Face à Mr Moochagoo, le médecin sans frontière paru complètement désemparé. Ce genre de pathologie n’était pas fréquente à bord. Le travail consistait habituellement à effectuer des interventions chirurgicales, des tarots divinatoires, des amputations ou à répandre de la poudre à canon sur les plaies.

Musée du Louvre

Ventouse ayant servi à soigner M. Moochagoo au XVIIème siècle. Musée du Louvre – Salle des instruments médicaux maritimes.

Il tenta une opération délicate, l’inflammation de ventouses appliquées sur le dos. La consultation dura plus d’une heure et personne ne sut jamais vraiment ce qui avait été échangé entre les deux hommes (secret médical oblige). Néanmoins, on vit ressortir M. Moochagoo avec une bouteille de Cointreau dans une main, une bouteille de Bénédictine dans l’autre et en état second.

dos de M. Moochagoo

Le médecin sans frontière lui avait également prescrit une ordonnance et une sévère. Il repartit chargé d’une dizaine de fioles, confectionnées pour l’occasion, contenant en moyenne :

  • 33% de calandula.
  • 39% de cataire (un pourcentage plus élevé s’avérerait fatal).
  • 28% de millepertuis.

Pendant ce temps,  la cuisinière Mirabonde s’était assoupie devant son « Guide culinaire destiné aux jeunes gueux mal dégrossis ». Le chapitre VII « Faire chauffer du lait sans four micro-onde » avait eu raison d’elle.

Durant son sommeil elle rêva de Nicolas Appert, le malheureux inventeur de la conserve en fer blanc qui mourut dans la honte et la pauvreté. Une petite erreur dans le process de fabrication des boites de cassoulet, confits de canard et autres aligots d’Aveyron les avait rendues sucrées. La marine avait alors annulé tout son carnet de commandes, mettant également en faillite les premiers fabricants d’ouvre-boites…

A suivre…