guerre est toujours active, non?

– Oui, avais-je dit, elle est encore active. Je n’y suis plus car j’ai perdu l’une de mes jambes, au début de la guerre, j’ai été chanceux d’y survivre. Et quand j’y repense aujourd’hui, je suis content d’être parti de cet enfer, j’y ai perdu trop d’amis qui m’étaient précieux.

– Oh c’est affreux, avait dit Sarah. Ici, il n’y a aucune guerre et tout le monde s’aiment. Profitez donc de ce concert pour vous rafraîchir les idées, je pense que vous l’avez bien mérité.

Elle avait bien raison, j’étais effectivement allé à ce Woodstock pour me changer les idées et m’amuser. Nous étions donc installé par terre et avons écouté le concert, que j’avais bien apprécié.

John et ses amies semblaient prendre plusieurs sortes de drogue et j’avais refusé lorsqu’il m’en avait proposé. Je continuais à écouter la musique et je l’appréciais de plus en plus. Je crois que c’était un groupe nommé Jefferson Airplane qui jouait. Je les aimais bien. Et plus j’entendais les chansons de ce groupe, plus je voulais me procurer un de leurs albums. Je m’étais même levé debout et applaudit lorsqu’il avaient quitté la scène. Et comme c’était le dernier groupe de la soirée et que c’était un gros groupe, presque tout le monde s’étaient levé pour les applaudir. C’était beau à voir.

Lorsque le tout était terminé, j’étais resté avec John, Sarah et Ian pour discuter, mais ils étaient déjà très loin dans leurs pensées. Je m’étais donc mis à regarder autour de moi pour m’apercevoir que la majorité des gens étaient dans le même état d’esprits que mes amis. Mais j’avais vite remarqué une personne en particulier, qui n’avais pas l’air de s’amuser vraiment. De ce que je voyais, elle semblait même pleurer. Et comme elle était toute seule, j’avais décidé d’aller lui parler et essayer de la réconforter

– Est-ce que tout va bien? Demandais-je.

– Non.

Elle ne semblait pas vouloir parler, mais je ne voulais pas la laisser là, à pleurer toute seule.

– Pourquoi tu pleures? Tu ne devrais pas t’amuser avec tout les autres?

– Je n’ai pas la tête à m’amuser.

Et elle s’était mis à m’expliquer que son frère était mort dans un accident de voiture il y avait plusieurs semaines de cela et qu’elle pensait que venir à ce concert pouvait peut-être lui changer les idées, mais ça ne marchait pas.

Nous avions discuté pendant un bon moment. Moi lui expliquant ma brève carrière de soldat et des amis que j’y avait perdu et elle, des bons souvenirs qu’elle avait vécu avec son frère

Je me souviens d’un jour où il m’avait amené à mon premier concert. C’était justement un concert de Jefferson Airplane. Il s’était arrangé pour que nous soyons à la première rangée. Ha, c’était une magnifique soirée. Il avait même réussi à avoir un autographe du groupe, pour moi.

– Il devait être très bien, avais-je répondu.

– Oui, c’était le meilleur.

Et elle avait continué de me parler de lui durant toute la soirée, jusqu’à temps qu’elle s’endorme à mes cotés. Je crois que ça lui avait fait le plus grand bien, de me parler de son frère. Elle semblait un peu moins triste.

Le lendemain, j’étais resté avec elle durant toute la journée. Nous avions très peu parler et nous nous étions contenté d’écouter la musique. Et lorsque Jimi Hendrix avait joué sa dernière note, je lui avais proposé de la raccompagner chez elle, parce qu’elle était venu ici comme John, sur le pouce. Elle avait accepté l’invitation et j’allais saluer mes amis que je n’avais presque pas vu, finalement.

– Te voilà enfin, avait dit John en me voyant. J’ai cru que tu étais parti.

– Non, j’ai passé le reste du concert avec Rose. Mais je suis sur mon départ, je voulais simplement vous dire au revoir et je te remercie de m’avoir convaincu de venir ici, j’ai beaucoup aimé.

– À la prochaine, vieux. Tiens, prends ce numéro, c’est le numéro d’un endroit où je loge assez souvent.

Il m’avait donné le numéro et nous nous étions séparé. J’embarquais dans ma voiture avec Rose et je me dirigeais chez elle. Jamais je n’aurais pensé que tout irais si loin avec elle, mais nous nous étions mis à nous connaître et à sortir ensemble. Nous sommes resté ensemble pendant près de deux ans. Deux ans à nous aimer et à en apprendre plus sur nous-même. Et même si nous sommes resté peu longtemps ensemble, je crois que nos vies ne sont plus les même depuis. Nous avons changer et sommes devenu de meilleures personnes.

Je vis maintenant avec ma femme, Amelia, et nous avons deux enfants que j’adore. Et à chaque fois que je me sens triste, je me mets à penser à Rose et je redeviens joyeux. Même si j’aime ma femme de tout mon cœur, ces deux années passé avec elle resteront les meilleures années de ma vie. J’en ai appris plus sur moi-même et sur la vie.